SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT

SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT

La décision de la Cour de Cassation, de ne pas accepter la révision du procès de Guillaume Seznec n’est pas surprenante. Elle était même attendue, pour ne pas dire jouée d’avance. Mais on ne commente pas une décision de justice comme chacun le sait. D’autre part, on ne va pas revenir ici sur l’affaire Seznec. Elle est à la fois trop longue et trop compliquée. Laissons là aux avocats et aux historiens.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

Il n’en reste pas moins que la justice se rend, paraît-il, au nom du peuple français. Le peuple français a donc bien le droit de se poser quelques questions. Et des questions, il y en a eu beaucoup qui sont restées sans réponse dans l’affaire Seznec ! Deux points nous paraissent essentiels et très préoccupants. Le premier est déjà très ancien puisqu’il remonte au procès de 1924. Il est également crucial !

On n’a jamais retrouvé le cadavre de Pierre Quémeneur. Un meurtre sans cadavre, ça fait toujours désordre !

On n’aura donc jamais la certitude de l’assassinat de Quémeneur. Peut-on condamner un homme dans de telles conditions ? Qui pourra jamais prouver que Pierre Quémeneur n’a pas, tout simplement, voulu changer de vie et disparaître ?

Le second point qui pose problème est dans l’argumentation de la cour de cassation. Bony n’était pas très recommandable, c’est vrai reconnaît-elle, mais il n’était alors qu’inspecteur-stagiaire et on ne retrouve son nom que sur quatre procès-verbaux. Mauvaise foi volontaire ? Chacun sait que c’est l’inspecteur Bony qui a retrouvé la fameuse machine à écrire achetée au Havre, la pièce maîtresse de l’accusation...

Que signifie une telle cécité ?

Nous ne prétendons pas que Guillaume Seznec était innocent. Nous n’en savons rien. Personne n’en peut ni n’en pourra jamais rien savoir puisqu’il n’est même pas sûr qu’il y ait eu crime.

Est-il si difficile de le reconnaître plus de 80 ans après ?

le 19/12/2006
Impression

5 Messages

  • 26 décembre 2006 13:15, par Alain Monnié

    Il est complètement faux d’affirmer que c’est Bonny qui a retrouvé la machine à écrire Royale.
    La perquisition fut menée par le groupe de police mobile de Rennes dirigé par le commissaire Cunat.
    Bonny faisiat partie de l’équipe de Paris sous l’ordre du commissaire Vidal.
    Il n’eut effectivement qu’un rôle très mineur. Il était à l’époque inspecteur stagiaire.
    Sur 507 pièces du dossier sa signature ne parait que sur 4 documents.
    • > SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT 4 janvier 2007 16:55, par paf

      Parfaitement exact et, vu mon boulot qui présuppose de toujours vérifier ses informations et la suffisance que j’ai déployé dans l’article "Chacun sait...", je suis impardonnable. Je ne sais pas pourquoi j’avais cette fausse idée en tête mais je sais pourquoi je me suis ainsi laissé aller : la rage m’aveuglait ! Je trouvais (et continue à trouver) ce jugement très discutable, pour ne pas écrire aberrant. Le rôle de Bonny, si mineur soit-il, lui aurait largement permis de trafiquer des pièces. Il était à l’époque le secrétaire-greffier du commissaire Vidal qui, lui, se rendit bien au Havre pour y interroger Monsieur Chenouard, l’homme qui aurait vendu la machine à Seznec. En tant que greffier, Bonny pouvait manipuler à sa guise les papiers et documents de l’affaire. Cela n’a rien d"anodin ou d’anecdotique car, rappelons-le, c’est pour avoir faussé plusieurs enquêtes (dont celle sur Stavisky !) que Bonny fut révoqué une douzaine d’années plus tard de la police. Rappelons aussi le témoignage de son fils. Le jour même de son éxécution, l’inspecteur Bonny aurait confié au docteur Paul ses regrets d’avoir envoyé au bagne un innocent !
      • > SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT 17 janvier 2009 18:06, par Alain Monnié

        Je reviens par hasard sur ce forum et en profite pour répondre à deux arguments malheureusement souvent cités et faux.
        1 - Bonny aurait pu "trafiquer" des documents. Mais à aucun moment pendant le procès ni l’instruction Seznec et ses défenseurs n’ont mis en doute l’authenticité des documents présentés. Cet argument est une pure invention venue par la suite. D’ailleurs les pièces écrites maitresses, la première promesse de vente et carnet de dépense de Quémeneur ont été saisies dans la valise alors que l’enquête policière n’avait pas commencée. Puisque c’est la découverte de celle-ci qui déclenchera l’enquête pour crime et donc la nomination des deux groupes de policiers parisiens et rennais. Ensuite la deuxième promesse de vente fut remis par Seznec lui-même et à aucun moment il ne mit en doute au procès le fait que la pièce présentée soit bien celle qu’il avait remise.
        2 - Bonny a été condamné et chassé de la police pour avoir commis des faux. Ceci n’est pas vrai il a été banni pour deux fautes , subordination de témoin et divulgation de secret professionnel. (Contrairement à ce que prétend d’ailleurs dans son livre môsieur Denis Le Her (dit Seznec)) Peut être a t’il commis des faux mais ce n’est pas pour cela qu’il fut exclu de la police.
        En fait je me rend compte que des gens ne connaissant pas grand chose des éléments de l’affaire jugent par rapport à une idée qu’ils s’en font à partir d’éléments totalement erronés. Par exemple savez vous que plus de 40 policiers viendront rendre compte de leurs différentes investigations au procès. Ce qui démonte complètement la thèse du policier seul (Bonny) trafiquant à sa guise les éléments.
        Ce qui explique que l’arrêt de la Cour soit incompréhensible pour beaucoup. Alors, s’il vous plait, penchez vous vraiment sur les éléments du dossier et non sur des élucubrations.
        Les derniers livres de Guy Penaud ou Bernez Rouz poeuvent vous y aider.
    • > SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT 9 janvier 2007 12:30, par lgn

      Le Ouest Eclaire du 2/08/1923 signale que c’est Bonny qui a ramené la ROYALE à Paris le 4 au soir après la perquisition. Il n’est donc pas interdit de penser qu’il ait participé à cette perquisition, même s’il ne figure pas au procès verbal puisqu’il n’appartenait pas aux Services de Rennes qui en étaient chargés.
      Voir "Nous les Seznec", reproduction de la une du dit journal.
      • > SEZNEC OU LE CADAVRE INEXISTANT 25 septembre 2007 10:42, par Alain Monnié

        Si effectivement Bonny a ramené la Royale à Paris, c’est sur la demande de son commissaire, Vidal, qui l’a envoyé sur place à cet effet mais après la perquisition.