Selon Mediapart, plusieurs policiers ont également indiqué avoir reçu des consignes visant certains messages, notamment ceux jugés « anti-police » ou « anti-État ». Le ministère de l’Intérieur, contacté par le journal, n’avait pas répondu au moment de la publication. Ces éléments donnent du poids aux témoignages relayés sur les réseaux sociaux, mais ils ne suffisent pas à établir, à eux seuls, l’existence d’une consigne générale applicable à toutes les pancartes et à tous les rassemblements.
La mobilisation du 8 octobre avait réuni 24 500 personnes à Paris, selon le ministère de l’Intérieur, sur 71 500 manifestants recensés dans le pays. La journée a été majoritairement calme dans la capitale, mais des incidents et des affrontements ont éclaté en fin de rassemblement. Le débat sur les pancartes s’inscrit donc dans un climat de tension où se mêlent revendications étudiantes, maintien de l’ordre et accusations de violences policières.
Une pancarte contestataire n’est pas, en elle-même, une menace pour l’ordre public. La retirer en raison de son message soulèverait une question grave : celle de la liberté d’expression dans une manifestation. Si une restriction était justifiée par un risque précis, elle devrait pouvoir être expliquée et contrôlée. À défaut, la saisie de slogans critiques peut être vécue comme une tentative de faire taire la contestation, et nourrir la défiance que les manifestants dénoncent déjà.
Les vidéos diffusées en ligne peuvent éclairer ce qui s’est passé, à condition de vérifier leur date, leur lieu et leur séquence complète. Pour établir l’ampleur des saisies et les consignes données aux policiers, il faudra des témoignages recoupés et des réponses officielles. Mais le récit documenté à Bastille mérite déjà des explications : pourquoi ces pancartes ont-elles été retirées, sur quelle base, et combien d’autres l’ont été ce jour-là ?





