Le bâtiment est déjà fermé avant que
j’y entre.
Son nom se perd parmi d’autres.
Du béton.
Des vitres.
Des portes.
Encore des portes.
Je marche.
Le vent me fouette le visage.
Le ciel est bas.
Je regarde.
Je cherche.
Je mémorise.
Je n’ai jamais su lire une carte.
Je retrouve mon chemin autrement.
Une ligne de toit.
Une ombre.
Une fenêtre.
Une percée de lumière.
Le monde se laisse d’habitude dessiner.
Ici, il refuse.
Les murs interrompent le regard.
Les couloirs se ressemblent.
Les vitres arrêtent la lumière.
L’espace ne s’ouvre jamais.
L’ascenseur se referme.
Le métal grince.
Les parois se rapprochent.
Je manque d’air.
Je n’avais plus rien à dessiner.
Une image apparaît.
Les compressions de César.
Le métal n’a pas disparu.
Il a perdu l’espace qu’il contenait.
Une phrase me revient.
« Mes compressions parlent de destruction,
mais aussi de renaissance. »
Je reste immobile.
Je respire.
Peut-être suffit-il de retrouver une ligne.
Une seule.
Assez simple pour que le regard recommence
à dessiner le monde.
Je pousse la dernière porte.
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