Catherine réussit sans doute avec "Je vous aime" son livre le plus abouti, le plus près de son écriture juste, qui appelle de suite les images d’éros et un vrai plaisir du texte.
Il y a plusieurs enjeux dans ce roman. Le premier est d’essayer de reconnaître, à travers le prétexte du personnage de Philippe Musil, un véritable écrivain médiatique et célébré qui aurait pu inspirer Siguret, le second est sans doute de se rendre compte que ce qu’on lit là est ce qu’il a de plus pertinent dans l’écriture féminine actuelle.
Comme on dit, Catherine Siguret elle en a, elle ose, elle nous montre qu’on peut aimer le sexe et l’amour, que toutes les femmes sont pareilles, qu’elles veulent vibrer pour une passion amoureuse unique et qu’elles sont prête à tout sacrifier sur l’Autel pour y arriver.
"Je vous aime" ne se lit pas, il se dévore ; c’est un livre totalement érogène, orgasmique à tous les niveaux, aussi bien d’un point de vue intellectuel que fantasmatique.
Entre deux taxis, avions et rendez-vous, Alice et Philippe s’aiment d’un amour hors norme, tout sauf rationnel, d’un côté "cet homme beau et talentueux à qui tout réussi" et de l’autre cette fille pétillante, pleine de charisme, de potentiels et qui ne s’aiment pas assez pour croire au miracle amoureux.
Catherine Siguret nous raconte une histoire qu’elle arrive à nous rendre réaliste, passionnante, belle et jamais acidulée, ni mièvre ni cucu la praline, c’est un tour de force admirable.
Ce livre mérite véritablement tous les succès.
Il mérite en tout cas un Prix Femina ou à défaut un Prix "féminin" à l’unanimité du Jury.
