Je me prépare une infusion coco-vanille.
Un peu de douceur pour moi.
Trois dessins aujourd’hui.
Un orange.
Un vert.
Un bleu.
Trois dessins lumineux.
Trois talismans de vie.
Le vide.
La solitude.
Le vertige.
Le fond.
C’est souvent à partir de là que mon élan de création commence.
Quand la douleur traverse tout mon corps,
des pieds jusqu’au cerveau,
ce n’est plus la volonté qui agit.
C’est la discipline qui prend doucement le relais.
Elle me conduit jusqu’au dessin.
Le froid humide est dehors.
Je le reconnais aussi à l’intérieur de moi.
Je sais pourtant qu’il y aura des jours meilleurs.
En attendant, il suffit de traverser celui-ci.
Je porte.
Je soulève.
Je demeure.
Je suis parfois en dehors du monde.
Et pourtant profondément ancrée à la terre.
Ancrée au ciel.
Mozart est avec moi.
Sa musique est une matière invisible.
Une forme.
Une couleur.
Chaque note traverse mon sternum.
Elle se diffuse dans tout mon corps comme une vapeur rose.
Une chaleur tendre.
Une présence sans visage.
Un orchestre invisible joue pour moi.
Des amis invisibles.
Ils ne retirent rien à ma douleur.
Mais ils lui offrent un contrepoint.
Et, certains jours, cette harmonie suffit pour continuer à habiter le monde.
