« Il existe des exclusions qui ne ferment pas seulement une porte.
Elles ébranlent le droit même de continuer à vivre. »
Il est des absences qui ne relèvent pas uniquement du deuil. Lorsqu’une personne a le sentiment d’être tenue à l’écart du dernier moment partagé avec un être aimé, cette absence peut devenir une condamnation intérieure. Ce texte raconte cette expérience de l’exclusion et la question qu’elle laisse derrière elle.
Ma mère est morte sans moi.
Je n’ai pas été auprès d’elle pour l’accompagner jusqu’à la fin.
Cette absence est devenue, en moi, une condamnation.
Ai-je encore le droit de continuer à vivre ?
J’ai vécu ce rejet comme une ultime violence.
Une sanction.
Une exclusion.
Le sentiment d’être rayée de ma propre famille.
Ma soeur a fait barrage.
Ma mère est partie sans moi.
Les autres ont suivi.
Le silence.
La peur.
La fidélité.
Je suis devenue la mauvaise fille.
Celle qui n’a pas su se taire.
Celle qui n’a pas su se plier.
Celle qui n’a pas correspondu à ce qui était attendu d’elle.
Il ne restait plus de place pour moi.
Comment continuer à vivre en se sentant tuée ?
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« La dernière porte. »
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