Bizarre vous avez dit bizarre ? Cette appellation générique concerne en gros tout ce qui se fait en dehors des fantasmes primaires et des positions habituelles. Exit donc la levrette, le missionnaire, la sodomie, la fellation et la fessée car dans ce livre fantasmagorique, le Gang Bang et l’échangisme, le mélangisme sont des pratiques quasi ringardes.
Non non, ici on parle d’opérations à cœur ouvert, de république virtuelle sado maso, de chatouille, de babyphilie, de Dog play, de splosh, de rire jouissif, de sexe médical et autres étrangeté du style érotique. (...)
« Le sexe bizarre » n’aurait sans doute jamais vu le jour sans Internet qui a multiplié par dix mille notre connaissance de ces phénomènes marginaux mais qui ont de nombreux adeptes dans le monde.
Peu de stars françaises de l’étrangeté génitale dans tous ces chapitres passionnants, mais deux de talent tout de même que sont Romain Slocombe et le baron Otto de « Nova Sodomia ».
L’un chantre de l’Art médical de forte influence asiatique et l’autre dictateur mégalomane et classieux d’un groupe terroriste virtuel, dilaté et imaginatif.
« Le sexe bizarre » est un livre qui ne se juge pas mais qui s’explore par tous les orifices. Dévorer ses pages c’est un peu comme regarder une émission de TF1, on se trouve dramatiquement normal après.
Le sexe bizarre est un livre à forte valeur sociologique plus qu’excitante même si certaines photographies mammaires donnent une furieuse envie de délires crapuleux avec sa partenaire, même si l’intérêt est ailleurs.
A l’heure des nouvelles technologies, du cyber sexe et des amours à plusieurs, dans cette course sempiternelle à l’originalité et la transgression du corps, le sexe est, et demeure, le plus beau des terrains de l’Expérimentation. Au delà du corps lui-même le sexe est un vrai plaisir intellectuel et ce livre le démontre bien.
Juste une idée en passant pour son auteur Agnès Giard ; qu’elle consacre donc le tome 2 de ses bizarreries uniquement aux femmes. Des cerveaux gauches des dames naissent des univers bien plus riches encore... ce livre omet le travail d’artistes comme Anne van der Linden ou Anne Espéret, pour ne citer qu’elles, qui auraient bien mérité un coup de zoom tant leurs univers sont bizarres et RE-Jouissants.
