Yann Moix veut qu’on le plaigne, lui qui a eu si peu de chance de se construire en tant qu’homme et artiste dans une famille qui le brutalisait.
Moix en fait des tonnes entre l’alibi d’un portrait croisé avec Mitterrand et son Panthéon d’admiration et la confession impudique d’un enfant (torturé) du siècle.
Enfant rond aux yeux inquiétants, moqué par les filles, Moix s’est construit un monde parallèle rendant sa vie moins pénible. L’ultra sensible se sent mal aimé et incompris, a honte d’être né dans un famille sans gloire qui n’est pas à son image, lui qui rêve déja de reconnaissance, de people et de médias et qui doit se contenter du Houellebecquisme des banlieues d’Orléans.
Alors il balance sur son père kiné et sa mère "secrétaire", se fait visiter par un journaliste de "Libération" pour chialer comme un gosse sur ses années collège.
Yann Moix règle ses comptes avec sa famille, une rentrée littéraire après le livre de son frère Alexandre Moix qui, dans "Second rôle" (Carnot) avait, le premier, parlé de manière beaucoup plus digne de leur passé commun.
La Littérature n’est guère gagnante de ce déballage lourdingue entre mythomanie et vision déformée par le subjectif.
"Panthéon" fera tout de même la joie des émissions thématiques comme celles de Mireille Dumas ("Vie privée, vie publique chez les Moix") ou de Delarue ("Ca se disculpe") et toute la lithanie de journaux féminins qui feront des pages spéciales sur "Comment se construire après les humiliations de l’enfance" ou "Enfants battus hier, reconnus aujourd’hui"...
Yann Moix s’est "angotisé" et le résultat est effrayant.. mais que va t-il nous trouver pour la rentrée prochaine le roi du Podium ?
Photographie : Frédéric Vignale
