
En exergue de cette enquête qui nous emmène dans l’univers pluriel du crachat en tous genres, Monestier cite, très judicieusement, cette phrase de Freud « quiconque étudie de telles choses se voit considéré comme à peine moins inconvenant que celui qui fait réellement des choses inconvenantes ».
Fort est de constater que le crachat a mauvaise presse et Monestier peut se vanter d’ouvrir un nouveau pan de l’histoire de la reconnaissance salivaire française.
Avant lui personne n’avait eu l’idée ni le courage ou le vice de se plonger corps et âme dans le crachat sous toutes ses acceptions. Finalement cela vaut mieux car il fallait tout le savoir-faire ce l’auteur pour mener à bien cette enquête fort documenté au cœur de la sécrétion.
Pas de quoi lui cracher à la gueule ou le punir pour cela !
Véritable encyclopédie du crachat avec des photos drôles audacieuses ou historiques, on fait mieux connaissance avec ce thème o combien varié et bourré de sens cachés ou plus visibles.
Avouons-le nous avons tous craché, au moins une fois dans notre vie, n’ayant pas honte d’une chose bien naturelle, même si on se trouve toujousr des excuses. (mauvais goût dans la bouche, sécheresse buccale ou vif énervement...)
(60 pour cent des français avouent être des cracheurs réguliers)
Je crache donc je suis. Je crache ma haine de la société. Nous sommes tous cracheurs devant l’éternel, le crachat peut révéler tellement de secrets intimes (ou de maladie latente). Nous ne sommes pas tous égaux devant le crachat (...) mais quoi qu’il en soit le Crachat fait partie de nos vies, de notre époque, il est un fantasmatique révélateur social.
On apprend par exemple que toutes les corporations ne crachent pas de la même manière. Monestier décode le mollard avec le talent qu’on lui connaît et cela donne un livre-objet vraiment jubilatoire.
Avant de cracher votre violence à la face d’un individu, achetez ce livre, vous apprendrez beaucoup sur vous-même.
Crachez crachez crachez, il en restera toujours quelque chose.
