Le propos est violent, sans concession. Prévu à la base pour être adapté au cinéma, il fut refusé pour toutes ces raisons avant qu’on lui préfère « Baise-moi », jugé sans doute plus soft. C’est dire.
Reste en dépit d’un découpage aléatoire et de dialogues trop léchés dans la branchouille urbaine, un style graphique qui ne laisse pas indifférent, sorte de manga passé à la brosse métallique, au service d’un polar efficace qui de surenchère en surenchère, effeuille les héroïnes, les délestant de leurs frimes pour les confronter au choix de vivre ou pas, ce qui ne les rend sans doute pas attachantes, mais au moins humaines. A lire pour se démarquer des suiveurs qui critiquent Virginie Despentes en particulier, et tous les romanciers s’essayant à la bande dessinée en règle générale. L’exercice reste perfectible. A mille lieux de la ligne claire. Mais pas dénué de valeur malgré toutes ses maladresses.
