Avant le dessin.
Avant les mots.
Il y a une présence.
Je ne sais ni la définir, ni la retenir.
Je sais seulement qu’elle insiste.
Elle ne vient pas de ma tête seule.
Ni de ma main.
Elle traverse tout le corps .
Elle demande une forme.
Alors je dessine.
Ou j’écris.
Je ne choisis pas.
J’écoute.
Parfois, une phrase ouvre un espace que le
dessin poursuivra.
Ils ne se remplacent jamais.
Ils se prolongent.
Je ne dessine pas ce que je vais écrire.
Je n’écris pas ce que j’ai dessiné.
Je tente, chaque fois, d’approcher la
même présence.
Le dessin lui donne un silence.
L’écriture lui donne un rythme.
Tous deux cherchent la même justesse.
Créer n’est pas produire un objet.
C’est permettre à l’invisible de prendre corps
sans cesser d’être un mystère.
Un livre est cette tentative.
Un dessin aussi.
Deux formes.
Un même souffle.
Peut-être est-ce cela, mon travail.
Sculpter l’invisible.
Jusqu’à ce qu’il devienne, pour un instant,
partageable.
