Coup de Pique

Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

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Malgré la crise financière et immobilière, des charlatans tentent toujours de faire croire à l’enrichissement sans risque, sans effort, et en recevant des cadeaux par dessus le marché. Ah, quel rêve ! Plein de z’euros qui tombent tout seuls, gagnés grâce à la sueur des autres !

Une première méthode pour parvenir à ce résultat consiste à se faire nommer P-DG incompétent et à se faire virer au bout de quelques mois en ayant pris au départ la précaution de négocier un bon golden parachute et un bon golden hello. Méthode très fiable et à l’efficacité éprouvée ; malheureusement, elle n’est utilisable que par un nombre très limité d’individus, du fait du nombre de places disponibles extrêmement réduit.

Alors, pour le vulgum pecus, il y a la loi dite de Robien. Pile poil ce qu’il vous faut : vous achetez à crédit un bien qu’un brave locataire se fera un plaisir de payer à votre place, et en prime le gentil percepteur va se faire un plaisir de réduire vos impôts pour vous remercier. Et si ça se trouve, si vous êtes chauve, le Robien fera aussi repousser vos cheveux.

On aurait pu croire qu’avec les craquements dans le marché de l’immobilier et le resserrement du crédit, les vendeurs de packages Robien se feraient discrets, eh bien, pas du tout ! J’ai une copine a été démarchée par ce genre de zigotos, pas plus tard qu’il y a quelques jours. Comme elle est loin d’être crédule, elle ne s’est pas laissé attirer par ce miroir aux alouettes… Car c’en est bien un…

Le démarcheur se présente au nom d’un énigmatique cabinet de conseil en défiscalisation et en gestion de patrimoine. Appelons le Machin-Bidule Conseil, peu importe le nom, il en existe des dizaines. Car un certain nombre de promoteurs, qui se sont fait une spécialité des packages Robien, ne commercialisent pas directement eux-mêmes leur camelote, histoire de ne pas se mouiller dans une histoire de devoir de conseil défaillant. C’est bien plus pratique de se défausser sur un prestataire qui aura vraisemblablement disparu ou changé de nom au bout de quelques mois.

Cet individu ne se présente pas comme vendeur (là, ça ferait atrocement vulgaaaaiiiiiiiiiire) ni même comme commercial (qui sonne moins plouc, mais qui ne fait pas forcément très glorieux non plus). Conseiller lui paraissant encore trop ordinaire, notre lascar n’hésite donc pas à se présenter comme consultant. Rien que ça ! A se demander si c’est très malin d’ailleurs. Comme à peu près n’importe qui peut s’intituler consultant en n’importe quoi, on trouve sous cette dénomination, à côté de véritables spécialistes d’un domaine particulier armés de vingt-cinq solides années d’expérience, une flopée de pipeauteurs powerpointistes qui en font une des professions les plus brocardées.

Force est de constater que votre consultant appartient à la seconde catégorie, incapable d’ailleurs de vous conseiller, avec un parfait aplomb, autre chose que du locatif Robien pour réduire vos impôts. C’est donc bien à un simple vendeur que vous avez affaire, qui vous refile sa plaquette commerciale dans la foulée.

Plaquette ? En fait un simple document sorti vraisemblablement d’une imprimante couleur à 70 euros et boudinée au repro-service du coin. Tiens, d’ailleurs, le logo de Machin-Bidule Conseil figure en bonne place sur ce document… Mais pas d’adresse ni de numéro d’inscription au RCS comme c’est pourtant obligatoire, voilà qui commence à fleurer bon le pâté faisandé…

Et hop, on passe au bilan patrimonial et fiscal qui se résume en gros à Vous payez plus de 2000 euros d’impôts ? N’hésitez plus, le Robien c’est pour vous ! La vache ! Pour former un consultant à faire des analyses aussi poussées, je parie qu’il faut six mois de formation minimum…

Alors puisque le Robien, c’est pour vous, on vous propose une opportunité d’achat à… Bordeaux par exemple, si vous habitez en région parisienne. Tiens, pourquoi à 600 km de chez vous ? Pour que vous ne vous rendiez pas compte que le programme immobilier soigneusement sélectionné se trouve en troisième couronne, loin de tout, et que l’avenue de la Forêt, adresse de votre futur bien, est en réalité une 4 voies infestée de camions ?

Pour que vous ne vous posiez pas trop de questions, on vous embobine tout de suite avec un superbe organigramme du groupe de promotion auquel Machin-Bidule Conseil est adossé. Y a tout pour tout dans ce groupe, qu’y disent : la branche location pour trouver un locataire, la branche gestion pour la partie copropriété, la branche capital pour les problèmes d’assurance et d’impayés, la branche immo pour la revente… ils n’ont oublié que la branche qui est chargée de guérir les écrouelles… Z’avez pas besoin de vous occuper de rien ! C’est-y pas beau tout ça ? Avec même une adhésion à une association de propriétaires. Tiens ? Pourquoi l’adhésion est-elle obligatoire la première année ? Une association de propriétaires liée au promoteur ?

Puis on vous dessine un patatoïde représentant le compte pivot de votre plan d’épargne fiscal avec ses flux entrants et sortants, ah, des flux, ça au moins ça fait technique, c’est du sérieux, ma brave dame. Bon, maintenant, il n’y a plus qu’à prendre un deuxième rendez-vous, pardon, prendre date pour la deuxième consultation, avec tous les papelards qu’il faut pour signer un contrat préliminaire. Et en route pour l’aventure et le rêve !

Aventure et rêve… qui risquent fort hélas de se transformer en mésaventure et en cauchemar. Car derrière toutes ces promesses, trop belles pour être vraies, se cachent une série de pièges, et il sera trop tard pour les éviter une fois le contrat signé.

Car le vice originel du de Robien est de ne pas avoir ciblé des zones géographiques ou le besoin de logements était le plus criant. Résultat, des programmes ont été lancés n’importe comment et on a assisté à une surproduction de logements dans des villes moyennes dont le marché locatif est à présent engorgé. Les villes saturées à ce jour étant Agen, Albi, Alès, Angoulême, Béziers, Brive, Carcassonne, Charleville, Clermont-Ferrand, Colmar, Montauban, Mulhouse, Périgueux, Quimper, Roanne, Saint-Etienne, Sedan, Tarbes, Valence et les villes en risque de saturation : Angers, Besançon, Carpentras, Châteauroux, Dijon, Le Mans, Lille, Limoges, Metz, Nancy, Niort, Saint-Denis, Saint-Ouen, Vitry-sur-Seine, Villejuif, Pau, Perpignan, Reims, Rodez, Saint-Brieuc, Toulouse (3ème Couronne), Vichy.

Moralité, le pigeon — pardon, l’investisseur — auquel on a fait miroiter monts et merveilles, se retrouve avec un bien impossible à louer, malgré les prestations de recherche de locataires et les garanties qui sont de courte durée ou applicables seulement à des conditions du genre vous devez être nés un 29 février d’une année divisible par 100 à 08h57. Comme l’avantage fiscal est perdu si le logement n’est pas loué dans les douze premiers mois, résultat des courses : pas de loyer, pas de réduction fiscale et de vilaines traites à payer (et avec un peu de malchance, on n’aura pas relevé que le prêt à taux révisable n’est pas capé).

Et s’il espère mettre fin à son calvaire en revendant son boulet, le malheureux robienisé risque aussi de gravement déchanter lorsqu’il découvrira qu’il l’a payé beaucoup trop cher, par rapport au marché local, mais aussi par rapport à la qualité de la construction : certains ont découvert trop tard la mauvaise qualité des bâtiments, les piètres finitions, les malfaçons.

On trouve aisément sur le Net des centaines de témoignages de victimes des arnaques de ces conseils en défiscalisation et de ces promoteurs peu scrupuleux. Il est d’ailleurs surprenant de constater que beaucoup de victimes appartiennent pourtant à des milieux socioprofessionnels élevés. Mais il faut croire que la simple prononciation du mot défiscalisation fait que les proies de ces arnaqueurs utilisent aussi peu leur cervelle que certains mâles lorsqu’on les met en présence d’une affriolante jeune femme. Et que ces proies sont assez naïves pour croire que l’immobilier monterait jusqu’au ciel et, en cas de baisse, pour se consoler en parlant de placement à long terme (comme disait Keynes, le long terme, c’est quand on sera tous morts).

La copine dont je parlais au début a décliné la deuxième consultation. Le consultant est alors devenu franchement agressif… Normal, le masque est tombé, l’expert en défiscalisation n’était bel et bien qu’un vendeur de soupe qui voyait sa commission lui échapper…

On peut sans doute faire une bonne affaire avec le dispositif Robien, mais à une condition impérative : s’occuper soi-même de l’achat dans un programme neuf, sans intermédiaire, près de chez soi pour marquer à la culotte le constructeur, sur un marché que l’on connaît bien. Certainement pas en se fiant à ces officines qui prétendent vous fournir le beurre, l’argent du beurre, la crémière et le consentement de la crémière. La ruée vers l’or immobilier aura ceci de commun avec la ruée vers l’or tout court : elle aura surtout enrichi les marchands de pelles.

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Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

Par Romain — 16/12/2008 &pm11Tue, 16 Dec 2008 23:05:04 +0100pm000Europe/Paris; 23:05

Un bon investissement immobilier se fait en achetant de l’ancien et pas du neuf.
Les déductions fiscales du Robien, c’est du pipi de chat à côté du surcoût à l’achat dans du neuf. La bonne occase c’est un appart du début des années 90 ; c’est costaud, c’est aux normes, c’est pas encore trop dégradé et y’a pas trop de travaux dans les parties communes...

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Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

Par Bil — 12/12/2008 &pm4Fri, 12 Dec 2008 16:25:01 +0100pm000Europe/Paris; 16:25

Doit-on jeter le bébé avec l’eau du bain ? Voici en résumé la première question à se poser.
Le de Robien puis le Borloo sont des incitatifs offerts aux contribuables afin de favoriser un secteur carencé. Il y a, en effet, une demande insatisfaite de logements locatifs...et elle va exploser ! Simplement, en observant de manière plus précise ce déficit l’on constate qu’il est surtout présent au cœur des basins d’emplois notamment en région francilienne, dans le bassin Rhônalpins, le bassin Méditerranéen et quelques secteurs parfaitement identifié par le Ministère du logement réunis dans les catégories A et B1 du plan BORLOO (vous trouverez précisément ces secteurs sur le site du Ministère du Logement ou auprès des ADIL). C’est dans ces secteurs qu’il importe d’acquérir prioritairement un logement mais, selon le vieil adage, tout ce qui est rare est cher. Ainsi un achat dans ces région est souvent plus coûteux…cependant les loyers sont proportionnels et surtout la revente est assurée.
Fuyez toutes les officines qui vous proposent des opérations calibrées, assistées, packagées. Je reconnais à la description de l’auteur de l’article la société… et les méthodes employées. L’on ne peut être juge et partie ; avoir un gestionnaire intégré pour un opérateur c’est la manière la plus habile de masquer les difficultés du process. Savez vous, par exemple, que ces gestionnaires pratiquent la cavalerie locative incitant des locataires à migrer régulièrement vers de toujours nouvelles résidences… afin d’offrir à un plus grand nombre d’investisseur la garantie de la mise en place du premier locataire.
Savez vous que l’assurance dite de « carence locative » permettant de couvrir l’absence de loyers en cas de départ d’un locataire en cours de bail est abondé directement sur le montant du logement...et financé par le crédit. Savez vous que les délégations signées font de votre gestionnaire le seul interlocuteur du promoteur dans la phase de réception du logement (où l’on oubli de mentionner les petites ou grandes imperfections que seul le locataire connaîtra). Savez vous que ce locataire (dont le propriétaire investisseur ne connaîtra jamais le profil ou la voix) n’a que comme seul recours le gestionnaire (et le syndic) filialisé du promoteur.
Les organigrammes présentés lors des démonstrations des « consultants » sont éloquents. Fuyez ces structures qui n’ont bâtit leurs modèles économiques que sur l’incrédulité des (petits) investisseurs.
Conservez un œil critique sur tout ce qui représente un modèle intégré (ou transversal) comportant un jeu de filiales aux noms évocateurs (opérateur, commercialisateur, courtage, gestionnaires, syndic, back office financier, cellule marketing etc,etc…).
L’investissement individuel dans un logement neuf peut être hautement rentable dans cette période d’invendu. En effet, l’acquisition d’une surface aujourd’hui livrable immédiatement en profitant des décotes actuelles peut être une excellente opportunité. Pour le louer ? Rien de plus simple ; une visite à deux ou trois gestionnaire sur le secteur vous permettra de connaître le montant réel des loyers pratiqués…et d’apprécier les compétences des acteurs locaux. Dernier conseils ; n’attendez pas de votre loyers qu’il couvre 70% de votre crédit le premier jour ! C’est naturellement possible mais à moyen terme et seulement si vous avez contracté un crédit constant ; dans ce cas attendez vous à neutraliser vos mensualités par le jeu des réactualisations à compter de la 9éme année (comme par hasard l’année où vous « sortirez » du dispositif fiscal).
N’hésitez plus, c’est le moment de prendre votre patrimoine en main !

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Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

Par Giber — 12/12/2008 &pm3Fri, 12 Dec 2008 15:18:50 +0100pm000Europe/Paris; 15:18

Excellent article ! On s’y croirait ! avec le vendeur de 21 ans qui arrive en coupé Mercedes.... Malheureusement ces techniques de ventes et l’image qu’elles véhiculent font des dommages collatéraux. J’ai une société de montage de produits d’investissement en maisons individuelles, nous travaillons pour des bailleurs sociaux, et, nous proposons des maisons écologiques sous le statut PLS/Borloo. Malgré la nette différence entre nos projets et les produits Robien classiques, l’amalgame est vite fait.
Enfin, soyons patient, la médiatisation des dérapages du Robien à sensiblement touché le CA des cabinets de Défiscalisation qui coulent les uns après les autres (les hummer coutent chers au quotidien).

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Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

Par poissenot — 12/12/2008 &pm12Fri, 12 Dec 2008 12:41:59 +0100pm000Europe/Paris; 12:41

Excellent article !!! Tout est dit !!!
(J’ai fait la même expérience avec ces "consultants". Ils téléphonent très régulièrement, se présentent comme conseils en défiscalisation, refusent d’en dire plus lorsqu’on les questionne, veulent obtenir un rendez-vous. Leurs allures mystérieuses sont très louches, on dirait une secte...
J’en ai reçu un une fois : que du flan ! En refaisant ses calculs après qu’il soit parti, j’ai vu que beaucoup de choses ne fonctionnaient pas, j’ai évidemment annulé le fameux 2e rendez-vous, celui où on signe !)

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Immobilier : Malgré la crise, la chasse aux pigeons reste ouverte

Par Maxime P — 12/12/2008 &am9Fri, 12 Dec 2008 09:21:00 +0100am000Europe/Paris; 09:21

Bonjour,

Entendez vous que l’immobilier locatif n’est plus une valeur sure ?

Pouvez vous svp me dire combien de logement sont concernés par votre article car j’envisage de me lancer dans ce type de solution ?

Je pensais faire ça car il y a toujours une demande, non ?

Merci de votre réponse.

Maxime P.

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