Nouvelle page.
Nouveau dessin.
Nouveau voyage.
Laisser venir.
Laisser les couleurs trouver leur chemin.
Le bleu foncé apparaît le premier.
Puis un bleu plus clair.
Presque vert.
L’un entoure l’autre.
Puis ce n’est plus très clair.
Les contours se déplacent.
Les couleurs s’arrangent entre elles.
Autour.
Contour.
Dedans.
Dehors.
Chaque teinte laisse place à l’autre.
Chaque présence laisse à l’autre la possibilité d’apparaître.
Chaque présence rend l’autre davantage visible.
Il y a du respect coloré.
Rien ne cherche à prendre toute la place.
Les couleurs semblent savoir ce que les êtres oublient parfois.
Le bleu clair se diffuse dans le papier.
Sa matière est légère.
Une matière d’eau.
Une matière flottante.
Il ne recouvre pas l’espace.
Il le transforme.
Il avance sans conquérir.
Par endroits, il semble s’évaporer.
Le vert arrive à son tour.
Dense.
Lumineux.
Une fraîcheur d’herbe encore humide.
Sa présence modifie doucement l’ensemble.
Les bleus s’écartent un peu.
Le vert avance.
Puis il s’écarte à son tour.
Une place se crée.
Puis une autre.
Le dessin poursuit son propre mouvement.
Rien ne cherche à dominer.
Les couleurs se répondent.
S’accordent.
Cherchent ensemble une manière d’exister.
Peu à peu, quelque chose se rassemble.
Avant les formes, il y a des rapprochements.
Les formes ne naissent pas d’un seul coup.
Elles apprennent d’abord à vivre ensemble.
Pas encore une forme.
Pas encore une image.
Seulement une présence.
Quelque chose qui commence.
