Les Gens

Mimie Mathy ne peut plus marcher : après une vie à défier sa différence, son corps lui impose ses limites

🌍 READ THIS ARTICLE IN ENGLISH →
Mimie Mathy ne peut plus marcher : après une vie à défier sa différence, son corps lui impose ses limites

À 69 ans, Mimie Mathy affronte sans doute l’une des épreuves les plus difficiles de son existence. Celle qui, pendant plus de quarante ans, a transformé sa petite taille en force, en humour et en formidable outil de liberté ne peut désormais plus marcher et se déplace en fauteuil roulant. Mais si son corps lui impose aujourd’hui de nouvelles limites, la comédienne refuse que celles-ci deviennent celles de sa vie.

🎧 Écouter cet article
Cliquez sur « Lire » pour écouter l’article.

Elle avait déjà inquiété le public en apparaissant en fauteuil roulant lors du spectacle des Enfoirés en 2025. À l’époque, elle avait évoqué une faiblesse dans les jambes et la nécessité d’économiser ses déplacements. Depuis, la situation s’est aggravée.

En juin 2026, Mimie Mathy avait fini par mettre des mots très simples sur cette nouvelle réalité : elle expliquait ne plus marcher, avant de préciser qu’elle éprouvait désormais de très grandes difficultés à le faire. Ce 28 août, TF1 va plus loin en annonçant le portrait que lui consacrera Audrey Crespo-Mara dans Sept à Huit : la comédienne « ne peut désormais plus marcher » et se déplace en fauteuil roulant.

Une différence qu’elle avait décidé de ne jamais subir

Pour mesurer ce que représente aujourd’hui cette perte d’autonomie, il faut se souvenir du parcours de Mimie Mathy.

Née Michèle Mathy à Lyon le 8 juillet 1957, elle est atteinte d’achondroplasie. Très tôt, elle décide pourtant que sa différence physique ne sera ni une identité complète, ni un obstacle professionnel.

À la fin des années 1970, elle passe par l’atelier artistique de Michel Fugain. Puis viennent les années du Petit Théâtre de Bouvard, formidable pépinière d’humoristes où elle croise notamment Michèle Bernier et Isabelle de Botton.

Avec elles, elle forme le trio Les Filles. Le public découvre alors une Mimie Mathy rapide, drôle, insolente, parfaitement capable de jouer de son physique sans jamais accepter d’être réduite à celui-ci. Elle enchaîne les spectacles, dont Mimie en quête d’hauteur, titre qui résume déjà toute sa manière de faire : prendre ce que les autres pourraient considérer comme une faiblesse et le retourner avec humour.

Puis arrive Joséphine

En 1997, la télévision française lui offre le rôle qui va changer définitivement sa carrière : Joséphine Delamarre dans Joséphine, ange gardien.

Le personnage aurait pu n’être qu’une curiosité télévisuelle. Il devient un phénomène populaire.

Pendant près de trente ans, Mimie Mathy entre régulièrement dans des millions de foyers français. Joséphine écoute, répare, réconcilie, fait apparaître ou disparaître les problèmes d’un claquement de doigts.

À certaines périodes, les audiences sont gigantesques. En octobre 2005, un épisode rassemble plus de neuf millions de téléspectateurs. Même les rediffusions peuvent dépasser sept millions de personnes quelques années plus tard. Une longévité devenue rarissime à la télévision française.

Mimie Mathy n’est alors plus seulement une actrice populaire. Elle devient presque un membre éloigné de la famille pour plusieurs générations de téléspectateurs.

Les Enfoirés, la scène, les spectacles

Il y aura aussi les spectacles en solo, les téléfilms, les chansons, les apparitions et surtout les Enfoirés.

Présente pendant des années aux côtés des artistes mobilisés pour les Restos du Cœur, elle devient même marraine de la troupe en 2008. Là encore, son énergie semble longtemps contredire tout ce que son corps pourrait théoriquement lui interdire.

Et c’est peut-être précisément pour cela que la voir aujourd’hui en fauteuil provoque une émotion particulière.

Parce que Mimie Mathy a passé sa vie à donner l’impression qu’elle pourrait toujours négocier avec les contraintes physiques.

Cette fois, le corps ne négocie plus.

« Une différence mécanique »

Elle a trouvé elle-même une formule particulièrement juste.

Pendant son enfance et une grande partie de sa vie, expliquait-elle récemment, sa différence était essentiellement « visuelle ». Aujourd’hui, elle est devenue « mécanique ».

Ce qui était vu par les autres devient quelque chose qu’elle doit physiquement affronter chaque jour.

Pour une femme qui revendique depuis toujours son indépendance, accepter le fauteuil n’a évidemment rien d’anodin. Mimie Mathy ne le cache pas : cette perte de mobilité est difficile à accepter.

Mais le plus intéressant est peut-être ce qu’elle refuse d’en déduire.

Fauteuil ne signifie pas retraite.

Dépendance physique ne signifie pas disparition.

Elle veut continuer à tourner

Mimie Mathy l’a déjà annoncé : elle veut continuer à tourner, écrire, voyager et avoir des projets.

Même Joséphine, ange gardien pourrait s’adapter à sa nouvelle mobilité. Avec une ironie qui lui ressemble, la comédienne a d’ailleurs rappelé l’avantage considérable de son personnage : Joséphine peut se déplacer en claquant des doigts.

Elle envisage également un nouveau spectacle dans lequel le fauteuil serait assumé et intégré.

C’est peut-être là que se trouve la suite de son histoire.

Non pas faire comme si rien n’avait changé.

Mais faire avec ce qui a changé.

Quand le corps lâche, reste tout le reste

Il serait facile d’écrire l’histoire triste d’une comédienne immensément populaire aujourd’hui rattrapée par son corps.

Ce serait surtout incomplet.

Car Mimie Mathy demeure Mimie Mathy.

Le fauteuil change ses déplacements. Il ne supprime ni son humour, ni son intelligence, ni son métier, ni son envie de créer.

Durant toute sa carrière, elle aura combattu une idée particulièrement tenace : celle selon laquelle un corps différent déterminerait nécessairement la vie que l’on peut mener.

À 69 ans, le combat change de forme.

Elle ne peut désormais plus marcher.

Mais elle n’a manifestement aucune intention de s’arrêter.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Facebook X Threads Copier pour Instagram Copier le lien Envoyer par mail
Instagram : lien à coller

Pour une story, une bio ou un message privé : copiez ce lien propre vers l’article.

Instagram ne permet pas toujours le partage direct d’une page web : ce bouton prépare le lien à coller en story, bio ou message.
Continuer sur Le Mague

À lire aussi sur Le Mague

Les plus lus en ce moment