Société

Affaire Lyhanna : les victimes invisibles et l’urgence de la prévention

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Affaire Lyhanna : les victimes invisibles et l'urgence de la prévention

Quand un monstre tombe, qui pense à ceux qui restent ? L’émotion est immense autour de l’affaire Lyhanna. La colère aussi. Et elle est légitime. Si les faits reprochés à Jérôme Bardella sont avérés, ils relèvent de l’impardonnable. La justice devra établir les responsabilités et prononcer les sanctions nécessaires.

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Mais au milieu de l’indignation collective, certaines questions semblent disparaître.
Nous parlons beaucoup de la défaillance des institutions. Nous parlons beaucoup des erreurs, des alertes ignorées, des responsabilités administratives ou judiciaires. Et c’est normal.

Pourtant, derrière chaque affaire de ce type, il existe d’autres victimes dont on parle peu.
Que devient l’épouse d’un homme soudain désigné comme un monstre par toute une société ? Que devient son enfant ?

Que ressent une fille lorsqu’elle découvre que celui qu’elle appelait papa est désormais associé à l’horreur dans tous les journaux, sur tous les réseaux sociaux, dans toutes les conversations ?

Ces proches ne sont coupables de rien.Ils n’ont commis aucun crime. Pourtant, leur vie bascule elle aussi. Ils doivent affronter les regards, les rumeurs, les questions, parfois les insultes. Ils portent un nom devenu lourd à porter. Ils subissent une condamnation sociale qui ne dit pas son nom.
Leur souffrance n’efface évidemment pas celle des victimes directes. Rien ne peut ni ne doit établir une concurrence entre les douleurs.
Mais une société mature devrait être capable de regarder toutes les conséquences d’un drame.

L’autre question qui mérite d’être posée concerne la prévention.
Chaque fois qu’une affaire éclate, nous découvrons après coup ce qui aurait dû être vu, entendu ou empêché.
Nous parlons alors de procédures, de signalements, de sanctions.
Mais parlons-nous suffisamment des limites elles-mêmes ?
Savons-nous encore les formuler clairement ?
Quelles sont les frontières absolues lorsqu’un adulte est en présence d’un enfant ?
Quels comportements doivent immédiatement alerter ?

Quelles responsabilités particulières portent les parents, les éducateurs, les animateurs, les entraîneurs, les proches ou toute personne qui accueille des mineurs chez elle ? La protection de l’enfance ne repose pas uniquement sur la justice. Elle repose aussi sur une culture collective de vigilance.
Une société protège mieux ses enfants lorsqu’elle sait reconnaître les signaux faibles avant la catastrophe.

Lorsqu’elle enseigne clairement les limites.
Lorsqu’elle rappelle sans ambiguïté ce qui est acceptable et ce qui ne le sera jamais.
Le risque, dans les grandes affaires médiatiques, est que le scandale finisse par occuper tout l’espace. L’indignation est nécessaire.La sanction est indispensable.

Mais la prévention demeure la seule chose capable d’empêcher qu’une nouvelle Lyhanna apparaisse demain dans les titres de l’actualité.

Et c’est peut-être là que devrait commencer notre réflexion collective.

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