Art of Juliette

Ce qui répond.

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Ce qui répond.

« La proximité ne garantit aucune rencontre. »

Que rencontrons-nous réellement lorsque nous rencontrons quelqu’un ?
Un corps, une voix, un visage suffisent-ils à assurer une présence ? Peut-on rester tout près de quelqu’un et ne plus parvenir à l’atteindre ? Que devient alors le geste qui continue de se tendre vers l’autre ?

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Ce qui me fait souffrir n’est peut-être pas
le mensonge.

Pas vraiment.

Ce qui me fait souffrir, c’est l’absence.

Cette expérience étrange : sentir quelqu’un
devant soi et pourtant ne plus le trouver.

Le voir, entendre sa voix, reconnaître son
visage, et sentir malgré tout qu’une porte s’est
refermée quelque part à l’intérieur.

La personne est là.

Mais elle n’est plus accessible.

Je n’ai jamais eu peur des êtres blessés.

Je n’ai jamais eu peur des êtres compliqués.

Je n’ai jamais eu peur des conflits.

La colère, la tristesse, la déception ne me font pas
fuir. Une vérité douloureuse peut être traversée.

Mais j’ai du mal à supporter de ne plus savoir
où se trouve l’autre.

De sentir sa présence tout près et pourtant de
ne plus pouvoir la rejoindre.

Alors je cherche.

Je pose des questions.

Je nomme ce que je vois.

Je tente d’éclairer.

Et souvent on croit que je cherche à
avoir raison.

Que je cherche à corriger.
Que je cherche à convaincre.

Mais ce n’est pas cela.

Je cherche la personne.

Ce qui peut encore répondre derrière ce
qu’elle montre.

Je ne cherche pas à tout savoir d’elle.

Je cherche à pouvoir la rejoindre.

Je ne sais pas aimer un personnage.

Je ne sais pas aimer une image.

Une représentation peut être parfaite et ne laisser
pourtant personne à rencontrer.

Alors parfois on me dit que je suis exigeante.

Peut-être.

Mais mon exigence n’a jamais porté sur la
perfection.

Elle porte sur l’existence.

Lorsque l’absence devient trop douloureuse, il me
reste le dessin.

Je trace.

Quelque chose apparaît.

La ligne ne remplace personne.

Elle donne au manque une inscription.

Mon geste, au moins, rencontre quelque chose.

Peu importe. Je peux aimer tout cela.

Je peux traverser tout cela.

Mais il faut que tu sois là.

Vraiment là.

Parce qu’au fond, je crois que ma plus grande
peur n’est ni le rejet, ni la solitude, ni même la
perte.

Ma plus grande peur est plus discrète.

C’est de tendre la main vers quelqu’un que
j’aime et de ne rencontrer que son absence.

Une vérité douloureuse laisse encore quelque
chose avec quoi vivre.

L’absence ne répond pas.

Mais je ne sais pas quoi faire de l’absence.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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