Un sandwich au concombre !
L’auteur du Portrait de Dorian Gray avait d’ailleurs judicieusement
intitulé son œuvre « comédie frivole pour gens sérieux ».
Qui sont les protagonistes ?
Il y a les deux jeunes hommes mondains, l’un sans le sou (Moncrieff),
l’autre fortuné (Jack Worthing), interprété par Frédéric Diefenthal.
Le premier aspire à fuir la ville ; le second, la campagne. Il y a
aussi une tante, à la fois tendre et cynique, qui pérore sur les
bienfaits et malheurs du mariage. Un rôle interprété avec panache par
Macha Méril !
La distribution s’enrichit d’un chanoine philosophe, d’une gouvernante
rigolote et de deux jeunes filles naïves à la recherche d’un certain
Constant...
L’intrigue, légère, repose sur de nombreux effets vaudevillesques.
Dans un décor à la fois discret et élégant - celui de Pace - nous
voyons évoluer sur scène cette petite tribu fin de siècle. En toute
intimité, les personnages de L’Importance d’être constant expriment -
dans une simultanéité désarmante - tout et son contraire. Au fil du
déroulement de la pièce, les personnages paraissent moins
caricaturals, plus humains...
Peut-on parler de syndrome de Janus ? Pierre Laville exprime un point
de vue intéressant : « Les personnages de L’IMPORTANCE D’ETRE CONSTANT
courent après eux-mêmes, transgressent leur rôle social. » Donc une
comédie marquée sous le signe de l’ambivalence, mais d’une limpidité
incroyable.
En effet, le jeu théâtral est d’une efficacité redoutable : rapide,
enjoué, curieusement convivial...
Bref, une adaptation des plus réussies, enrichie par une brochette de
comédiens remarquables.
Théâtre Antoine, 14 boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Du mardi au vendredi à 20 h 30 - samedi 17 h et 21 h - dimanche 15 h 30. Jusqu’au 3 décembre 2006
