STEPHANE RAOULT ET LES TROIS CANARDS D’OGNON
En sillonnant les routes du Département de l’Oise, on découvre ici ou là quelques trésors tant architecturaux que gastronomiques. La Région Picardie sait nous étonner et nous retenir, pour notre plus grand plaisir.
Après la très belle ville médiévale de Senlis, lorsqu’on se dirige vers celle de Compiègne historiquement célèbre, un petit nom mignon attire soudain notre regard, sans toutefois nous piquer les yeux, et pourtant il s’agit bien d’Ognon, minuscule commune où le nombre d’habitants fait rêver d’envie les citadins que nous sommes.
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C’est pourtant ici que se cache une superbe Auberge dont la façade ne paie pas de mine. Située derrière l’église du village, dans ce qui devait être un ancien corps de ferme, l’établissement est dirigé par Julie et Stéphane Raoult.
La Maison est visiblement t bien gérée et l’affaire paraît prospère, puisque nous sommes le samedi 5 mars 2011 et que l’Auberge est pleine à craquer, ce qui est le signe qu’on s’y régale. Même le Grand Paul Bocuse est venu se mettre les pieds sous la table du Chef Stéphane Raoult, en septembre 2004, ce qui est plutôt flatteur vu que Monsieur Bocuse n’a pas l’habitude de s’attabler chez un gargotier.
La salle principale est toutefois un peu sombre et la décoration date de nos grands-mères, mais qu’importe puisque l’accueil est chaleureux et que le sourire de Madame Raoult égaille un peu l’ensemble.
Il existe plusieurs menus et une carte. Le menu « gastronomique » reste raisonnable compte tenu de la qualité et des produits frais qu’on nous propose pour 31 euros.
Lorsque vous prenez l’apéritif, on vous amène déjà une mise en bouche autant créative qu’étonnante, comme cette mousse de brocoli recouverte d’une autre au Roquefort et surmontée au final d’une mousse au tarama… un instant magique auquel on ne peut croire, avant de déguster.
Le croustillant d’écrevisses, à l’émulsion d’ail doux, est une pure merveille. Quant au médaillon de lapin, nappé d’un fond de sauce onctueux et moiré, farci aux pruneaux d’Agen et accompagné de différents légumes, appétissants et goûteux, il reste exceptionnel pour une viande qui n’a souvent pas grande saveur lorsqu’elle n’est pas correctement préparée, voire marinée.
La patronne ne lésine pas sur le fromage et le plateau roulant en comporte près d’une trentaine.
Tout au long du repas, on vous amène à discrétion de petits pains ronds et encore tièdes qui sont un agréable accompagnement pour les sauces préparées par Stéphane Raoult et son équipe.
Un demi Rully rouge 2008, agréable et bien équilibré grâce au travail de la Maison Joseph Drouhin qui cultive biologiquement sa terre, permet de se délecter du divin fruit pressé de ce sublime terroir Bourguignon.
Pour finir agréablement ce repas, pourquoi ne pas s’arrêter sur « Les délices d’Emma » qui est une farandole de pâtisseries qui risque d’en surprendre plus d’un.
De l’entrée jusqu’au dessert tout est plein de saveurs, dans une présentation très recherchée.
Le service est impeccable et une jolie demoiselle gracile et distinguée, à la belle chevelure brune et longue, semble être uniquement là pour nous faire croire que nous sommes déjà au paradis, vu que son sourire et ses dents blanches ne peuvent appartenir qu’à un petit ange.
Partant de ce constat positif, il n’y a aucune raison pour ne pas revenir faire un petit tour à Ognon.
