Christie, 48 ans, costumière depuis 10 ans, intermittente du spectacle.
"Je travaillais sur le tournage d’un film jusqu’à mi-mars, puis il y a eu le confinement. On a appris dans les média que les soignants n’avaient même pas de masques pour se protéger. Je crois que pour mes collègues et moi, notre sang n’a fait qu’un tour. On s’est organisées et relayées pour coudre et livrer des masques aux hopitaux.
De là, des petits malins ont décidé de faire appel au bénévolat pour faire face à la demande et là ça a déraillé. C’est devenu "normal" de s’investir totalement, de passer 10h par jour à produire des masques, et maintenant des blouses, car ils n’en ont pas non plus !
Ca chamboule ma vie déjà d’être confinée, mais en plus je suis totalement épuisée. Je bosse de 9h à 20h tous les jours, pour moi maintenant, pour équiper les particuliers en vue du déconfinement. La demande explose, j’en suis à plus de 50 masques par jour.
Mon compagnon ne me voit presque plus (pourtant on vit ensemble), je mange à peine, c’est couloir-couture-dodo tous les jours. Ma santé commence à s’en ressentir, j’ai des douleurs partout dans le dos et la nuque, et tout ça pourquoi ? Pour que l’Etat puisse fièrement annoncer "des masques pour tous" ??? Cherchez l’erreur...
A cela s’ajoute que je suis au RSA car pas assez d’heures d’intermittence, aucune aide bien sûr pour moi, étant donné que le milieu culturel et artistique a été touché en premier par la crise sanitaire
C’est beau la gloire quand même, mais ça remplit pas le frigo."
Pour soutenir le Collectif BAS LES MASQUES et lire leur communiqué de presse très précis et détaillé.
