Je pose un vert foncé près d’un vert clair.
Le contraste apparaît.
Je ne le fabrique pas.
Je lui laisse la possibilité d’exister.
C’est la nature qui m’a appris cela.
Je marche souvent sur le même chemin.
Les arbres semblent les mêmes.
Le ciel aussi.
Pourtant, rien ne recommence.
La lumière a déjà changé.
Les couleurs également.
Je reviens pour apprendre à voir ces différences presque invisibles.
Mes dessins suivent le même mouvement.
Ils donnent l’impression de se répéter.
Ils poursuivent pourtant une question qui ne cesse de se transformer.
Chaque feuille répond autrement à la précédente.
Chaque réponse ouvre une nouvelle recherche.
Créer n’est pas produire une image.
Créer, c’est prolonger une observation.
Je recommence le même geste.
Je déplace une intensité.
Une nuance.
Une ligne.
Un rythme.
Parfois presque rien.
Et ce presque rien transforme tout.
La répétition n’est qu’une apparence.
Sous elle, les variations travaillent en silence.
Elles sont infinies.
Comme les décimales de pi.
Je ne cherche pas une oeuvre achevée.
Je cherche une attention qui continue de grandir.
Chaque dessin garde la mémoire du précédent.
Et prépare déjà celui qui viendra.
La nature ne se répète jamais.
Elle varie.
J’essaie simplement d’apprendre son langage.
