Il n’en reste pas moins que la justice se rend, paraît-il, au nom du peuple français. Le peuple français a donc bien le droit de se poser quelques questions. Et des questions, il y en a eu beaucoup qui sont restées sans réponse dans l’affaire Seznec ! Deux points nous paraissent essentiels et très préoccupants. Le premier est déjà très ancien puisqu’il remonte au procès de 1924. Il est également crucial !
On n’a jamais retrouvé le cadavre de Pierre Quémeneur. Un meurtre sans cadavre, ça fait toujours désordre !
On n’aura donc jamais la certitude de l’assassinat de Quémeneur. Peut-on condamner un homme dans de telles conditions ? Qui pourra jamais prouver que Pierre Quémeneur n’a pas, tout simplement, voulu changer de vie et disparaître ?
Le second point qui pose problème est dans l’argumentation de la cour de cassation. Bony n’était pas très recommandable, c’est vrai reconnaît-elle, mais il n’était alors qu’inspecteur-stagiaire et on ne retrouve son nom que sur quatre procès-verbaux. Mauvaise foi volontaire ? Chacun sait que c’est l’inspecteur Bony qui a retrouvé la fameuse machine à écrire achetée au Havre, la pièce maîtresse de l’accusation...
Que signifie une telle cécité ?
Nous ne prétendons pas que Guillaume Seznec était innocent. Nous n’en savons rien. Personne n’en peut ni n’en pourra jamais rien savoir puisqu’il n’est même pas sûr qu’il y ait eu crime.
Est-il si difficile de le reconnaître plus de 80 ans après ?
