Ces femmes vendues aux enchères en Algérie

Ces femmes vendues aux enchères en Algérie

Nombreux sont les jeunes d’aujourd’hui qui renoncent à leur amour car tiraillés entre le désir de fonder un foyer et celui d’honorer une dot qui parfois dépasse l’entendement il ne leur reste plus qu’à prendre le chemin forcé du célibat endurci. Que faire devant une société de plus en plus exigeante ? Une société qui, en fait, se contente purement et simplement de "vendre" sa fille au plus offrant. Le mariage en Algérie est loin d’être basé sur une union sacrée. Dot, bijoux et standing demeurent les maîtres mots de l’"arrangement" pour une alliance sacrée. Lorsque la dot dépasse 800.000 DA dans les régions du sud La dot atteint, dans certaines régions de l’Algérie, des montants exorbitants qui dissuadent de nombreux jeunes à se décider à fonder un foyer. Pour ces derniers, le mariage est devenu un pari perdu d’avance, du fait du coût démesuré de ce dernier.

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« Pour se marier en Algérie, il faut être riche », c’est ce qu’a déclaré le jeune Riad, âgé de 27 ans, qui a fini par renoncer à la femme de sa vie après que ses parents eurent exigé de lui une somme incroyable en guise de dot. « Ils savaient très bien que je n’ai pas les moyens financiers pour offrir à leur fille unique une dot de 50 briques et puis, elle disait m’aimer et malgré cela, elle n’a pas défendu notre amour et m’a signifié que si je tenais à elle vraiment, je n’avais qu’à payer son prix ».

Riad et bien d’autres ne sont pas les seuls à vivre des situations pareilles. Tiraillés entre leur amour, leur désir de fonder un foyer, de se stabiliser et le coût outrancier du mariage dans notre pays, ces derniers se savent plus à quel saint se vouer.

Incroyable, mais vrai. Les dots atteignent aujourd’hui, dans les régions du sud, les quatre vingt milles dinars, tandis que dans les régions de l’est leur montant varie entre 40 et 50 million. Somme qui reste largement en deçà des capacités des jeunes confrontés au quotidien à un contexte social des plus difficiles. Crise de logement, chômage, perte de perspectives, niveau socioéconomique précaire, à tout cela est venu s’ajouter le coût flamboyant des dots et des dépenses de la cérémonie du mariage. « C’est ce qui explique l’augmentation du taux du célibat en Algérie », dira une sociologue.

« Il est évident que ceux qui peuvent se permettre de payer une somme similaire ne sont pas des jeunes chômeurs qui n’ont même pas les moyens de subvenir à leurs propres besoins, mais des gens riches et des commerçants qui n’ont pas le temps de compter leur argent ou le comptent au ...poids. C’est cette catégorie qui peut se permettre aujourd’hui de se marier, une, deux ou quatre fois, car le mariage n’est plus une union fondée sur l’amour, mais une affaire commerciale accordée à qui dit mieux. La femme a perdu sa valeur et est carrément vendues aux enchères. Elle est cédée au bon acheteur qui se voit accorder le droit de bénéficier de ses charmes et atouts », poursuit Fouad, un célibataire âgé de 34 ans.

Raouf quant à lui, raconte son histoire avec sa cousine maternelle qu’il voulait épouser, mais confronté, à son tour, aux exigences invraisemblables de sa tante, il a fini par renoncer au mariage. « Ma tante et son mari m’ont exigé de verser une somme de 14 millions en guise de dot. Une somme qu’un jeune fonctionnaire ne pouvait pas verser. Ma mère a tout fait pour faire diminuer le montant, mais l’époux de ma tante n’a pas cédé, disant que si je désirais avoir sa fille pour compagne, j’étais emmené à payer son ‘’prix’’. C’est incroyable, les parents aujourd’hui vendent leur fille plutôt de les marier. Personnellement, le mariage est pour moi un rêve bien lointain. Je désire actuellement émigrer pour travailler et m’enrichir. Ce n’est qu’ainsi que je pourrais songer au mariage », affirme-t-il.

Après la dot, un éventail de bijoux digne de la mariée

De nombreux parents, notamment dans le sud, ne se contentent plus aujourd’hui d’exiger une dot qui frôle les 80 millions, mais imposent au prétendant d’acheter une série de bijoux dont une parure digne de leur fille. Ce qui pousse de nombreux jeunes à réfléchir à maintes reprises avant de prendre la décision d’aller demander en mariage la femme de leur choix.

Samir, jeune âgé de 30 ans, raconte son histoire avec sa collègue de travail originaire de l’est. « Le jour ou j’ai décidé d’aller la demander en mariage, je ne savais pas que j’allais être confronté à une épreuve pénible. En effet, les parents de ma bien-aimée se sont montrés au départ compréhensifs puisqu’ils m’ont demandé de verser la modique somme de 30.000 DA comme dot. Cependant, ils se sont vite rattrapés en m’exigeant d’acheter une parure, des bracelets, des bagues et une chaîne en or, qui allait me coûter les yeux de la tête. Mes futurs beaux-parents ont posé leurs conditions, que j’ai trouvé insensées, sur le compte de leurs traditions. Mais, ce que je n’arrive pas à comprendre c’est l’attitude de ma compagne qui ne s’est pas montrée à lahauteur et n’a rien fait pour défendre notre amour ».

Le taux du célibat expliqué par le coût exorbitant du mariage

De nombreux observateurs attribuent aujourd’hui, l’augmentation du taux du célibat au coût excessif du mariage qui dissuade les jeunes Algériens à s’engager. Pour Mme Saïfi, sociologue « le taux du célibat va crescendo. Cela s’explique par un bon nombre de facteurs dont aujourd’hui, le coût exorbitant du mariage. Les jeunes, quand ils échappent au spectre du chômage, sont pour la majorité de simples fonctionnaires pays en deçà du SMIG. Leurs moyens financiers ne leur permettent pas de répondre aux exigences d’une union. D’ailleurs, le constat, aujourd’hui, est que la famille algérienne verse plus dans un matérialisme inouï. L’amour est devenu une notion dépassée, ce qui compte le plus c’est l’argent qui représente une protection pour ces familles. En exigeant des sommes pareilles, les parents ont l’impression de protéger leur fille et d’assurer son avenir. Seulement, ils ignorent souvent que leur matérialisme cause le célibat prolongé de leur fille ».

Sur un autre chapitre, la sociologue attribue le célibat des jeunes filles à leur matérialisme excessif. Ces dernières n’accordent plus aucune importance à l’amour, mais préfèrent l’argent, ce qui donne au mariage aujourd’hui l’aspect d’une « vente aux enchères. Les femmes algériennes aussi sont devenues plutôt matérialistes. Même le spectre du célibat ne les dissuade pas à aller de l’avant dans leur recherche du prince charmant et riche. Lina, jeune femme âgée de 24 ans, affirme ne pas accepter une dot inférieure à 15 millions. Elle estime que jeune universitaire et belle femme qu’elle est, celui qui la voudrait pour l’épouser devra verser une dot élevée. Sur la question « peux-tu épouser un jeune que tu aimes, mais qui ne possède pas les moyens financiers nécessaires », Linda répond que l’amour seul ne suffit pas pour subvenir à ses besoins. « J’aime voyager, sortir, vivre dans une grande villa spacieuse. Je ne pense pas qu’un jeune fonctionnaire pourrait m’offrir tout cela ».

Linda, se dit consciente du risque de rester vieille fille, si un bon ‘’acheteur’’ ne se présente pas, mais déclare patienter jusqu’à ce que le bon partenaire se présente.

Des familles qui n’exigent

que le bonheur

Le matérialiste n’est pas le propre de toutes les familles algériennes. Il existe heureusement une catégorie sociétale qui ne s’inquiète que du bonheur de leur progéniture, qui accorde à l’amour et à l’entente entre les partenaires plus d’importance. De ce fait, certains parents ne se montrent point exigeants et requis du prétendant de prendre soin de sa conjointe, de l’aimer, la chérir et bien la traiter. Mohamed, père de famille, âgé de 50 ans, déclare avoir marié ses deux filles récemment. « Je pense que les parents qui exigent des prétendants des dots exorbitantes sont vraiment inconscients. On ne vend pas sa fille comme une vache ou un vilain objet. Dans la vie, il n’y a pas que l’argent qui compte. L’histoire d’un ami à moi m’a enseigné qu’il valait mieux exiger du prétendant d’aimer sa compagne que de lui offrir son poids en or. Cette fille a épousé un jeune richissime qui, après s’être lassé d’elle, l’a répudiée de la manière la plus ignoble. C’est malheureux ! »

Pour les imams, la dot est un droit divin accordé à la femme qui représente une condition obligatoire pour que le mariage soit valide. La dot est la propriété exclusive de l’épouse et c’est elle qui la fixe. Autrement dit, personne ne peut exiger de l’épouse tel ou tel montant, car c’est elle et seulement elle qui fixe ce qu’elle veut et c’est elle et seulement elle qui en aura la propriété. Cependant, selon la Shari’ah, le mahr doit être d’un montant raisonnable, mais aucun montant n’est fixé. Tout dépend de la condition financière de l’époux.

La parure, la chambre à coucher, la dot et l’appartement restent de vrais défis face auxquels est livré le jeune Algérien célibataire et qui contribue dans l’amplification du célibat forcé dans notre société.

le 26/08/2008
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8 Messages

  • 26 août 2008 11:13, par ammar

    cher Monsieur, depuis quant la vente des femmes est pratiquée en Algérie ?????
    honte à vous et à votre bande, car au lieu de raconter une réalité sociale, vous pratiquez la désindormation.
    c’est pour cette raison que certaines catégories de journalistes algériens n’ont pas encore atteint le point de professionalisme ????
    c’est un titre commerciale bcp plus que journalistique.
    • votre titre est indigne 26 août 2008 15:29

      oui , c’est une réalité bien triste au maghreb. si on veut épouser une fille de bonne famille , il faut payer le prix.
      plus la dot est importante , plus la femme est estimée socialement. d’ou cette attitude passive de la gente féminine qui se trouve honorée par l’exigence d’une dot exessive.
      au maroc , la belle famille exigera une bonne situation pour le futur mari , le logement , la voiture, les bijoux et bien sûr un mariage qui endettera le futur marié pour de longues années.
      heureusement , il y a des filles et leur famille dont la seule exigence est de trouver un homme honnête. bref ,il s’agit d’un phénoméne de société qui a encore des beaux jours au magrheb.
  • 26 août 2008 11:26, par Pierre

    Oui c’est ça !! en Algérie on fait des sacrifices humain en jetant des êtres humains dans des grottes ou vient des ogres ...... Arrêtez vos conneries espece de pseudo journaliste à 2 francs , ..... votre haine envers l’Algérie ne changera rien à sa réalité et à l’amour que beaucoup d’algériens et non algériens lui vouent.
    • Ces femmes vendues aux enchères en Algérie 26 août 2008 13:14, par Abdou

      C’est vous les pseudos citoyens de merde... au lieu d’avoir une vision critique sur les fléaux qui asphyxient la société algérienne, vous vous attaqués au journaliste qui ont le courage de mettre les mots sur des traditions archaïques qui n’ont aucun sens... En effet, le mariage algérien s’apparente à un vrai marchandage, les familles algériennes négocient le prix de leur filles avec les prétendant, et certains jeunes sont obligés de payer des sommes astronomiques pour pouvoir se marier avec leurs bien aimées, c’est pour cette raison que la journaliste a parlé de vente aux enchères ce qui est le titre qui convient...... le culte du fric fait des ravages en Algérie, n’en déplaise aux esprits simplistes comme vous
      merci à la journaliste d’attirer les regards sur ces phénomènes
  • 29 août 2008 17:34, par Atfa

    Je suis algérienne, ma mère s’est marié dans les années 80 et pourtant elle n’a jamais demandé de dot, ni elle ni ses sœurs, alors moi qui vis au 21 siècle, je pense pas que je le ferais, sauf si je deviens folle, et je suis sure que nous ne sommes pas les seules dans ce cas là, les femmes vénales y en a partout, c’est pas nouveau, ni ici ni sous d’autres cieux.
    merci pour votre article qui a attiré notre attention sur ce phénomène, mais un conseil, la prochaine fois essayer d’écrire de manière plus objective, sachez dénoncer ces coutumes mesquines sans être aussi méprisante, vous êtes psychologue, vous devez faire une analyse systémique, ces filles ne peuvent pas être vénales parce qu’elles sont vénales, c’est trop simpliste, alors creuser un peu plus, et bon courage pour la suite
  • 19 septembre 2009 10:56

    bonjour
    il y a du vrai sans doute, mais il ne s’agit pas de généraliser car il existe toujours de bonne famille qui savent reconnaître le bonheur pour leur filles comme pour leurs fils.
    le problème que vous soulevez concerne les familles de la bourgeoisie.
    Les familles de couches sociales moyennes trouve tjrs chaussures leurs pieds.
    Je voudrais attirer l’attention sur les bandes annonces que vous mettez sur votre forum, la aussi il s’agit d’une forme d’enchère terrifiante sans commentaires ..................
    OMAR
  • 1er avril 2010 11:38, par bylka93

    Finalement, il serait préférable que je fasse ma vie avec européenne ...
  • 27 mai 2010 13:37, par azoman

    algérien , bonjour ! "hypocrisie de la société algérien "
    azoman , Algérien
    Bonjour ! "Hypocrisie de la société algérienne "
    Oui c’est vrai que la femme algérienne est victime des pratiques exotiques copiés des autres sociétés telles que celles des pays du golfe qui sont eux très riches en comparaison à la société algérienne ...aussi l’altération de la personnalité algérien : influence des nouvels des stars de cinéma ,des chanteuses dépravées (qui , un jour mariées un autre divorcées ) ...le manque de le mise en pratique de quelques principes islamique relatives au projet de mariage (les algérien savent seulement faire la prière , dire Salam , sourire aux autres mais gratis ,etc. ...car cela ne coûte rien en argent, mais quand il s’agit d’argent, holà !"YAZGO" pas de principes islamiques. »Fait comme ton voisin sinon change la porte de ta maison"comme dit l’adage algérien ... c’est la réalité en général mais seulement dans les villes du centre…moi célibataire ,j’ai tous ,un poste ingénieur ,la maison , la voiture , 43 ans mais j’ai pas trouvé une fille qui les deux qualités ensemble belle et pratiquante … ! à vous merci de lire