Née en 1961 à Neuilly-sur-Seine de l’union de Joël de Rosnay – né à Maurice d’un père français, né
lui aussi à Maurice, et d’une mère russe – avec une Anglaise, née à Rome, l’administration française semble l’avoir classée dans la liste des apatrides.
La quadragénaire a fait cette découverte lorsqu’elle s’est rendue à la mairie du XIVe arrondissement, à Paris, pour renouveler son passeport afin de se rendre aux états-Unis pour assister au tournage d’un film, tiré de son roman Elle s’appelait Sarah.
Tatiana de Rosnay se voit alors invitée à faire une demande de certificat de nationalité. Elle n’y comprend rien, étant née en France, de parents français… Et surtout qu’elle a toujours eu une carte d’identité française. « On m’a dit que, selon les nouvelles lois, toute personne née en France de parents français, mais nés à l’étranger, doit prouver sa nationalité », confie-t-elle à Rue 89.
Selon la nouvelle interprétation de la loi, elle n’est donc pas tout à fait française, son père ayant vu le jour à Maurice et sa mère étant devenue française après leur mariage. « Je signale alors que mon mari, lui, est Français. On me répond que mon mariage est trop récent (1987) pour que j’aie pu être Française en me mariant », enchaîne Tatiana de Rosnay.
Pour prouver sa nationalité, elle doit ainsi rassembler des documents qui remontent à deux générations.
Rue 89 ironise sur le fait qu’on ait demandé à la quadragénaire de prouver qu’elle n’est pas étrangère. Alors que son roman a raflé des prix. Tatiana de Rosnay est amère car toutes ces procédures rendent caduc son voyage aux états-Unis. Elle ne pourra voir l’actrice Kristin Scott Thomas endosser le rôle de l’héroïne de son livre.
