Politik

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

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Beauville, le 8 mai 2007

Cher Nicolas,

Permets moi de te féliciter pour le superbe résultat que tu as obtenu à l’élection présidentielle. J’en profite pour t’adresser une petite suggestion.

Le 29 mai 2005, les Français se sont prononcés par référendum contre l’adoption du projet de Constitution Européenne, à une majorité de près de 55% des suffrages exprimés. Le 6 mai 2007, ils se sont cette fois prononcés pour ton élection à la Présidence de la République, avec une majorité d’un peu plus de 53% de ces mêmes suffrages.

J’ai appris que tu envisageais d’annuler le choix des Français à propos de la Constitution Européenne, en faisant accepter un traité simplifié par la voie parlementaire. C’est extrêmement rassurant : en effet, crois-tu que tu pourrais mettre en place une supercherie équivalente pour annuler le résultat de ton élection à la Présidence. Ce serait en effet un signe fort d’honnêteté intellectuelle, en même temps que d’humilité. Sans compter qu’à titre personnel, ça me ferait infiniment plaisir.

Promets-moi d’y réfléchir.

Cordialement,

Arno.V

PS : Marius, le chien de mes parents, est mort dans la nuit précédent ton élection. Tout au long de sa vie, j’ai eu à l’égard de cet animal des sentiments variables, voire mitigés. Je constate finalement que c’était un animal d’honneur et de conviction. Paix à son âme.

Re-PS : Dans ce cas précis, n’ait pas peur, PS ne signifie pas Parti Socialiste.

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Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

Par "Nicolas Sarkozy" — 16/05/2007 &pm10Wed, 16 May 2007 22:40:42 +0200pm000Europe/Paris; 22:40

Le 6 mai il n’y a eu qu’une seule victoire, celle de la France qui ne veut pas mourir, qui veut l’ordre mais qui veut aussi le mouvement, qui veut le progrès mais qui veut la fraternité, qui veut l’efficacité mais qui veut la justice, qui veut l’identité mais qui veut l’ouverture.
Le 6 mai il n’y a eu qu’un seul vainqueur, le peuple français qui ne veut pas renoncer, qui ne veut pas se laisser enfermer dans l’immobilisme et dans le conservatisme, qui ne veut plus que l’on décide à sa place, que l’on pense à sa place.
Eh bien, à cette France qui veut continuer à vivre, à ce peuple qui ne veut pas renoncer, qui méritent notre amour et notre respect, je veux dire ma détermination à ne pas les décevoir.

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Ma première décision de président

Par "Nicolas Sarkozy" — 16/05/2007 &pm9Wed, 16 May 2007 21:53:51 +0200pm000Europe/Paris; 21:53

Ma première décision de président sera de faire lire chaque année dans tous les lycées la dernière lettre du jeune résistant Guy Môquet, fusillé à 17 ans en 1941.
Voici le contenu de cette lettre.

"Ma petite maman chérie,

mon tout petit frère adoré,

mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

Guy

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

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Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

Par arno.v — 09/05/2007 &am1Wed, 09 May 2007 01:47:24 +0200am000Europe/Paris; 01:47

J’apprécie votre ouverture d’esprit, propre aux valeurs que vous défendez. Jusqu’à aujourd’hui, il me semble que je peux encore utiliser ma liberté d’expression. Si cela vous indispose, en revanche, rien ne vous oblige à me lire.

D’autre part, vous ne me renseignez pas sur le programme de sarko, mais dans une frénésie de copié-collé, vous reproduisez des pans entiers de ses discours, subtilement écrits par de savants conseillers en communication, et que vous buvez comme du petit lait.

Ensuite, je vous trouve bien présomptueux de considérer que je ne connais rien de ce programme, puisque vous même ne savez rien de moi, et que vous seriez bien en peine de trouver dans mes articles une authentique contre-vérité. Nos points de vue et nos interprétations divergent sans doute, mais ça ne vous autorise pas pour autant à parler de méconnaissance.

Enfin, et puisque vous ne semblez pas l’avoir compris, j’ai décidé d’utiliser la forme de la lettre ouverte pour aborder l’actualité avec décalage et légèreté. Je suis au regret de vous apprendre que la dérision, comme la caricature, sont également des outils du débat démocratique, bien plus que votre très intolérant "parlez du fond ou ne parlez plus". Si l’on distingue le fond de la forme, très cher, c’est précisément parce qu’un même sujet peut être abordé par une infinité d’approches différentes.

N’étant pas, comme vous l’avez deviné, un sarkozyste convaincu, je me suis donc permis un petit parallèle entre le référendum de 2005 et l’élection de 2007, pour suggérer d’en annuler le résultat. Au risque de vous surprendre par ma grande lucidité, je pense que ça n’arrivera pas...

ça s’appelle de l’humour... Vous m’en avez l’air terriblement dépourvu...

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Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

Par "Nicolas Sarkozy" — 08/05/2007 &pm5Tue, 08 May 2007 17:17:54 +0200pm000Europe/Paris; 17:17

Je suis un européen convaincu. Je sais jusque dans ma propre histoire ce qu’il en a coûté l’Europe d’être divisé. Mais je n’ai pas dit ou à la construction européenne tout au long des ces années pour avoir l’Europe que nous avons aujourd’hui. L’Europe ne doit pas être le cheval de Troie d’une mondialisation réduite à la circulation des capitaux et des marchandises, mais doit au contraire protéger ses peuples dans la mondialisation.
L’Europe est d’abord une grande culture. Elle doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers. Elle doit défendre les droits de l’homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité, la protection de la nature. L’Europe doit ensuite préserver les intérêts de ses peuples. Je réhabiliterai la préférence communautaire, c’est-à-dire le droit pour l’Europe, lorsque c’est son intérêts, notamment à l’OMC, de préférer et donc de protéger ses produits, ses entreprises, ses marchés. L’Europe ne doit pas se résigner aux délocalisations, mais au contraire tout faire pour que l’activité se localise en Europe. C’est ce que nous ont dit ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution. C’est un fait politique. Je veux dire que je les ai entendus.
Enfin l’Europe doit nous permettre de faire à plusieurs ce que seuls nous faisons moins bien : notamment la politique migratoire et le développement, la politique industrielle et la recherche, le développement durable. Je soutiendrai la PAC car elle est la condition de l’indépendance alimentaire de toute l’Europe. Nous avons fait l’Europe pour exprimer une volonté commune, pas pour organiser notre renoncement collectif.
Pour toutes ces raisons, je veux que l’Europe ait des frontières, je veux que l’Europe ait des frontières et je m’opposerai à l’entré de la Turquie. J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié limité aux questions institutionnelles que nuls n’a contesté pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 états membres. La question de réécriture d’un texte plus globale, scellant la dimension fondamentale politique de l’Europe, se posera dans un second temps.

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