Camille Amouro
Coincé entre deux pierres librement jetées dans la nature comme les cuisses d’une femme aux ébats, le lieu où ma mère attendait une voiture pour l’amener à Natitingou était situé à Boukombé, près de la frontière du Togo.
Je devais naître en ville, avec tous les honneurs dus à mon rang. Mais le magnétisme de ce lieu était empreint d’une fascination à laquelle je n’ai pu résister. Mes parents n’avaient pas demandé mon avis. Pourquoi devrais-je donc demander le leur ? J’ai traversé la savane prise entre rochers pour voir rapidement ce qui se passe de ce côté-ci de la vie. Et j¹ai crié.
C’était en 1963. Depuis, je n’ai pas arrêté de traverser, regarder et crier.
J’ai souvent pensé ma naissance. Je n’ai jamais réussi à intégrer l’image de ma mort. Et puisque je sais ma naissance, quelque chose me dit que j’existe malgré mon nombril enterré entre cette gigantesque paire de pierres. Même si rien ne me le disait, je le ferais savoir tout de même. C’est tout. Passez !
Il n’y a rien d’autre à gratter en moi !
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