À force d’entendre les mêmes mots, j’ai fini par croire qu’ils disaient vrai.
Je me croyais responsable de son malheur.
Et je lui en voulais de ne pas m’avoir acceptée telle que j’étais.
Une question revenait sans cesse.
Qu’est-ce qui n’allait pas en moi ?
Pourquoi ne comprenais-je pas le monde comme elle semblait le comprendre ?
Pourquoi chacune de mes réactions était-elle si souvent rejetée ?
Pourquoi fallait-il toujours me corriger ?
Puis leș mots sont devenus une voix.
Détestable.
Egoïste.
Exécrable.
À côté de la plaque.
Inconsciente.
Idiote.
Froide.
Hautaine.
Superficielle.
Sans coeur.
À force de les entendre, j’ai fini par croire qu’ils disaient vrai.
Je me regardais avec leurs yeux.
Je pensais avec leurs mots.
Je jugeais ma vie avec leurs critères.
Alors je me suis demandé pourquoi je n’avais pas été capable de me plier à ses ordres,
à ses menaces,
à ses manipulations,
menées avec ma soeur, simplement pour conserver un lien.
Ou ce qui lui ressemblait.
