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Trois vidéos, une chanson, une Panthère rose : comment mes images ont traversé les frontières et ont fait des millions de vues

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Il suffit parfois de trois vidéos pour que des images échappent à leur créateur et commencent à vivre leur propre vie. Une chanson, une Panthère rose sous les canons à eau, une jeunesse qui refuse de se taire : mes dernières créations ont rencontré un écho qui dépasse largement le cadre dans lequel elles sont nées.

Je m’appelle Frédéric Vignale. Je suis photographe, réalisateur, et depuis toujours, je crois davantage à la puissance d’une image qu’aux longs discours. Ces derniers jours, trois de mes vidéos publiées sur Instagram ont suscité un engouement inattendu. Trois propositions artistiques différentes, mais traversées par une même conviction : l’art peut raconter son époque avec de la poésie, de l’humour et parfois une bonne dose d’insolence.

Il y a d’abord la chanson, *On est là et on ne se taira pas*. Une création portée par l’énergie de la jeunesse, ses colères, ses espoirs et cette formidable capacité à transformer une protestation en quelque chose de collectif. Une chanson qui ne cherche pas à donner des leçons, mais à faire entendre des voix. Celles d’une génération que l’on accuse souvent de ne plus s’intéresser à rien, alors qu’elle semble précisément décidée à ne plus se laisser raconter son avenir par les autres.

Et puis il y a la Panthère rose. Cette figure délicieusement absurde, surgissant dans un univers de manifestations et de canons à eau. Le contraste est presque surréaliste. D’un côté, l’arsenal du maintien de l’ordre. De l’autre, un personnage qui appartient à notre imaginaire collectif, avec son élégance nonchalante et son humour silencieux. Une confrontation entre la légèreté et la force, entre le burlesque et la tension politique.

C’est peut-être là que se trouve une partie de l’explication de cet engouement. Nous vivons dans une époque saturée d’images violentes, de commentaires agressifs et de discours définitifs. Alors, lorsqu’une image emprunte un chemin inattendu, lorsqu’elle fait sourire tout en invitant à réfléchir, elle peut toucher des gens qui ne parlent pas la même langue et ne partagent pas nécessairement les mêmes opinions.

Ces trois vidéos participent d’une même démarche. Je ne cherche pas à reproduire le réel comme le ferait un simple reportage. Je cherche à le déplacer, à le transformer, parfois à le rendre absurde pour mieux révéler ce qu’il raconte de nous.

Les réseaux sociaux ont cette particularité fascinante et parfois déroutante : une création réalisée dans une solitude presque artisanale peut soudain rencontrer une foule immense. On fabrique des images devant un écran, puis elles commencent à circuler, à être commentées, partagées, interprétées. Elles ne nous appartiennent déjà plus tout à fait.

Ce qui m’intéresse dans cette aventure n’est pas seulement le nombre de vues. Les chiffres sont agréables, évidemment. Je ne vais pas jouer les artistes faussement détachés qui prétendent ne jamais regarder leurs statistiques. Mais le plus passionnant reste cette possibilité de faire voyager une idée au-delà de son point de départ.

Une chanson peut devenir un cri collectif. Une Panthère rose peut se transformer en symbole d’irrévérence. Une vidéo de quelques secondes peut parfois exprimer ce qu’un éditorial de trois pages peine à faire comprendre.

Je crois profondément à cette liberté de création. À la possibilité de mélanger les genres, de convoquer la fiction dans l’actualité, de faire dialoguer l’humour et la gravité. Le cinéma n’a pas nécessairement besoin de gros budgets, de plateaux gigantesques ou de producteurs en costume pour exister. Il lui faut d’abord un regard, une idée et quelque chose à raconter.

Après des années passées à photographier, écrire et réaliser, je découvre encore cette sensation merveilleuse : celle de lancer une image dans le monde sans savoir jusqu’où elle ira.

Trois vidéos. Une chanson. Une Panthère rose. Des canons à eau. Et, derrière tout cela, une idée finalement très simple : on peut encore faire du bruit sans renoncer à la poésie.

Instagram @fredericvignale

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