Nous sommes tous des « anarcho-autonomes »

Nous sommes tous des « anarcho-autonomes »

Coincé entre la crise et la montée des mécontentements, le pouvoir a peur du noir. La parano s’installe. La chasse à « l’anarcho-autonome », espèce en voie d’apparition, est ouverte. Qu’on se le dise.

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Avec un déploiement policier hors du commun, avec la complicité de journalistes embarqués, une incroyable intox a pris corps depuis le 11 novembre. Malgré les gros moyens politico-médiatiques mis en œuvre, le novlangue alliomariste ne pourra pas abuser longtemps les braves citoyens qui en ont marre qu’on les prenne pour des niais.

Piétinant allègrement la présomption d’innocence, cultivant tous les clichés, les calomnies et les mensonges, tout a été dit pour faire déborder la mayonnaise. Sus à l’ennemi intérieur, à « l’ultra gauche mouvance anarcho-autonome », à « l’association de malfaiteurs », aux « anarchistes de gauche », aux « commandos terroristes ». N’ayons pas peur des mots ! Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, assure presque scientifiquement que les « ultras » vont passer à l’attaque à cause du déclin du PCF... Scénario catastrophe pour accros du 20 heures tendance « La France a peur ».

Serviles, les médias lâchent les freins et vont d’amalgames en amalgames. Tout est bon pour semer le trouble dans des esprits mal informés. Les « experts » sont appelés à la rescousse. On revient alors pêle-mêle sur l’action des antinucléaires contre un train de déchets radioactifs, sur les revendications de SUD Rail, sur les manifs anti G8 ou anti-CPE, sur les faucheurs d’OGM, sur la mobilisation contre le fichier EDVIGE, sur la sortie d’un mauvais film sur La Bande à Baader... La désinformation à Très Grande Vitesse est en marche pour justifier la mise à l’index de personnes soupçonnées d’avoir mis à bout de bras des tiges en ferraille sur les caténaires de lignes TGV (dans lesquels courent 25 000 volts…). En fait, au-delà de ces arrestations, c’est finalement tout le mouvement social qui est visé.

Terrorisme ? Où sont les preuves, les revendications, les témoins, les dégâts irrémédiables, les victimes ? Si les passagers en panne peuvent légitimement être énervés par ces fâcheux incidents, il semble que leur vie n’a pas été mise en danger. On ne fait pas dérailler un train en coupant son alimentation électrique. On peut comprendre que la SNCF porte plainte contre les auteurs de ce type d’agissement. On peut comprendre que les mystérieux « anti-TGV » soient poursuivis un jour pour dégradation de matériels ou pour « entrave à la libre circulation », mais, dans tous les cas, nous sommes loin d’un nouvel épisode de la Bataille du rail. L’empressement policier est disproportionné par rapport aux faits. L’État veut du bouc émissaire, de l’ultra épouvantail à brandir devant les caméras pendant le grand show sécuritaire.

Politiciens, juges et journalistes n’ont que faire de la vérité et de la réalité. En ces temps incertains, il faut vite montrer qui est le plus fort, tordre le coup à la logique. « La guerre, c’est la paix », affirmait Big Brother dans 1984. L’État montre donc ses muscles et empoigne une brochette de néo-situationnistes présentés comme des « semi-clandestins » soupçonnés d’avoir monté un « comité invisible ». Diable. L’objet du délire : un succès de librairie, un petit essai intitulé L’Insurrection qui vient, publié en 2007 aux éditions La Fabrique. Ouvrage en vente libre partout et téléchargeable gratuitement sur Internet. Si Julien Coupat, 34 ans, propulsé « cerveau » ou « chef », n’était pas menacé de vingt ans de prison, l’affaire prêterait à rire. Imaginons le dialogue impossible entre, d’un côté, des politiciens autistes, des flics bornés, des journalistes en quête de scoop et, de l’autre côté, des personnes nourries aux idées de Guy Debord et notamment par sa critique de la société du spectacle.

La référence à Debord n’est pas un détail. Elle aide à comprendre le sens de « l’invisibilité » du supposé comité. Là où les fronts bas voient une envie de dissimulation malhonnête ou le spectre d’une bande de malfaiteurs agissant dans l’ombre, il faut entendre une volonté de se soustraire aux aveuglantes lanternes médiatico-politiques. En fait de manuel de terrorisme, l’ouvrage incriminé est, pour les lettrés, une métaphore littéraire construite comme L’Enfer de Dante. Allez expliquer ça aux musclés de l’antiterrorisme ! À ce train-là, si André Breton et ses potes surréalistes étaient encore vivants, ils auraient sans doute été pris aussi dans les mailles du filet... « Reste à espérer que les magistrats qui jugeront Julien Coupat et ses amis ne s’exposeront pas au ridicule d’une lecture au premier degré d’un texte poétique, ce qui n’est pas gagné d’avance étant donné le niveau de haute culture du régime sarkozyste », écrit Noël Blandin dans La République des Lettres.

Avocats, parents et connaissances des accusé-e-s le disent sur tous les tons. Les dossiers sont vides. À Tarnac (Corrèze), un comité de soutien s’est même constitué pour défendre les supposés clandestins qui se levaient à l’aube pour faire tourner l’ancienne épicerie devenue bar-restaurant autogéré (l’autogestion est-elle un crime ?) qui fait aussi magasin, station-service et salle de spectacles pour le bonheur des habitants du village et des environs. Une activité qui a pu démarrer grâce à des bons de souscription (échangeables contre des denrées) pour ne pas dépendre des banques. En prime, les « terroristes aux ramifications internationales » et « au profil anarcho-libertaire » étaient membres du comité des fêtes. Enfin, ils jouaient à la pétanque avec les élus locaux. Terrifiant !

Saluant l’intelligence et la gentillesse de ces jeunes gens qui venaient repeupler un village du plateau de Millevaches, Jean Plazanet, maire communiste de Tarnac entre 1967 et 2008, et Thierry Letellier, maire de La Villedieu (Creuse), membres du comité du soutien, affirment que les personnes inquiétées vivaient tout à fait ouvertement pour le plus grand bien de la collectivité. « Grâce à eux, il y a encore une épicerie et de quoi manger dans le village », a insisté Jean Plazanet, en parlant de ces jeunes comme des « monsieur et madame tout le monde qui se lèvent à 6 heures du matin pour préparer leurs légumes et les amener aux vieux ». Alors ? À l’évidence, aucune charge sérieuse ne peut être retenue contre Julien Coupat et ses ami-e-s en matière de terrorisme. Nous pataugeons lourdement dans du vulgaire délit d’opinion. À coups de lois scélérates, de mises en scène grotesques et pathétiques, l’antiterrorisme devient-il un mode de gouvernement en France ?

N’excluant pas des provocations policières (ça s’est déjà vu), rappelant son refus de l’avant-gardisme et exprimant son désaccord vis-à-vis des récents actes de « sabotage » (peu de chose malgré tout par rapport aux 27 000 actes de malveillances recensés par la SNCF en 2007), la Fédération anarchiste demande la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées et mises en examen a priori présumé-e-s innocent-e-s. « Nous affirmons aujourd’hui que les véritables saboteurs, ceux qui nuisent quotidiennement à nos vies, à notre santé, à la planète, ce sont l’État et le capitalisme ! » lance la FA dans un communiqué.

Comment se terminera ce stupide conte de la folie ordinaire ? En 2007, des actes similaires avaient eu lieu. Les mêmes conneries avaient été dites, mais les mystérieux coupables n’ont jamais été arrêtés. En 2008, rebelote avec cette fois une répression Très Grande Vitesse. Que penser de tout ça ? Le pouvoir estime que des « pensées radicales » sont incompatibles avec la « démocratie ». Nous voilà prévenus. Nous qui, en maintes occasions, avons lutté, protesté, manifesté, pétitionné, collé des affiches, fait grève, écouté des chansons et des poèmes rebelles, surfé sur des sites Internet engagés, rencontré des militants allemands, irlandais, espagnols, américains, africains… Autant d’actes qui peuvent nous rendre vite suspects.

Avis à celles et à ceux qui rêvent et qui agissent pour un monde « radicalement » différent. Dans la logique des maîtres du monde, nous sommes tous des « ultra-anarcho-autonomes » en puissance. Ultra n’importe quoi.

le 18/11/2008
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16 Messages

  • 18 novembre 2008 16:57

    Salut Paco,
    je te propose avec ton accord de publier ton article dans le p’tit noir numéro 3,
    bulletin du forum anarchiste
    merci de donner ton accord ou non
    frat’
    lien ici :
    http://forum.anarchiste.free.fr/viewtopic.php?f=9&p=16769#p16769

    Voir en ligne : forum anarchiste

  • 18 novembre 2008 23:38, par Paco

    On me transmet Délit de lire, une contribution du collectif Echelle inconnue écrite en signe de solidarité avec les interpellés du 11 novembre 2008. Allez y jeter un œil ou même les deux.
  • 19 novembre 2008 10:11

    Voici une adresse électronique où l’on peut joindre le comité de soutien mis en place à Tarnac.

    • salut , ton article présumerait d’avance que J.C a rédigé le livre (l’insurrection qui vient) ? en est tu sur ? pourquoi n’a t il pas écrit son nom alors ? comment peux tu l’affirmer ?
      • Nous sommes tous des « anarcho-autonomes ». 20 novembre 2008 22:22, par Le concombre masqué

        Ce petit livre fait couler beaucoup d’encre. Si Julien Coupat n’est pas l’auteur ou l’un des auteurs, on s’en moque. Si, comme le prétend l’article de La République des Lettres cité par cet article, il en était l’auteur, on s’en moque aussi. La vraie question est de savoir si l’auteur ou les auteurs « invisibles » d’un tel livre peut/peuvent être étiqueté(s) « terroristes » avec tout l’arsenal que ça peut déclencher.
        Dans le second Manifeste du surréalisme, le stalino-trotsko-anarchiste André Breton disait : « L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tout ce qu’on peut dans la foule. » Fallait-il enfermer pour folie ou pour grande criminalité André Breton, son éditeur, les libraires et, pourquoi pas, les lecteurs ? Toute licence en art !
        Les embrouilles et les drames arrivent quand des politiciens, des policiers, des juges, des douaniers, des inspecteurs de La Poste ou je ne sais quel censeur voit du terrorisme ou de la pornographie dans des œuvres littéraires, dans du mail art ou dans des photographies comme c’est arrivé récemment.

        • je pense qu’on s’en fout pas tant que ca !
          appuyer cette affirmation alors qu’il sont sous antiterroriste !! ben ca peut jouer, en tout cas bon je suis pas flic, mais bon j’aurais pu, hein, et clairement le bouquin est une incitation à je ne sais quoi, ben ce qui est déja un tord dans ce monde !! alors hein !! je dis pas que tu facilites le travail des keuf !! non .. en tout cas on s’en fou ? non !
          • Nous sommes tous des « anarcho-autonomes » 24 novembre 2008 15:48, par Alias

            Je peux me tromper, mais je crois comprendre que si le, la ou les auteur-e-s de L’insurrection qui vient ont choisi le nom de « comité invisible », ce n’est pas pour entrer dans la clandestinité, mais pour ne pas participer à la société du spectacle, pour ne pas entrer dans le jeu des auteur-e-s qui s’étalent dans les médias. Les éditions La Fabrique qui ont publié L’insurrection qui vient présentent clairement l’ouvrage incriminé, « Ceux qui ont lu le livre savent qu’il ne s’agit ni d’un manuel ni d’un bréviaire, mais d’un texte d’une originalité et d’une hauteur de ton exceptionnelles. »
            Ce livre est donc une sorte d’essai poético-philosophique d’un nouveau genre. Personne n’est obligé d’aimer (moi, ces trucs me tombent des mains), mais je bondis quand des censeurs voient dans ce livre un appel au terrorisme. Dans ce contexte tendu, dire que « clairement le bouquin est une incitation à je ne sais quoi », c’est donner de l’eau au moulin des juges, des flics et du pouvoir en laissant entendre que ce livre pourrait être ce qu’il n’est pas.
            Dans diverses interviews, Eric Hazan, directeur des éditions La Fabrique qui n’espérait pas autant de publicité gratuite (société spectacle quand tu nous tiens...), assume parfaitement la publication de L’Insurrection qui vient. J’imagine que s’ils se démasquaient, les auteurs assumeraient également. Que Julien Coupat soit du nombre ou pas ne change rien à notre solidarité vis-à-vis des « inculpés du 11 novembre » (accusés de n’importe quoi sans l’ombre d’une preuve, d’un témoignage, d’une écoute téléphonique, d’une trace ADN...). Si « JC » faisait partie des auteurs, son avocat démontrerait facilement que cela ne fait pas de lui un terroriste. Pour l’heure, il n’est pas interdit de penser ou d’écrire des livres « révolutionnaires ». Si « JC » n’est qu’un lecteur, il faut demander l’arrestation immédiate des milliers de personnes qui possèdent, qui ont lu ou qui auraient pu lire ce livre. Qu’on rigole un peu.
            Là-dessus, halte à la parano. J’ai vu sur Bellaciao que quelqu’un accuse la Photothèque du mouvement social de faire le boulot de la police en mettant en ligne des photos de manifestants ! Les flics n’ont pas attendu les sites militants pour mettre en fiches tout ce qui bouge. Face à la répression qui s’abat, ce serait une belle connerie de se terrer par peur ou par goût des petits complots d’opérette. Contre toutes les attaques du gouvernement, il faut justement sortir nombreux à visage découvert dans la rue. La tête haute et les poings bien serrés.

      • Que Julien Coupat ait écrit L’insurrection qui vient - ce qui n’est pas prouvé -, ne peut fonder une culpabilité. Quelle est cette démocratie qui retient le délit d’opinion, allant jusqu’à interroger l’éditeur de cette réflexion philosophique et politique ? Que L’insurrection qui vient soit une critique radicale et parfois hostile du système social français ne signifie pas que ses auteurs ou inspirateurs soient des « terroristes ». Que Coupat ait été un militant anticapitaliste actif et résolu, c’est sûr. Mais, comme le montre l’enquête de notre journaliste Karl Laske, à trop vouloir prouver, la police et la justice cornaquées par Alliot-Marie ont créé de toutes pièces une menace et un groupe terroriste ironiquement nommé la « cellule invisible ». In "Libération" du 16 avril 09

        • Après avoir hurlé avec les loups (on se souvient de la Une de Libération - "L’Extrême gauche déraille" - après l’arnaque de Tarnac), le quotidien reconnaîtrait enfin que le dossier est vide ? Mieux vaut tard que jamais !
  • 22 novembre 2008 10:05, par Christine Sémoni

    Bravo. Si le pouvoir agit de cette façon, c’st qu’il a peur non ? Ou, Alliot Marie, se sachant dans le collimateur veut terminé sa carrière sur une action d’éclat. Quelle honte pour notre pays. Il a fallu un bouc émissaire à Dati, il en faut à Alliot Marie.
  • 24 novembre 2008 22:18

    Voici le texte de la pétition initiée par Éric Hazan et les éditions La Fabrique (où a été publié le livre L’Insurrection qui vient) au sujet de l’affaire des neuf inculpations de la semaine dernière (les soi-disant « terroristes » du Comité Invisible) :
    Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence — je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise — à troubler l’ordre politique, économique et social ».
    La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi — et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.
    Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations — dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.
    En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.
    Vous pouvez signer cette pétition en renvoyant votre nom et votre qualité (profession ou absence de profession, statut ou absence de statut) à cette adresse

    • les revendications de SUD Rail
      Tu fais référence à leur conférence de presse immédiatement après l’arrestation des 9 de Tarnac dans laquelle il se réjouissent de l’arrestation des "saboteurs" et à leur communiqué menaçant de procès en diffamation toute personne qui essaierait de confondre sabotage et action syndicale ?
      ts ts ...
  • 29 novembre 2008 05:38, par A
  • 10 décembre 2008 23:55

    Chers camarades, chers amis, chers soutiens,
    Vous n’aurez pas manqué d’aprendre cette semaine que trois nouvelles personnes avaient été libérées. Si cela constitue un énième camouflet pour le gouvernement et sa police nous devons tous garder en tête que deux d’entre eux sont encore emprisonnés, que neuf sont toujours mis en examen et que, cette même semaine, une nouvelle perquisition a eu lieu à Tarnac et que deux membres du comité de soutien Bruxellois ont été mis en garde à vue pour le simple fait d’avoir eu des affiches dans leur voiture.
    La répression, donc, continue et il va sans dire que nous devons nous préparer à de nouvelles vagues de convocations et de perquisitions. Peut-on s’attendre à moins de la part de l’opiniâtre Michelle Alliot Marie, prête à tout pour que ses fantasmes deviennent réalité ?
    Nous devons donc continuer à nous battre, pour les deux, pour les neuf et pour tous les autres. L’incroyable élan de solidarité auquel nous avons assisté, de New York à Moscou en passant par Tarnac ne doit pas s’arrêter, bien au contraire il doit s’étendre, s’approfondir. Chaque jour on nous annonce la création d’un nouveau comité, de nouvelles initiatives, de nouvelles idées.
    Ceci est donc une proposition. Proposition pour un programme qui appelle l’aide et la participation de tous ceux qui se sont sentis touchés par cette histoire.
    Samedi 31 Janvier aura lieu une grande manifestation à Paris contre l’usage disproportionné des dispositifs anti-terroristes, contre la terreur d’État et la criminalisation de la lutte. D’ici là et pour anticiper le dégonflage médiatique qui ne manquera pas d’arriver, nous voulons organiser toutes sortes d’évènements de soutien : concerts, pièces de théatres, lectures, débats. Nous voudrions que tous ces évènements puissent se concentrer entre le 15 et le 25 janvier afin d’informer le plus grand nombre de l’importance de cette manifestation. Nous savons que le temps est court, pourtant rappelons nous que pour d’autres il est long.
    Donc, si vous pouvez organiser un concert de soutien, une lecture de textes "terroristes" ou quoi que ce soit d’autre, tenez-nous au courant au plus vite afin que nous puissions tous les compiler sur le site Internet, mais aussi sur une affiche dont nous nous chargerons de l’impression et de la distribution.
    Lorsque la police fait de neuf jeunes politisés des terroristes, menote des journalistes et désabille des élèves de cinquième en pleine classe, nous nous devons de répondre coup pour coup et de rendre visible et effective notre révolte face à un tel pouvoir.
    Merci à tous pour votre mobilisation, vos efforts et votre soutien.
    Pour la déqualification des inculpations de terrorisme,
    Pour l’abandon de toutes les charges contre les inculpés,
    Pour leur libération,
    Le comité de soutien de Tarnac