Et aujourd’hui, la guerre...(1/2)

Et aujourd'hui, la guerre...(1/2)

J’avais promis de ne pas y revenir mais compte tenu de l’actualité, petit rétrospectif des événements, de l’avènement de George Walker Bush jusqu’à la guerre en Irak, en espérant que cette dernière sera la plus courte possible et évitera le trop de victimes de part et d’autre. En souhaitant, sans trop y croire, une reconstruction du pays point trop chaotique où l’ONU jouera, cette fois-ci, pleinement son rôle.

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Une nuit de Novembre 2000, les citoyens américains avaient le choix :

- A ma gauche, Al Gore, candidat démocrate, successeur désigné de Bill Clinton, il avait commis une campagne terne, ne parvenant jamais à mettre suffisament en avant le bilan qui avait permis à l’Amérique de vivre dans une relative prospérité pendant les 8 dernières années, préférant ne pas trop s’afficher auprès de son mentor qui avait été éclaboussé par le scandale des affaires Paula Jones et Monica Lewinsky. Il faut dire que celui qu’il avait choisi pour éventuel vice-président, Lieberman, se gargariser de valeurs morales empâtées dans la madeleine religieuse. Donnant l’impression d’être trop distant par rapport à ses concitoyens, d’un manque de charisme faisant passer Lionel Jospin pour un orateur hors-pair, ce dernier avait malgré tout de bonnes chances de l’emporter.

- A ma droite, George Walker Bush que les médias français présentaient encore quelques mois avant les présidentielles américaines, comme un relatif modéré au sein du Parti Républicain. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il aurait été désigné pour la course à la Maison Blanche en lieu et place de son frère, Jeb Bush. Et puis, très vite, on s’est rendu compte qu’au contraire de ce leurre, Bush Jr était arrivé à ce stade de la compétition politique pour d’autres raisons. Gouverneur du Texas, il avait souvent su créer dans son Etat un consensus entre les démocrates et les républicains, peu importe son bilan plus que contestable (record des éxecutions pendant son mandat, préoccupations environnementales proches de zéro, système de santé défaillant, développement du niveau éducatif assez piètre par rapport à nombre de ses voisins, etc.). Soutenu par de puissants lobbies (le lobby des armes, le lobby pétro-industriel, la Droite Chrétienne, etc.) et par l’énorme machine républicaine, Bush a renvoyé à l’américain moyen, l’image d’un brave type qui les comprend, n’hésitant pas à haranguer les foules d’un populisme de bonne mesure.

Comme souvent, quasiment la moitié du corps électoral ne s’est pas déplacée aux urnes, laissant la minorité décider entre deux candidats finalement peu satisfants. Et quelle nuit, ah quelle nuit ! Gore en tête, Gore gagne la Floride, bingo ! Il était 4 heures du matin, le suspense semblait évaporé, les jeux étaient faits...
Retournement de situation, l’état de Floride est "on the fence".
A 7h45 du matin, la partie est jouée, Bush l’emporte et il est déjà l’heure de se demander quelles seront les répercussions sur la scène internationale. Mais ô miracle, à 8h, nouveau renversement, Gore refuse sa défaite, le décompte en Floride est à refaire, l’espoir renait !
On connait la suite, des tumultes judiciaires au recompte et re-recompte des voix jusqu’à la décision de la Cour Suprême accordant de manière litigieuse la victoire à George Walker Bush.
L’amérique ultra-conservatrice au pouvoir avec encore à l’époque, le Sénat restant aux mains des démocrates.

Nous étions à l’époque peu attentifs à l’influence des néo-conservateurs sur le nouveau gouvernement qu’allait formé avec l’aide de ses conseillers l’homme fort de Washington, on craignait une politique isolationniste de la part des Etats-Unis.
Gore, celui dont personne ne voulait vraiment mais quitte à choisir, autant prendre "the lesser of the two evils", finissait donc au bord de la route, tout en ayant gagné le vote populaire.

Bush fut égal à ce que l’on attendait de lui. Refus de signer le protocole de Kyoto, refus de ratifier le traité de la CPI, peu intéressé par les problèmes internationaux, se désengageant du processus initié par Bill Clinton sur le conflit israélo-palestinien, apportant même une solidarité sans faille à Ariel Sharon, premier ministre israélien élu peu de temps après lui, nous sommes nombreux à avoir eu notre idée confirmée d’un président médiocre, aux compétences douteuses et sans fondement légitime.

Puis, est intervenu le choc du 11 septembre 2001, l’Amérique touchée en plein coeur, l’Amérique à terre se découvrant vulnérable. Quelle stature allait prendre dans ces conditions tragiques George Walker Bush ?
Après une première réaction lamentablement bredouillante, il a pris la carrure d’un vrai chef d’Etat. Mieux encore, il a revêtu plus ou moins dignement les habits du leader de la première puissance mondiale. Oublions les prémices d’un langage emprunt de bigoterie (cette fameuse "croisade" qu’il évoqua quelques jours après le 11 Septembre), Les Etats-Unis approuvés par une large coalition, décidèrent de frapper le pays qui hébergeait le commanditaire de ces attentats, l’Afghanistan.

Au contraire de certains prévisions apocalyptiques, la première phase de la guerre se déroula rapidement, en épargnant malgré les bavures, le trop de dommages civils. Certes, Ben Laden courrait toujours ainsi que le Mollah Omar mais les talibans étaient délogés de Kaboul et la grande Amérique, ainsi partiellement vengée.

le 20/03/2003
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