Parmi ces énigmes figure un monument : Jayce et les Conquérants de la lumière.
Soyons honnêtes. Peu de gens se souviennent réellement de l’intrigue. Un jeune héros, un père disparu, des plantes monstrueuses, un vaisseau spatial, des pouvoirs étranges et une quête intergalactique dont même les enfants les plus attentifs avaient parfois du mal à suivre les détails.
En revanche, tout le monde se souvient du générique.
Dès les premières notes, quelque chose se produisait. Une montée héroïque, une urgence, une promesse d’aventure. Puis cette voix devenue légendaire :
« Va Jayce, conquérant du lointain, recherche ton père… »
Cette introduction était prononcée par Jean Chalopin lui-même, le créateur de la série. Une sorte d’appel au voyage qui précédait l’un des plus grands génériques de l’histoire de la télévision jeunesse française.
La chanson était interprétée par Nick Carr, sur une composition de Haim Saban et Shuki Levy, les deux producteurs qui ont signé une grande partie de la bande-son de notre enfance. À l’époque, personne ne connaissait leurs noms. Pourtant, ils fabriquaient les hymnes qui allaient accompagner toute une génération.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le succès ne fut pas seulement nostalgique. En 1986, le générique de Jayce entre même au Top 50, exploit rarissime pour un dessin animé.
Avec le recul, on réalise que ce générique possédait tout ce que l’époque savait faire de mieux : une mélodie immédiatement mémorisable, des paroles simples mais épiques, et surtout une sincérité totale. Personne n’essayait d’être ironique ou décalé. On croyait réellement à l’aventure.
Aujourd’hui encore, des milliers d’adultes connaissent les paroles par cœur alors qu’ils seraient incapables de raconter précisément le scénario de la série.
C’est peut-être cela, le véritable pouvoir des grands génériques. Ils finissent par devenir plus importants que les œuvres qu’ils annoncent.
Comme Les Mystérieuses Cités d’or, Ulysse 31, Goldorak ou MASK, Jayce et les Conquérants de la lumière appartient désormais à ce patrimoine culturel étrange que l’on partage entre générations. Un morceau de mémoire collective transmis de cour de récréation en cour de récréation.
Et lorsque résonnent les premières notes, nous revoilà soudain enfants.
Le temps d’une chanson.
Le temps d’une conquête de la lumière.
