Née en 1972, Anne Mondy est la fille de Pierre Mondy et d’Annie Fournier, mannequin dans les années 1960 devenue elle-même plasticienne. Autrement dit, la création était présente des deux côtés de la famille. Très tôt, Anne découpe, accumule, déchire et colle des images. Sa chambre d’adolescente devient déjà une sorte de laboratoire visuel fait de photographies, de couvertures de magazines et de papiers récupérés.
Elle ne choisit pourtant pas immédiatement la carrière artistique. Pendant plus de vingt ans, Anne Mondy travaille dans les coulisses du spectacle, notamment dans la communication, les relations presse et la direction artistique. Pierre Mondy lui avait même proposé, lorsqu’elle était jeune, d’envisager le métier de comédienne. Elle refuse. Ce qui l’intéresse est ailleurs : créer des univers plutôt que se placer devant la caméra.
Puis la création, longtemps menée parallèlement à son activité professionnelle, prend progressivement toute la place. Anne Mondy développe alors ce qui va devenir sa véritable signature : le Papertorn, littéralement le « papier déchiré ». Depuis 2014, elle utilise des fragments d’images, des typographies, de la peinture, différentes matières et parfois des objets pour composer des œuvres très denses, immédiatement reconnaissables. La culture populaire, le cinéma, la musique, les icônes et les souvenirs collectifs s’y télescopent dans des compositions où l’accumulation reste soigneusement maîtrisée.
Le collage chez Anne Mondy n’est donc pas simplement une juxtaposition d’images. Elle sélectionne, déchire, déplace et superpose les fragments avant de reconstruire une nouvelle image. Son travail joue en permanence avec la mémoire : une photographie connue ou un visage célèbre peut apparaître au milieu de dizaines de références, puis être transformé par ce nouvel environnement. C’est probablement ce qui explique l’accessibilité de son œuvre : on reconnaît quelque chose avant de découvrir tout ce qui a été ajouté autour.
Son travail a progressivement quitté les seules toiles pour envahir d’autres supports. Elle a notamment réalisé des interventions et collaborations autour d’automobiles, dont Lamborghini et Jaguar, et développé parallèlement une activité de décoration intérieure et de scénographie sous le nom Anne Mondy Interiors. Son site présente également des collaborations avec des entreprises et événements comme Club Med, Engie ou le Festival de Cannes.
Anne Mondy est aujourd’hui présentée comme une artiste plasticienne spécialisée dans l’art-collage et cotée sur le marché de l’art. Ses œuvres ont été montrées dans différentes expositions et galeries, notamment à Paris. En 2020, Le Parisien lui consacrait d’ailleurs un portrait à l’occasion de son exposition à la galerie Valerie Guerin, soulignant déjà le passage de la « fille de Pierre Mondy » à une artiste possédant sa propre reconnaissance.
Mais Anne Mondy pousse encore plus loin l’idée de sortir l’art des galeries. Son univers se décline désormais dans Anne Mondy Signature, une collection qui transpose ses créations sur des vêtements, des tee-shirts, des sweat-shirts, des sacs, des accessoires et des objets de décoration. Son site commercialise ainsi l’esthétique Papertorn sous une forme directement portable ou utilisable au quotidien. Anne Mondy
Ce prolongement vers la mode n’est finalement pas anecdotique. Il correspond assez précisément à sa conception de l’art : une œuvre n’a pas nécessairement vocation à rester enfermée dans un cadre. Elle peut se retrouver sur une toile, un mur, une voiture, un coussin ou un vêtement. Dès 2016, elle avait d’ailleurs développé PaperTorn comme une marque associant tableaux personnalisés, décoration et objets, bien avant l’actuelle déclinaison Anne Mondy Signature. Série Series
Il serait donc réducteur de présenter Anne Mondy uniquement comme « la fille de Pierre Mondy ». Cette filiation compte évidemment et elle ne cherche d’ailleurs pas à la nier. Elle revendique au contraire la transmission d’un goût pour la création et la culture populaire. Mais elle en a fait autre chose. Là où son père mettait en scène des acteurs et construisait des spectacles, elle met en scène des images, des fragments de mémoire et des objets.
Et il existe peut-être un joli passage de témoin dans cette histoire. Pierre Mondy appartenait à cette génération d’artistes français devenus des visages familiers de plusieurs millions de spectateurs. Anne Mondy récupère parfois ces images du cinéma, de la télévision et de la culture populaire, les déchire littéralement, puis les recompose. Non pour effacer le passé, mais pour lui donner une nouvelle forme.
Anne Mondy ne s’est donc pas contentée d’hériter d’un nom : elle a construit une signature. Et, désormais, cette signature se porte même sur soi





