CharlElie Couture, New Yor-coeur

CharlElie Couture, New Yor-coeur

Inutile de présenter CharlElie, tout le monde le connaît. Tout le monde ? Pas si sûr puisque hier encore, j’entendais un tout jeune adulte s’exclamer en voyant Karl Lagarfeld apparaître sur son écran télé « Ah c’est CharlElie Couture, non ? » Le confondre avec un génie de la grande couture, lui qui est un génie de l’art tout court ! Serait-ce parce qu’il n’est pas assez médiatisé que certains n’arrivent pas à mettre un visage sur un nom ?

Un visage, peut-être pas, mais une voix, sûrement, car la voix de CharlElie s’identifie facilement.

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Et dans son dernier opus, New Yor-Coeur, le chanteur m’entraîne dans son monde coloré où « même à Spielberg on a dit non ». « Eh oh aïe ... Que tu sois roi des rois ou une tête de pion/ Quand on te rejette ça fait mal, t’inquiète pas c’est normal » Le refrain pulse dès les premières notes et je me laisse glisser sur sa palette irisée où même le noir devient une couleur.

CharlElie m’emmène avec lui « Juste un instant en dehors du temps, juste un instant » et c’est tout bénéf. , ses paroles me remuent les tripes et me remettent le cerveau en place. Je le voudrais plus long cet instant pour oublier que toutes les vingt minutes, une mine antipersonnelle explose dans le monde (« Je suis miné »), que certaines fois, plus j’en ai, plus j’en veux (« Jamais assez »), et j’aimerais avoir le courage de prendre « une certaine lenteur rebelle » pour « manger les fruits encore verts et reconstruire sa vie entre murs et murmures ». Pour cela faut-il que je descende aussi bas que sous « L’empire du Pire » pour ensuite pouvoir suivre uniquement mes désirs ? Tout semble si simple quand CharlElie chante “Follow the line, follow your heart. Keep in your mind that song of desire”. Seulement voilà, l’artiste est « un emmerdeur, un libre-penseur », « un électron libre, plein de contradiction » (« Emmerdeur ») qui n’accepte pas qu’on lui dicte sa conduite. Et moi ? Emois.
« Ma Marseillaise », «  Au cœur de Manhattan », « Ton jour de gloire », c’est à lui, c’est à elle.

Et puis, j’entends “Drop in/ drop out, my brain explodes out of my skull, I don’t know where I am anymore in the shade of fortune”. A nouveau, je m’identifie si facilement à cette chanson comme j’adhère aux paroles de « Tous les hommes ». Ce n’est pas parce qu’un homme est con qu’ils le sont tous. A méditer.

Ecouter New Yor-Coeur, c’est en prendre plein dans la tête. C’est bon, c’est chaud, c’est rock, c’est cœur. C’est CharlElie, tout simplement.

* Crédits photos Albert Delamour

New Yor-Coeur, CharLelie Couture, Flying Boat 2006, Wagram

le 19/12/2006
Impression

2 Messages

  • 19 décembre 2006 17:22, par pierre

    Avant de traverser les USA avec mon groupe de zic, on a rendu visite au chanteur dans son atelier de Manhattan. Je peux vous dire qu’il est du style franc-tireur au grand coeur. Sa peinture en dit presque plus long sur sa personalité que sa musique. Je me souviens qu’on a discuté assez longuement à bâtons rompus de tout et de rien. Il avait un avis tranché (mais pertinent) sur tout, surtout sur la France qui n’a pas accueilli le peintre après avoir mythifié le chanteur en le réduisant à l’état d’avion sans ailes. Il nous a parlé politique, sociologie, philosophie, peinture et maisons de disques. Ah, sacré CharlElie. On l’enviait secrètement, cet électron libre qui ne choisit jamais le chemin le plus facile. Il aurait pu s’asseoir sur un tas de royalties en France ; il a préféré la frénésie new-yorkaise. Parce qu’à NY, selon lui, les carcans sont plus lâches qu’en France, les énergies sont plus ferventes et l’entreprise individuelle s’en trouve stimulée. Il est arrivé vierge de tout préjugé artistique aux USA. Il ne semble pas près d’en partir. Et l’on peut dire qu’il s’agit d’un autre voyage que celui qui mène certains chanteurs vers la Suisse.

    Voir en ligne : http://www.anabase.fr

  • 20 décembre 2006 01:34, par Thomas Delavergne

    c’est clair que cet album fait du bien. c’est du bon rock à l’ancienne qui ne sent pas le vieux.