Ce livre de photographies est un joyeux pêle-mêle retraçant la vie de -M- et la naissance d’une de ses œuvres, son dernier disque. On y voit un artiste, un gros chat noir, des cigarettes fumantes, une bande de copains, un homme nu jouant de la batterie, beaucoup de guitares, des zigouigouis techniques de studio et un meuble en bois ciré, des couleurs dites « actuelles », du noir et blanc qui ne l’est pas moins et un fou chantant (mais bien vivant) au regard très souvent concentré. Quelques phrases, citations, pensées ou vérités ponctuent le livre de-ci, de-là : « Les limites du « Je » me rassurent », « Ce petit chat a disparu durant l’enregistrement. Je miaule ma tristesse et mon amitié » Certains les verront inutiles ou superflues, je les considère personnellement comme des relais-étapes aux photographies : nul n’est censé s’y arrêter, mais une pause textuelle fait souvent du bien. Pour clore ce débat que l’on imagine passionné, gageons qu’au final chacun prendra ces petits textes comme il le veut, car après tout c’est celui qui paie qui décide.
Quant au photographe, Claude Gassian, le dossier de presse exploite la veine du dithyrambe : « les plus célèbres », « les plus prisés », « immense talent », « très rares », « stars les plus élitistes »… Nous avons là la confirmation que l’euphémisme n’est pas l’une des qualités requises au difficile métier d’attaché(e) de presse. Est-il alors nécessaire d’en rajouter ? Oui ! L’on pourrait aussi dire que les photos de Claude Gassian sont simples et belles, qu’il a su construire un livre de photographies qui se lit comme un livre tout court et qu’il a réussi son pari : capter sur pellicule les diverses facettes de la planète -M-. Car, si besoin en était, la lecture de ce livre nous confirme que -M- est pluriel,… d’un pluriel bien singulier ! Et c’est ce que l’on aime chez -M-.
-M- quidenousdeux
matthieuchédid & claudegassian
Editions Flammarion
246 pages, 29,90€, 17x23
