CPE : Sous les pavés, la Merde !

CPE : Sous les pavés, la Merde !

Ne rien faire et ne pas laisser dire, voilà désormais la règle d’or de la vie politique française.

Les choses vont mal, très mal même, peu importe ; il faut laisser crever la France la bouche ouverte aux racontards des syndicats de fonctionnaires, aux démagogiques jérémiades dodelinantes de François Hollande, aux exigences téléguidées des jeunes, vieux avant d’avoir vieillis, enfumés par les vieilles rossinantes de la politique appointées, aux archaïques raseurs du PC qui n’en finissent pas de radoter que demain on rase gratis, aux Horaces et aux Curiaces de Droite qui s’empoisonnent au curare convivial.

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Un malade a besoin de médicaments.

La France est malade, et sa jeunesse est malade de la maladie de sa mère, la pauvre vieille France alitée depuis de longues années, avec à son chevet des croques-morts électifs, cloués sur place, indéboulonnables : ils sont venus, ils sont tous là, les mêmes de Droite, de Gauche, d’ici, de là, employés des pompes funèbres et établissements PS, PC, UMP, et compagnie... Spectateurs rémunérés, soignés, décorés, honorés, d’une agonie qui les nourrit.

Ils ne pensent qu’à eux ! Se faire réélire pour la tirelire, voilà le programme.

Vous pouvez demander le programme, c’est toujours la même comédie depuis plus de trente ans, avec les mêmes comédiens.

Alors, chacun joue son rôle, mu par son nombril, son but final, sa réussite personnelle : si la France était une équipe de rugby, elle ne marquerait pas un but, faute de jeu collectif.

Que se passe-t-il autour du CPE ?

La danse du scalp autour de l’aristocrate crinière du ci-devant VILLEPIN a de quoi surprendre l’observateur libre.

Comment savoir ce que l’application du contrat donnera dans la pratique, quels seront ses bienfaits, ses méfaits, puisque ses adversaires ne veulent pas d’épreuves pratiques ?

Condamné à mort avant de naître, c’est un CPE virtuel qu’on veut virer.

Au delà des manipulations, des intérêts personnels des uns et des autres, de la transfusion de rue dont se requinquent, comme d’un petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles, les syndicats, la Gauche et l’extrême Gauche, la réalité qui n’a jamais semé, même en mai, de plages sous les pavés, s’impose : le chômage n’en finit plus de sévir, l’emploi stagne, les jeunes envieillis par l’idéal du modèle fonctionnarisé s’embourbent, s’effraient, ne croient plus qu’aux lendemains qui déchantent.

Alors, merde ! Il faut oser quelque chose pour réveiller les dormeurs désespérés de la "mobilité sécurisée".

Il faut dire les choses comme elles ne sont pas : le patron n’est pas un tyran, le tortionnaire qui formerait ses employés pour les licencier à la première lubie, jetant par la fenêtre l’argent, le temps, la compétence, pour rien, comme ça !

Les Syndicats ne représentent plus le monde ouvrier, mais seulement l’apparence médiatique du monde ouvrier : ils croient jouer dans un film d’Ettore Scola !

Faut dire que dans l’organisation des spectacles de rue, ils battent PINDER, MEDRANO, ZAVATTA.

La manif aujourd’hui est une récréation de Gauche, un pique-nique la France, un rendez-vous des nostalgiques de la manif qui ont le temps des autres à gaspiller (augmentation des arrêts de maladie les jours de manif), une fête à "neu-neu", où se retrouvent des retraités (les principaux militants des syndicats), des enseignants, des fonctionnaires, des pères tranquilles de la sécurité de l’emploi fonctionnarisé, des jeunes malheureux et manipulés ; la manif "snif-snif", la manif "flonflon", la manif "moutarde", et parfois, à cause des casseurs, ces intrus illettrés, ce peuple des banlieues, la manif "mornifle".

Il faut continuer à dire les choses comme elles ne sont pas, ainsi que le Parlement, forum démocratique, n’est qu’un tampon sur les lois, et quelques fois une réunion de mimes agités.

Faute d’une vraie représentation du peuple à cause du mode de scrutin en vigueur, le Parlement est une caserne politique, où les parlementaires votent au garde à vous sans aucun débat, sans que puissent s’exprimer les opinions de la France multiple ; pourquoi n’a t-on pas entendu cette passion contre le CPE chez les parlementaires socialistes ? Pourquoi Madame BUFFET n’a t-elle jamais pris la parole contre le CPE au Parlement ? C’est la muette du Parlement et aujourd’hui elle gueule !

Pourquoi attendre qu’une loi soit votée pour la contester ?

Pourquoi les syndicats se mobilisent-ils, bourrant l’urne des rues, une fois que la loi a été votée ?

Et les jeunes, et les salariés que cette loi ne concerne pas, pourquoi n’ont-ils point cherché à influencer les élus avant le vote ?

Pourquoi ?

Parce que, en France, on ne discute pas, on n’argumente pas, on s’oppose, on se mobilise, on simplifie par les pieds qui piétinent, on manifeste ; images que d’images, on voit les manifs à la télé, c’est vrai comme du CARLIER, on y croit, c’est beau la manif du beauf : tiens, il y a LANG tout rose, où est passée ARLETTE, as-tu vu le chapeau de FABIUS et la ravigote de HOLLANDE, le plasma de JOSPIN et BUFFET ? Non, pas la peine de buffet, chacun apporte son casse-croûte, jambon beurre ou saucisson...on appelle ça la démocratie d’opinion !

Comme si la rue n’était pas manipulée ?

Comme si ces manifestations n’étaient pas organisées, médiatisées, gonflées par le militarisme syndical de la fonction publique, des enseignants syndiqués, qui jouent avec le feu.

Comme si les assemblées générales d’étudiants étaient démocratiques avec leurs votes forcés, leurs décisions enlevées à l’arracher, et les conseils avisés de qui ?

Au demeurant, j’adore les manifestations, si je pouvais je les ferai toutes ; il y a même une institutrice déguisée en Marianne qui, bonnet phrygien sur la tête, gorge dénudée, offrait au peuple sa poitrine fine et ferme ; ça c’est du spectacle républicain et laïque en plus, même si l’on promène les seins...

Ah que la jeunesse est belle, quand elle est rebelle, mais que veut-elle, qu’exige t-elle ?

Non point de monter au ciel comme le voulait Jules VALLES, mais d’avoir une vie de fonctionnaire, une vie salariée, syndicalisée, ponctuée par des arrêts de maladie, des repas d’entreprises, des jours de repos et surtout aucune aventure, aucun risque, tous enfants de "l’assistance publique".

Ah que la Gauche est vieille, mais qu’elle laisse au moins la jeunesse rester jeune !

Je ne veux pas que mes enfants aient un jour pour grand-mère Martine AUBRY... quelle terreur, quelle horreur !

GILBERT COLLARD,
Président du MASC.

le 03/04/2006
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17 Messages

  • 3 avril 2006 19:28, par Luc DS

    BRAVO !
    Luc DS

    Voir en ligne : Bravo !

  • 3 avril 2006 23:48, par P.

    C’est bon ce beau coup de gueule mais quelle est la solution Maître ??!
    La France est devenue une maison de retraite..
  • 4 avril 2006 00:02, par Luc DS

    Je crois malheureusement qu’il n’y a pas de solution.
    la France est morte par excés de bétise.
    Il est impossible de convaincre un abruti convaincu.
    La France est moribonde
    La bande son de la mise à mort est Yannick Noah et la star ac.
    Elle est maintenant un pays du tiers monde qui ne peut que recevoir des aides charitables des pays développés.
    Merci les syndicats, merci les jeunes
    viva zapata !
    Pour les gens un peu vivant : Cassez-vous pendant qu’il en est encore temps.
    Ouvriers de tous les pays unissez-vous et évitez les Français !
    Luc DS

    Voir en ligne : http://www.prixconsternant.com

  • 4 avril 2006 05:38, par G.

    Cher maître,
    Vous dressez donc le portrait d’une fonctionnarisation sclérosée d’une société donnant toutes les apparences d’un déclin manifeste. Ceci est dû, selon vous, aux politiques, toutes classes confondues quand bien même les gauchistes sont les plus responsables dans cette affaire de CPE, aux syndicalistes, aux jeunes et bien évidemment à la rue, forcément manipulée (et je pense qu’un avocat doit forcément savoir de quoi il parle lorsqu’il évoque la manipulation, ce procédé étant la base même de son métier).
    Ceci pose certains problèmes.
    Premièrement sur votre : pourquoi attendre qu’une loi soit votée pour la contester ? Faut-il vous rappeler que cette loi a été votée à la va-vite sans débat parlementaire ni dialogue social, le gouvernement y engageant sa « responsabilité » ? Mais vous en faites tout de même votre beurre, vous permettant au passage de balancer sur Villepin ses origines aristocratiques, dont je me demande toujours quel est le rapport avec le débat, si ce n’est une forme pseudo-rhétorique tendant à stigmatiser un coupable de plus.
    Je passerai sur votre diatribe malencontreuse à l’égard de la gauche qui ne contient pas d’autre argument qu’un dénigrement systématique, exprimant votre simple mépris, mais allant tout de même jusqu’à oser, quelle audace !, le calembour, « fiente de l’esprit qui vole » selon Tholomyes.
    En revanche je veux bien répondre à votre affirmation selon laquelle les jeunes, faméliques fantômes d’une révolte romantique passée, n’afficheraient par leurs manifestations plus qu’un goût pour la sécurité timorée du fonctionnaire, forcément oisif et indéboulonnable. Car le CPE, évidemment, c’est l’Aventure, la possibilité de naviguer dans les eaux profondes des sept mers, de changer d’entreprise comme on le souhaite, parce qu’on est libre, grand, le visage hâlé dans le vent iodé, debout sur une proue fière et gaillarde, promesse d’un infini à modeler pour changer le monde à l’image de notre propre volonté, etc. etc. Ah la jeunesse rebelle ! Celle qui se battait en 36 pour acquérir un droit du travail, voilà un vrai combat ! Se battre pour des congés payés, voilà un idéal, voilà qui était révolutionnaire ! Trois semaines par an pour aller à l’Aventure sur la Côte d’Azur, quel stupéfiant courage ! Mais avouons-le, se battre aujourd’hui dans l’ombre de ces géants pour conserver le peu qu’il nous reste de leurs gains est bien pusillanime. Aujourd’hui on souhaite quoi ? Un boulot avec des garanties de ne pas être licencié sans raison du jour au lendemain ? Peuh ! Monsieur, voilà bien des mauviettes. Vouloir s’assurer que sur le sol français, aucun employé n’est traité pire qu’un chien, sans voie de recours ? Ah les pleutres ! vous parlez d’un combat ! Décidemment la jeunesse, ce n’est plus comme avant.
    Mon ironie n’est pas vaine, puisqu’il est question dans ce débat, de droit. Et le droit, c’est votre domaine, vous devriez être le premier à parler selon cette optique. Car la loi est censée être une formalisation du droit, empêchant les injustices et protégeant le faible contre le fort, donnant des outils à chaque partie en cas de conflit pour assurer que la justice soit préservée le plus possible. Or cette loi sur l’égalité des chances est une entaille dans le droit, un porte ouverte à l’arbitraire total. Sur le simple plan du droit elle est irrecevable, quand bien même les abus seraient statistiquement faibles. La statistique, certes étymologiquement proche de l’État, ne doit cependant pas être un argument pour juger du sort des gens : il est inconcevable de laisser une simple probabilité d’injustice dans un État qui se dit aussi attaché aux valeurs humaines que peut l’être la France. Les gens qui sont dans la rue sont contre le fait qu’il puisse exister des cas légaux d’abus de pouvoir, quand bien même ces cas seraient peu nombreux. Je trouve pour ma part que c’est l’expression saine et pensante d’une poursuite d’idéal social et républicain, dans lequel chaque être humain est protégé de la même manière contre les injustices sociales, sans être soumis aux aléas d’humeur d’un employeur (qui peut s’avérer être un connard). Le débat est donc de savoir si l’on veut faire confiance à tous les employeurs, pour s’assurer d’un traitement égal de tous leurs employés, auquel cas le CPE est acceptable, ou bien si l’on se considère en droit de douter qu’ils observent tous une correction sans faille, auquel cas on ne peut accepter l’existence de contrats en termes si déséquilibrés.
    Bref, l’ensemble de votre discours m’apparaît souffrir des maux dont vous accusez la société française : une incompétence totale à prendre du recul sur un problème qui vous incite à recracher des avis grapillés à droite et à gauche en prenant bien soin de rejeter la faute sur tout et n’importe quoi avant d’apporter la moindre idée pour sortir du présumé problème. Vous n’êtes pas une partie de la solution, vous êtes une partie du problème que vous voulez à tout pris voir exister pour pouvoir polémiquer dessus, sans vous rendre compte qu’il n’y a aucun problème particulier qui ne se soit toujours posé, bien au delà des prétendues 30 années de pourrissement que vous évoquez.
    En vous souhaitant la même rémission que vous souhaitez à la France « malade »,
    Guillaume Andrieu

    • Bonjour,
      Au delà de toute littérature (on dirait un combat de mots), il faut en revenir aux strictes réalités.
      On a beau se "crêper le chignon" entre les "pour" et les "contre" le CPE, on oublie une donnée essentielle : qu’est-ce que l’on répond à la jeunesse demain ?
      Voila bientôt trente ans que l’on supporte un taux élevé de chômage en France. Nous sommes les derniers en Europe pour l’emploi des jeunes (derrière la Turquie et la Slovaquie), sans parler de tous ceux qui sortent sans aucun espoir de notre système scolaire (que d’aucuns ont gratifié, un jour ou l’autre, de "meilleur du monde").
      Nous sommes toujours les champions de tout (langue, cuisine, culture, paysages, amour...) et nous nous érigeons souvent en modèle (le fameux "modèle social français") pour le reste du monde.
      Après Devaquet en 1986, Balladur en 1995, sera -t- il définitivement impossible de tenter quoi que ce soit pour tenter d’enrayer ce drame de la jeunesse qui revient à leur dire : « nous (les vieux de + de 35 ans) on a un emploi, vous, débrouillez-vous ! ». Retrait du CPE, très bien mais après ? Que fait-on ?
      Pas une proposition, pas une idée, pas un espoir...
      Aujourd’hui (jour de manifestation), une mère de famille m’a dit ceci : « les jeunes (ses propres enfants), ils ont compris qu’il n’y avait plus rien à attendre de la France, ils veulent tous partir à l’étranger (Canada, Australie, Etats-Unis, Suisse, Angleterre...) ; d’ailleurs dans ma famille, certains l’ont déjà fait ». Désespérant.
      Que répond-on aux jeunes de Clichy sous Bois ? Qu’a -t- on mis en place depuis les émeutes de novembre ? Seulement : « on a eu la peau du CPE, tout va bien... »
      Et après on rentre chez soi, devant sa télé, avec la satisfaction du devoir accompli ?
      De sensibilité de gauche, je ne soutiens pas ce gouvernement mais je ne suis pas non plus contre tout ce qu’il peut dire, faire ou proposer.
      Va -t- on en revenir aux « emplois jeunes, aidés » avec la gauche et sa recette miracle d’accroître un peu plus le déficit et de creuser un peu plus la dette « pas grave, c’est ceux qui viendront derrière qui paieront... » sans aucun espoir de pérennisation au-delà des 5 ans prévus (le temps de la législature...).
      Va -t- on passer d’un seul coup aux 32h00 hebdomadaires « ça va créer des emplois, on vous l’dit... » ?
      Même si je peux admettre que la méthode Villepin est quelque peu cavalière, j’admets aussi qu’il y a urgence à trouver des solutions. Regardons un peu au-delà de l’hexagone et constatons que nombre de pays sont sortis de la spirale négative en prenant des mesures souvent impopulaires mais qui, avec le temps, ont donné de bons résultats pour l’emploi.
      Chez nous c’est : NON ! On ne veut rien essayer car on sait (je sais, je sais...) que, de toute façon, ça ne peut pas marcher !
      D’accord, mais alors que l’on propose quelque chose. Qu’est-ce qui peut marcher ? Vite, on attend ?
      Où sont les « meilleurs du monde » qui se payent souvent de mots mais qui font rarement dans l’action ?
      Quand il est malade, l’organisme produit des anti-corps pour se guérir. Trouvons les anti-corps à cette étrange maladie dont le peuple Français semble être affecté avant, que trop fatigué, il ne « meure avec la bête ».
      Il y a des solutions, il y a des idées. Ne manque peut-être que le courage de faire.
      Espoir pour demain.
      Gilles MOREAU.

      • Bonjour Gilles.
        La donnée essentielle du que "répond-on aux jeunes" est un autre problème que celui évoqué dans cet article. Mais puisque vous posez la question, on peut en effet en discuter.
        Une première mesure qui me ferait plaisir serait d’instaurer une réelle surveillance sur l’adéquation entre niveau d’études et expérience requis et fonctions réellement exercées, de sorte qu’on empêche d’exiger au recrutement des formations inutiles ou des années d’expériences superflues. Dans un marché saturé de l’emploi, l’employeur sait qu’il a le choix, il en profite pour surdimensionner son recrutement, au déficit des non-qualifiés ; et au final le turn-over des emplois se fait toujours entre les mêmes personnes.
        Une seconde mesure qui me ferait plaisir, puisque vous parlez de modèles de pays étrangers, serait de suivre complètement les exemples de nos voisins plutôt que de ne prendre que ce qui nous y arrange. Le cas du Danemark, notamment, où la protection sociale a été développée au même niveau que la flexibilité ; certes tu as plus de chances de changer d’entreprise, mais l’État est plus généreux avec toi. Que nous propose-t-on en France ? Réduction des allocations chômage ET précarisation.
        Enfin, je ne vois pas pourquoi la taxation des revenus financiers reste toujours hors de tout débat lorsqu’il s’agit d’augmenter les recettes de l’État.
        Par ailleurs, certains points du CPE montrent bien que le projet n’est pas sans frais pour l’État : la mise en place du droit anticipé à la formation est une bonne chose, qu’il suffirait juste de généraliser aux autres contrat pour permettre aux jeunes de se qualifier plus, au moins en attendant qu’on en finisse avec ce culte du bout de papier si souvent vide de sens qu’est le diplome.
        Quoi qu’il en soit, à des jeunes qui n’ont pas de travail, on ne répond pas : si finalement tu arrives à en trouver un, tu peux le perdre du jour au lendemain pendant deux ans. C’est pire que de ne rien faire.
        Au plaisir,
        Guillaume Andrieu

        • Rien n’est pire que ne rien faire... Keynes (je sais, c’est démodé mais malgré tout...) disait qu’économiquement, il vaut mieux payer les gens à remplir et vider des bouteilles...
          Quand au CPE, je le répète, il est vide, il existe déjà pléthore de métiers pour jeunes et de contrats spécifiques... ça ne leur apportera rien (et ne leur retirera rien) de mettre en place un CPE ou un autre.
          Pour le coté "y’a du chômage" ;.. oui mais on manque de main d’oeuvre dans de nombreux domaines et les emplois vacants sont légions. Alors soit il s’agit d’emplois (très) qualifiés (médecins, expert comptables, etc...), soit il s’agit d’emplois difficiles ou peu valorisés financièrement et socialement (aide à domicile par exemple) ou enfin, il s’agit d’emplois pour lesquels la qualification exigée est inadaptée aux financements promis (prof de sciences physique par exemple ! les ingénieurs gagnent mieux leur vie et craignent peu le chomage et de toutes façons, les filières scientifiques sont peu prisées des jeunes français depuis quelques années)... Enfin c’est un peu simpliste, il y a plein d’autres choses, on ne peut pas nier non plus la discrimination à l’embauche ou l’inapétence de certains jeunes pour le travail. Il n’en reste pas moins que le monde du travail est loin d’être aussi fermé que cela, que (et en cela je suis plutôt d’accord avec Maitre Collard),le patronat n’est pas forcément constitué de gros méchants exploiteurs, pas plus que les jeunes ne sont tous des vilains tire-au-flan. Le CPE (ou un allongement de la période d’essai qui ne serait pas forcément inutile notamment chez les cadres) mais il ne sert à rien si on ne libéralise pas également le logement (en partant du principe qu’on est obligé de louer mais qu’on peut virer plus facilement... en plus on manque d’huissiers, ça ferait encore des créations d’emplois ;-) )... Bon ok, c’est pas drôle, il faut aussi un système avec plus de protections en cas d’accidents notamment...
          Justine

          • Bonjour Justine.
            > Rien n’est pire que ne rien faire... Keynes (je sais, c’est démodé mais malgré tout...) disait qu’économiquement, il vaut mieux payer les gens à remplir et vider des bouteilles...
            Reste à savoir si les lois de la politique suivent les lois de l’économie de Keynes. En l’occurence, si vous voulez vraiment raisonner en keynesianiste, et je veux bien vous y suivre, le gouvernement devrait proposer une politique généreuse, garantissant l’emploi et sa rémunération, pour que tout le monde puisse consommer.
            Par ailleurs le CPE n’est pas vide du tout, puisqu’il offre des avantages conséquents aux employeurs. Il est vide dans l’optique d’une augmentation de l’emploi, pas dans celle du droit du travail.
            Le fait que le patronnat ne soit pas constitué de gros méchants employeurs en totalité n’empêche pas que les gros connards existent, et que ceux-là abuseraient de ce contrat. En termes de droit et de protection sociale, c’est inacceptable, c’est une régression complète, qui rend aléatoire le traitement des employés qui ne sont pas censés connaitre le caractère de leur employeur lorsqu’ils signent un contrat, et on n’est pas en situation telle que les gens en recherche d’emploi puissent faire passer un recrutement à leur employeur. Le CPE n’avait d’intérêt qu’avec ces avantages en plus pour le patron, sans cette période d’essai de deux ans sans motivation de cessation de contrat, le CPE devient un CDI avantageux en termes de droit à la formation. Personnellement je suis pour, et bien content que le gouvernement ait été contraint de reculer sur ces points, quand bien même un an de "période d’essai" me parait bien long : ne nous leurrons pas, la seule et unique logique de ce contrat est de généraliser la pratique de l’intérim en en réduisant le cout, l’intérimaire étant directement recruté par l’entreprise aux besoins "flexibles" en main d’oeuvre.
            Finalement, allongement de période d’essai pour les cadres, je n’y crois pas une seconde. Quand bien même ce serait plausible, cela n’a pas à être appliqué à des jeunes sans formation.
            Pour tout le reste je suis tout à fait d’accord avec vous.
            G.

            • G, je vous aime beaucoup mais vraiment, le CPE n’apporte rien de plus aux employeurs que ce qu’ils ont déjà (stages, emplois aidés par vingtaine, CDD, période d’essai renouvelable...).
              A dire vrai, il permettra à certaines entreprises que je connais et qui n’ont pas le droit de signer des CDI (sic !) d’embaucher pendant 2 ans sans période de latence !
              Justine

        • Bonjour,
          Ce qui me dérange toujours beaucoup, c’est l’énergie fantastique que l’on peut mettre en France à « démolir » des projets non encore advenus, bardés que nous sommes par nos certitudes éternelles et nos idées/slogans poussiéreux qu’on nous ressert jusqu’à l’écoeurement.
          J’élargis en extrapolant : en 1988, Michel Rocard avait indiqué l’urgence du problème des retraites. On a mis 17 ans avant de se réveiller pour ne régler qu’un tiers dudit problème...
          Combien de commissions n’a -t- on pas créé, combien de rapports (brillants au demeurant) n’a -t- on pas produit pour essayer de moderniser nos pratiques bien françaises.
          Notre pays doit - là aussi - être le champion du monde des « tiroirs dormants » pour les rapports inutiles, mis au rancart après production. On travaille plusieurs mois, on écrit beaucoup de mots qui deviennent ensuite un gros document bourré d’études, de statistiques, de constats, de préconisations, de pistes pour l’avenir, puis... plus rien. La France au bois dormant...
          Cela fait plus de dix ans que les jeunes subissent la situation d’aujourd’hui. Combien d’années faudra -t- il encore avant d’oser quelque chose qui n’a pas encore été fait ?
          Pourquoi n’a -t- on pas mis autant de cette énergie fantastique à manifester CONTRE le chômage des jeunes il y a 10 ans, 5 ans, 1 an, 2 mois ?
          Clichy sous Bois n’a qu’à bien se tenir ! Et attention à la prochaine casse...
          Comme vous, je m’intéresse aux pays scandinaves pour y constater qu’ils sont bien meilleurs que nous dans ces domaines. Mais ce sont aussi des pays où le Code du Travail n’est en rien le « monstre » qu’il est chez nous, où il n’y a pas UNE durée légale pour tout le monde, où il n’y a pas ces montagnes de textes qui ressemblent à une jungle administrative jusqu’à empêcher la lumière de pénétrer tellement elle devient dense. Impensable chez nous...
          Je lis encore, même si ça dérange aussi certaines de mes certitudes, que c’est en Angleterre qu’il y a maintenant le moins de contrats dit précaires (voir Le Nouvel Obs de cette semaine). Cela vaut peut-être la peine de battre sa coulpe pour avoir cru - ou croire encore - que LA vérité est toujours en France. Entre eux et nous, il y a sûrement une ligne médiane à trouver ?
          Mais, constat fait, serait-on prêt dans notre beau pays, avec les mêmes conditions, à envisager la « flex-sécurité » scandinave tellement on est si prompts à se braquer dès qu’il s’agit de toucher au sacro-saint-statu-quo dont tout le monde semble s’accommoder. Cette crise du CPE a fait, au moins, prendre conscience aux endormis (beaucoup de monde y compris les syndicats qui, jusqu’au CPE, n’ont jamais traité le problème du chômage des jeunes autrement qu’en termes de statistiques) que les belles théories n’ont que rarement créé des emplois.
          Pour faire redémarrer la France, il faudra prendre des mesures courageuses, audacieuses, qui vont heurter pas mal d’idées reçues. Ce sera cela ou bien la relégation de notre pays en seconde division. La division existe déjà. Donnons-nous ce courage et cette audace afin qu’elle ne devienne pas une soustraction.
          Gilles Moreau.

      • Cher m’sieur
        qui a t’il de désespérant à la fuite des jeunes vers d’autres pays ?
        C’est plutôt drôle et productif pour eux non ?
        et même vital ...
        Au bout d’un certain temps y faut plus rester chez papa et maman ; là en l’occurence c’est chez Grand-mère ....
        La France n’a aucun intérêt, il y a trop de monde sur terre, on peut trés bien raser ce pays rasant et construire des centrales nucléaires ou y faire pousser du mais...
        Luc DS

        Voir en ligne : rasé de frais

  • 4 avril 2006 07:53, par Cali Rise

    C’est ce que j’appelle du parler vrai. Merci de prendre le temps d’écrire ce que je pense.
    Les Français avaient déjà une réputation de merde mais là....
  • 4 avril 2006 10:33, par Edouardo

    Maitre je viens de découvrir sur votre site internet que vous étes nè un 3 févriér et ma mère aussi est nè un 3 févriér.Gilbert a partir d’aujourd’hui tu es mon avocat.
  • 4 avril 2006 11:58

    Virtuel le CPE ? On peut le dire... mais je suis convaincue qu’il l’aurait été même sans manifestation. La France bénéficie à l’heure actuelle de plus de 20 contrats de travail (CES, CEJ, CDD, CDI, etc...) alors si un de plus avait changé quelque chose ! Effectivement, le CPE est tellement navrant qu’il ne vaut pas plus la peine de se battre pour que de se battre contre si ce n’est qu’il renforce une discrimination "positive" qui me laisse perplexe.
    Tiens, j’attends avec impatience votre article sur les lois que Sarkozy prépare sur l’immigration.
    Justine.
  • 5 avril 2006 20:52, par Samantha, compagne de Raymond DEVOS

    Bravo et toi Gilbert !...
    Notre maître des maux !...
    Quel brio !...
    Remarquable talent d’analyse sur notre société pourrie.
    Les membres de l’assemblée nationale ne savent pas ce qu’ils perdent en ne t’ayant pas en son sein.
  • 5 avril 2006 21:07, par Alain - Paris

    OK, si je comprends bien la seule solution c’est l’extrême droite ou bien une bonne guerre qui redonnerait aux jeunes le sens des valeurs. Bravo monsieur Collard, pour la démagogie je crois que vous tenez le pompon !!