Malatesta, une biographie illustrée
Après les deux tomes de BD consacrées à Makhno, les éditions Libertaires ont récidivé avec la sortie d’une biographie en images d’Errico Malatesta (1853-1932), une figure de l’anarchisme italien.
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Parue en Italie en 1980 aux éditions Antistato, la BD Malatesta est maintenant accessible aux lecteurs français. Si la couverture est signée François Hombourger, les auteurs de Malatesta sont Fabio Santin (dessins) et Elis Fraccaro (texte). Sur 105 pages, nous parcourons la vie d’un Italien hors du commun. Dès l’âge de 14 ans, il faisait un séjour en prison pour avoir envoyé une lettre anti-monarchiste au roi Victor Emmanuel ! Une première qui ne fut pas la dernière.
Une insurrection dans le sud de l’Italie et la « libération » de communes montagnardes le conduiront aussi sur la paille des cachots. Révolutionnaire un peu casse-cou mais aussi grand propagandiste, il sera secrétaire fédéral de la section italienne de l’AIT, fondateur (avec Bakounine) de l’Alliance des révolutionnaires socialistes, rédacteur du programme de l’Union anarchiste italienne, fondateur de la Questione sociale, de l’Associazione, de l’Anarchia, de Liberta..., directeur du quotidien anarchiste Umanita Nova, auteur d’articles et de brochures incalculables et orateur international unique.
L’ouvrage commence par une nécrologie de Charles Frigerio parue dans le Libertaire du 5 août 1932. Suit une chronologie qui nous permet de suivre Malatesta en Italie mais aussi à travers le monde (Egypte, Syrie, Roumanie, Belgique, Argentine, Angleterre, Espagne, USA...) où il rencontre Kropotkine, Louise Michel... Les superbes planches se terminent par un chapitre intitulé La propagande par le fait. C’était l’époque des Ravachol, Vaillant, Henry. Malatesta accorde alors une interview à Jules Huret, journaliste au Figaro. Question : Les lecteurs du Figaro voudraient savoir ce qu’est l’anarchie. Réponse : Dîtes-leur que c’est la conception d’une société consciente et voulue de tous ses membres.
La BD se termine par un texte qu’il était bon de ressortir des cartons. Malatesta, qui n’avait pas froid aux yeux dans certains cas, y commente l’action violente. « Ne faisons pas de victimes inutiles, même chez les ennemis. Le but pour lequel nous luttons nous contraint à être bons et humains, même dans la fureur de la bataille, parce qu’on ne peut pas comprendre comment nous pourrions vouloir lutter pour un but tel que le nôtre, si nous n’étions pas bons et humains. Et n’oublions pas qu’une révolution libératrice ne peut pas sortir du massacre et de la terreur. »
Malatesta, Fabio Santin et Elis Fraccaro, éditions Libertaires. 15 euros. Commandes auprès des éditionslibertaires@wanadoo.fr.
