Les resto du coeur : 22 ans de malheur

Les resto du coeur : 22 ans de malheur

C’est un bien triste anniversaire dont la France n’a pas à se féliciter. Les restos du coeur fondés par Coluche ont désormais largement passé la vingtaine et n’ont jamais été aussi indispensables.

Autant je trouve lamentable les parades narcissisques de certains chanteurs people pour à la fois soutenir la Cause et faire leur promo, autant je trouve que cette association est la plus belle entreprise citoyenne de ces trente dernières années. 22 ans d’existence pour les Restos, cela veut dire 22 ans de malheur pour la France.

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La situation n’a jamais été aussi problématique. La misère sociale est dans la rue, elle a de beaux jours devant elle si on ne fait rien ; non seulement 4 millions de Français vivent dans la pauvreté mais le double ou le triple mange mal ou pas à sa faim.

C’est une honte lorsqu’on ajoute à cela l’énorme et insupportable problème des logements dans notre hexagone.

Les Restos du coeur réalisent ce que le gouvernement et nos villes ne font plus depuis longtemps, une armée de bénévoles combat chaque jour la malnutrition des petits, des grands et des vieux.

Personne n’est à l’abri de cette déchéance, les "accidents" sociaux peuvent arriver à tous ceux qui n’ont pas de famille ou d’amis à leur côté en cas de coup dur.

La précarité est devenue l’épée de Damoclès de millions de Français qui peuvent traverser la frontière de l’exclusion d’un jour à l’autre sans appartenir à une classe à risque.

Les Restos du coeur ne peuvent pas tout faire, ils n’ouvrent qu’en hiver et il suffit de se balader le soir à l’heure du diner des pauvres dans un des points de chute des Restos itinérants, pour voir l’immense "succès" de ces initiatives.

Chaque anniversaire des Restos du coeur est le témoignage supplémentaire de l’échec de toutes nos politiques sociales et citoyennes.

Sarko et Sego amusez-vous à combattre vos égo respectifs si vous le souhaitez, mais ayez la décence d’affronter le problème à sa source et dire enfin "je promets qu’en 2007, 2008 ou 2010 il n’y aura plus besoin des Restos du coeur en France !!"

le 05/12/2006
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3 Messages

  • 5 décembre 2006 03:20, par Thomas Delavergne

    Pour avoir suivi une bénévole d’une association grenobloise qui vient en aide aux SDF, dans la nuit de vendredi à samedi (reportage pour la presse régionale), j’ai eu confirmation que les assos du type Les Restos ne cessent d’avoir de nouveaux repas.
    Le pire, c’est que l’après-midi j’ai croisé un homme habillé comme vous et moi qui faisait la manche, avec un sac de sport classieux... Le soir, je le retrouvais à la gare lors de la patrouille de cette asso locale. Il faisait semblant d’attendre un train. Les bénévoles m’ont confirmé que cela était de plus en plus courant. Là, on voit que la misère s’accroît sans forcément qu’on la voit.
    Cela fait relativiser sur nos petits bobos quotidiens... Je vais rejoindre mes draps alors que d’autres ont encore froid. Je pense pouvoir affirmer sans trop m’engager que Coluche n’aimerait pas voir ça.
  • 5 décembre 2006 09:40, par peheffe

    Tout cela est vrai et de surcroît joliment écrit ! Mais faut pas rêver. Tous les indicateurs laissent supposer que non seulement les choses ne vont pas s’arranger mais que, bien au contraire, elles vont encore empirer au cours des prochaines années. Les grands (et creux !) discours humanitaires et caritatifs qu’on nous assène, les statistiques honteuses qui nous expliquent que, plus nous voyons de SDF dans la rue, plus la pauvreté recule, les grands discours d’intention des candidats à la présidentielle, tout ça c’est du flan et tout le monde le sait. La réalité est que nous vivons dans une société où l’on se désintéresse d’autant plus du sort des pauvres que l’on en a marre de voir et d’entendre ces derniers. Certes, le discours politiquement correct est encore (pour combien de temps ?) qu’il faut aider les plus démunis. Mais la pratique quotidienne est bien d’envoyer les CRS à la place des assistantes sociales et des éducateurs, de supprimer les bancs des centre-villes et d’éloigner manu militari les SDF chaque fois qu’on le peut...
    La pitié (n’évoquons même pas ici l’idée de justice !) n’est guère le sentiment dominant de notre époque ou alors il faut qu’elle s’exerce très loin. Et encore... Si le tsunami a autant bouleversé et a pu avoir autant d’échos et de relais dans les médias durant des semaines entières, ce n’était pas à cause de l’ampleur de la catastrophe (qu’il n’est évidemment pas question de nier). C’était d’abord parce qu’il avait eu lieu dans une des régions touristiques préférées de nos élites et pas dans la corne de l’Afrique ou dans le Darfour. J’exagère ? Non ! Faut-il ici rappeler la grande famine des années 90 qui a entraîné des millions de mort et engendré de nombreux cas de cannibalisme en Corée du nord ? Qui en a alors parlé ? Qui s’en est seulement soucié ?
    Le temps des grands massacres et des successeurs de Cavaignac n’est peut-être pas si loin !
  • 5 décembre 2006 17:18, par Alain B.

    J’avais ecrit sensiblement la même chose l’année dernière sous le titre " les restos de l’ecoeur " , preuve que la situation ne va pas en s’arrangeant ! ! !