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Juliette Savaëte
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Dernier article : 1er octobre 2026
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Juliette Savaete née en 1975 est plasticienne et peintre neuro atypique diplômée des beaux arts de Paris et Camberra (Australie). Elle est également Art thérapeute. Elle vient de finir la rédaction de son premier livre autobiographique et Manifeste pour l’Art.
Sur Instagram : @juliettesavaete
Site officiel de Juliette Savaëte : www.juliettesavaete.fr
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Articles de Juliette Savaëte
Ce qui se dépose.
« Ce qui n’est pas retenu consciemment peut néanmoins laisser une trace. »
Comment une perception non sélectionnée subsiste-t-elle dans le dessin ?
Le dessin ne reçoit jamais la première trace.
Bien avant que la main rencontre le papier, le regard, le corps et les sens recueillent déjà (…)
Micro et macro.
« De près, la forme révèle ce dont elle est faite. »
À partir de quelle échelle une forme cesse-t-elle d’être une forme pour devenir matière ?
Vu de la Terre, c’est une planète. Vu du ciel, c’est une fleur.
Je suis l’oiseau qui traverse l’atmosphère, je suis la chenille qui avance sur (…)
Les humeurs du gris.
« Une couleur peut rester la même et changer de caractère. »
Que révèle une couleur lorsqu’une autre vient se placer auprès d’elle ?
Les couleurs ne suivent pas les règles que je leur prête.
Je regarde un gris. Je les sais sombre. Je n’ai aucune raison d’en douter.
Puis je (…)
La couleur a une mémoire.
« Une couleur suffit pour que quelque chose revienne. »
Que devient une sensation ancienne lorsqu’une couleur présente la réactive dans le dessin ?
Je ne collectionne pas des souvenirs, je conserve des présences.
Les couleurs, les textures, les odeurs et les matières ne disparaissent (…)
La géographie de l’attention.
« L’attention ne change pas seulement d’objet. Elle change de lieu. »
Où se trouve l’attention lorsqu’elle passe du corps au dessin ?
Mon attention ne demeure jamais au même endroit.
La musculation et le dessin déplacent mon attention en sens inverse. Dans l’effort, elle entre dans (…)
La résistance exacte.
« Le poids ne ment jamais »
Que produit un système dont les règles restent lisibles ?
La musculation occupe une place essentielle dans mon quotidien.
J’y trouve un territoire où le geste rencontre une conséquence que je peux comprendre.
La musculation fait mal.
J’aime cette (…)
Au plus près du même.
« Je ne répète pas. J’approfondis. »
Un geste répété peut-il être identique ?
Je reviens aux mêmes formes. aux mêmes
gestes, aux mêmes couleurs.
Ma main connaît le mouvement. Elle en retrouve la
direction, l’amplitude, la pression.
Je recommence.
Le geste ressemble au (…)
L’indivisible attention
« Chaque geste reçoit le temps qui lui appartient. »
Que produit une attention qui ne se divise pas ?
.
Je ne fais presque jamais deux choses à la fois.
Lorsque je suis engagée dans une action, mon attention s’y fixe entièrement. Je ne décide pas d’écarter ce qui l’entoure. Je suis (…)
Le corps avant la page.
« La concentration poursuit son trajet. »
Comment la concentration construite par le corps se prolonge-t-elle dans le dessin ?
Avant de m’asseoir devant une feuille, mon corps a déjà travaillé.
Je respire, j’assouplis mes articulations, je marche, je m’entraîne. La concentration se (…)
Ce que le dessin rend visible.
« Je quitte la feuille avec un regard qui n’est plus tout à fait le même. »
Comment un dessin transforme-t-il ce que je vois après l’avoir quitté ?
Je dessine à partir de ce que je vois, mais le mouvement ne va pas dans un seul sens. Ce que la feuille reçoit du dehors revient vers lui. (…)
Je pense avec tout cela.
« L’acte de créer passe aussi par la respiration, le regard et la main. » Comment sensation, analyse et geste participent-ils ensemble à l’élaboration du dessin ?
La mine touche le papier. Je dessine. Une forme apparaît, puis une autre. J’ajoute une couleur, je (…)
Quand le dessin protège.
« La feuille a des bords. Ce que je ressens n’en a pas. »
Comment le dessin modifie-t-il une perception devenue trop intense pour mon corps ?
Je ne cherche pas à créer. Je cherche à rester vivante lorsque ce qui m’entoure devient trop intense pour mon corps.
L’orage résonne au loin, (…)
La distance revient.
« Rien ne semble avoir bougé, pourtant le dessin n’est déjà plus le même. »
Qu’est-ce que la distance me permet de voir que l’immersion ne me permet pas de percevoir ?
La lumière change sans bruit. Les contrastes se renforcent.
Rien ne semble avoir bougé, pourtant le dessin n’est déjà (…)
Un jaune presque invisible.
« Pourtant, depuis qu’il est là, tout a changé. »
L’effet d’une couleur dépend-il de la place qu’elle occupe dans le dessin ?
Un vert foncé s’invite. Il vient rencontrer la framboise.
Je les regarde longtemps. Le foncé glisse sur le clair. Puis un jaune apparaît.
Au fond du (…)
L’atelier se déplace.
« Le lieu change. L’attention demeure. »
Qu’est-ce qui permet à l’atelier de continuer lorsque le lieu change ?
Mon dessin a séché, je le retrouve. Le temps a travaillé avec lui.
Avant de reprendre, je range, j’essuie. Je rassemble quelques outils. Je retire ce qui disperse (…)
La cérémonie des sens.
« Avant le geste, quelque chose en moi a déjà commencé à dessiner. »
Comment les sens préparent-ils intérieurement le corps à l’acte de dessiner ?
Avant de dessiner, une transformation s’opère en moi.
Elle est invisible. Mon corps bouge à peine, mais je sens la concentration le (…)
De l’attention au regard.
« Les couleurs déplacent mon regard. »
Comment ce que je regarde avec attention transforme-t-il ma manière de regarder ?
Le dessin m’a appris à regarder. Puis il m’a appris que regarder ne consistait pas seulement à voir.
Voir peut être immédiat. L’attention demande du temps. Elle (…)
Le temps des formes.
« C’est comme si le trait devenait intellectuel. »
Comment la lenteur imposée au geste transforme-t-elle le dessin en espace de réflexion ?
Je choisis des outils qui m’empêchent d’aller vite.
Un stylo-bille. Un feutre noir très fin. Une pointe qui oblige la main à avancer lentement. (…)
Manger mes images.
« Mon corps reconnaît l’image avant que mes yeux ne puissent la voir. »
Comment reconnaître ce que mes yeux n’ont encore jamais vu ?
Le matin, certaines images sont déjà là.
Je ne pourrais pas encore les dessiner. Je ne saurais même pas les décrire. Elles n’ont ni contour précis ni (…)
Avant que la forme ne se ferme
« Devenir une forme, c’est aussi abandonner celles que l’on aurait pu devenir. »
Que perd une forme lorsqu’elle devient déterminée ?
Une forme n’arrive pas d’un seul coup.
Elle se précise, hésite, se déplace. Elle traverse un moment où elle pourrait encore devenir autre chose.
C’est (…)
