J’ai marché lorsque la lumière était à son plus haut.
Le vent soufflait de face.
Chaque pas demandait davantage de corps.
Il passait dans mes oreilles.
Dans mes cheveux.
Dans mon souffle.
J’avançais.
Je n’ai rencontré personne.
Seulement le vent.
Le ciel.
La terre.
Et ce corps qui continuait.
Je ne cherchais plus à lutter.
Le vent ne me barrait pas le chemin.
Il me rappelait simplement que j’étais vivante.
Je sentais mes appuis.
Le poids de mes jambes.
Le rythme de ma respiration.
Chaque pas disait :
Je suis là.
Alors je me suis surprise à sourire.
Pourquoi choisir le vent quand tout invite à s’en protéger ?
Pourquoi quitter l’abri ?
Parce que certaines vérités ne se rencontrent pas dans le confort.
Elles attendent dehors.
Là où le corps ne peut plus tricher.
Le vent enlève ce qui est superflu.
Il ne reste que la présence.
Je comprends alors que rien de durable ne naît d’un seul élan.
Une marche.
Puis une autre.
Un dessin.
Puis un autre.
Chaque geste paraît modeste.
Ensemble, ils transforment une vie.
Je ne marche plus contre le vent.
Je marche avec ce qu’il révèle.
C’est dans cette décision que je retrouve ma liberté.
Je ne choisis pas la tempête.
Je choisis la vie qui s’y révèle.
