Lubat, on ne peut le comprendre, l’apprivoiser ou l’apprécier qu’en live, sur scène, dans l’arène, face à la foule qui jubile, applaudit ou reste coi.
Lubat ne chante pas, il récite, il module, il crie, il oralise, il s’amuse des sons, des rythmes et des codes.
Entre le délire récréatif d’un conservatoire fabuleux ou le terrain sublime de l’expérience, Lubat trace un fil invisible entre nous et un imaginaire immense, futile et profond. Nous sommes dans la fêlure, sur la corde raide de la création. Le musicien est un captateur, un gesticulateur, un gouailleur avec l’accent de son sud ouest.
Occitan, excitant, dérangeant, Bernard Lubat casse toutes les harmonies, prends les pianos à l’envers, rue dans les brancards de la création.
Lubat ne fait pas spectacle, il est Spectacle. Funambule tour à tout pataud ou aérien, rigolard ou cynique, son univers de détournement vaut tous les détours du style.
Numéro à un seul musicien, multiface, multicien, Bernard Lubat est le dernier de sa race, adolescent attardé qui jouerait pour les initiés et le peuple dans une cacophonie dégrénée et réjouissante.
