Deux cent mille. Et ce chiffre mérite d’être regardé pour ce qu’il est, parce qu’il n’est pas le résultat d’une campagne publicitaire massive, d’un budget marketing, d’une agence de communication, d’un rachat de trafic ou d’une armée de community managers.
Le Mague n’a rien acheté. Pas de publicité pour faire venir les lecteurs. Pas d’investissement spectaculaire. Pas de stratégie industrielle. Pas de levée de fonds.
Pas de patron milliardaire. Seulement du travail. Beaucoup de travail. Tous les jours.
Depuis plus de vingt ans.
Le principe reste presque archaïque à l’heure des plateformes, des algorithmes et des contenus fabriqués à la chaîne : regarder le monde, lire, chercher, écrire, publier, recommencer.
Suivre l’actualité sans courir derrière elle.
Parler de culture sans la transformer en produit.
Défendre l’art sans demander la permission.
S’intéresser aussi bien à un film oublié, une exposition, une polémique, un artiste inconnu, une absurdité politique, une histoire improbable découverte à l’autre bout du monde ou à quelqu’un dont personne ne parle encore.
Cette curiosité permanente est probablement la véritable ligne éditoriale du Mague.
Une ligne parfois bordélique, parfois excessive, parfois imprévisible, mais vivante.
Et surtout indépendante.
Atteindre aujourd’hui 200 000 visiteurs uniques avec ce fonctionnement tient presque de l’anomalie.
Dans un paysage où la visibilité semble devoir s’acheter, où les médias dépensent des fortunes pour conquérir quelques secondes d’attention, un site indépendant peut encore provoquer un rendez-vous avec des centaines de milliers de lecteurs simplement parce qu’il publie, cherche, observe et travaille.
Il y a évidemment les moteurs de recherche.
Il y a les réseaux sociaux.
Il y a les habitudes des lecteurs.
Mais derrière tout cela, il y a surtout une chose impossible à automatiser complètement : l’énergie.
Cette énergie folle qui consiste à ouvrir chaque matin une fenêtre sur le monde et à se demander :
Qu’est-ce qui mérite aujourd’hui d’être raconté ?
Certaines journées donnent naissance à trois articles.
D’autres à dix.
Parfois davantage.
Culture, cinéma, société, photographie, musique, littérature, insolite, actualité internationale, portraits, coups de gueule ou découvertes.
Tout peut entrer dans Le Mague à condition de provoquer quelque chose.
Une curiosité.
Une colère.
Un sourire.
Une émotion.
Une question.
C’est sans doute pour cela que les lecteurs continuent à venir.
Le Mague n’a jamais essayé de devenir un média comme les autres.
Et vingt-trois ans après sa création, c’est probablement sa meilleure décision.
Alors oui.
200 000 visiteurs uniques ce mois-ci.
On peut écrire que ce n’est qu’un chiffre.
Mais nous préférons y voir 200 000 preuves qu’un média indépendant, artisanal, passionné et obstiné peut encore trouver sa place sur Internet.
Sans publicité pour acheter son audience.
Sans investisseurs.
Sans plan marketing génial.
Avec simplement une connexion Internet, beaucoup trop de café, une curiosité maladive et cette envie intacte de publier quelque chose aujourd’hui que vous n’auriez peut-être lu nulle part ailleurs.
Demain, le compteur retombera peut-être.
Ou il continuera de grimper.
Ce n’est finalement pas le plus important.
Le véritable luxe est ailleurs.
Le Mague est toujours là.
Libre.
Indépendant.
Curieux.
Et manifestement, vous êtes encore très nombreux à venir le lire.
Alors pour une fois, permettez-nous de nous applaudir un peu.
On recommence demain.
