Pour un monde sans nucléaire

Pour un monde sans nucléaire

Le réseau Sortir du nucléaire (fédération de 822 associations) organise une manifestation internationale le 12 juillet à Paris. Une action qui prend un caractère particulier après le scandaleux rejet accidentel d’uranium survenu mardi sur le site nucléaire du Tricastin, à Bollène (Vaucluse).

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Mardi, un rejet accidentel de 360 kg d’uranium naturel était, très tardivement, annoncé. Aujourd’hui, une porte-parole de la société Socatri (Areva) a déclaré à l’AFP que la fuite d’uranium dans l’environnement ne serait plus « que » de 75 kg. Une mise au point qui ne change pas grand-chose sur le fond pour les personnes qui auraient consommé ou qui pourraient consommer de l’eau contaminée. « Même lorsqu’elles ne sont pas très radioactives, les particules d’uranium sont excessivement dangereuses lorsqu’elles pénètrent dans l’organisme et s’y fixent. Il y a alors une très forte probabilité de cancer », explique le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué.

Ce fait-divers effarant, où, hélas, comme d’habitude, rapidité et transparence ne brillent pas, survient au moment où le réseau Sortir du nucléaire s’active pour la grande manif de samedi. La mobilisation internationale dénonce l’ensemble de la chaîne nucléaire depuis les mines d’uranium (le combustible des réacteurs nucléaires) qui contaminent des régions entières (le Niger produit le tiers de l’uranium consommé par EDF) jusqu’aux déchets radioactifs dangereux pendant des millions d’années, en passant par la production de plutonium nécessaire à l’armement nucléaire, par les rejets radioactifs et chimiques (cuivre, zinc, phosphore, sodium, chlorures, morpholine…) des réacteurs en fonctionnement, par la surconsommation d’électricité…

Le réseau Sortir du nucléaire appelle donc à la mobilisation citoyenne. « Les européens doivent faire entendre leurs voix, exiger une politique énergétique européenne basée sur les plans d’économie d’énergie et le développement massif des énergies renouvelables, et faire en sorte que l’Europe sorte du nucléaire, l’une des industries les plus polluantes et les plus dommageables pour la planète. »

Après les mobilisations contre le réacteur EPR en 2006 (30 000 manifestants à Cherbourg) et en 2007 (60 000 manifestants dans cinq villes de France), cette manifestation associe des délégations de treize pays (Allemagne, Danemark, Grèce, Autriche, Irlande, Grande-Bretagne, Biélorussie, Bulgarie, Etats-Unis, Finlande, Italie, Turquie, Australie). De quoi interpeller le président français qui va œuvrer pendant six mois à la tête l’Union européenne.

« Nicolas Sarkozy entend continuer à promouvoir le nucléaire, en le présentant comme une solution au changement climatique, ce qui est un mensonge pur et simple, s’insurge le réseau Sortir du nucléaire. Le nucléaire n’est ni propre, ni renouvelable. Le nucléaire constitue un risque grave et avéré pour les générations présentes et futures. Ne laissons pas construire de nouveaux réacteurs ou sites nucléaires en France ou ailleurs dans le monde (EPR, sites d’enfouissement de déchets nucléaires, ITER…). Comme 90% des Européens, exigeons des investissements massifs dans les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, seules solutions pour préserver efficacement le climat. Face au changement climatique, le nucléaire n’est qu’une dangereuse illusion. »

Le réseau Sortir du nucléaire vous donne rendez-vous le samedi 12 juillet, à 10 heures, place de la République. Vous y trouverez des stands de matériels liés aux énergies renouvelables, des stands d’information, des animations artistiques, des débats.

Un pique-nique festif et convivial est prévu sur place jusqu’à 14 heures.

A 14 heures, le rassemblement prendra forme place de la République. Une montagne de "déchets nucléaires" sera réalisée et un die-in est prévu. Vous êtes invité-e-s à vous habiller en jaune (couleur du soleil). Ensuite, le cortège partira pour une boucle (boulevard Voltaire, boulevard Richard-Lenoir, place de la Bastille, boulevard Beaumarchais, boulevard des Filles-du-Calvaire, boulevard du Temple) pour un retour place de la République vers 17h30 avec une clôture musicale en compagnie de Kommandant Simi Ol (reggae militant).

A 20 heures, soirée projection-musique-conférence dans la cour de la mairie du 2ème arrondissement (entrée par la place des Petits-Pères, à côté de l’église).

Programme complet sur le site du réseau Sortir du nucléaire

le 09/07/2008
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1 Message

  • 7 décembre 2008 18:42

    EDF reconnaît aujourd’hui (d’après le journal Les Echos) que le réacteur nucléaire EPR, en construction à Flamanville, dans la Manche, produira une électricité au prix de 55 euros par Mégawattheure, au lieu de 43 euros annoncés par EDF lors du débat public officiel (3 novembre 2005 - 11 avril 2006).
    En effet, dans le document officiel d’EDF, qui a servi de base au Débat public, il est explicitement écrit :
    "La tête de série EPR est compétitive face au cycle combiné à gaz. Son coût de revient est de 43 €/MWh".
    EDF a donc ouvertement menti afin d’emporter la décision de construction de l’EPR. Le surcoût à ce jour frôle les 30%...
    en attendant pire : en effet, au vu des multiples déconvenues rencontrées tant par Areva (EPR finlandais) que
    par EDF (EPR de Flamanville), on peut s’attendre à de nouvelles réévaluations du coût de l’électricité qui
    sera produite par l’EPR s’il fonctionne un jour.
    En effet, il est possible que l’EPR ne soit pas mis en service. Ce pourrait être du fait des nombreuses déconvenues
    techniques qui pourraient tout simplement compromettre le fonctionnement de l’EPR. Mais il est aussi possible
    d’annuler le chantier de l’EPR de Flamanville, qui n’en est qu’à son début. C’est en tout cas ce que propose le Réseau "Sortir du nucléaire", afin d’investir dans les alternatives l’argent prévu pour l’EPR.
    L’étude "Un courant alternatif pour le Grand-Ouest", publiée en 2006 par le Réseau "Sortir du nucléaire",
    montre qu’avec l’argent prévu pour l’EPR, il est possible de produire et économiser deux fois plus d’électricité que
    celle qui serait produite par l’EPR, tout en créant 15 fois plus d’emplois. Il est clair que cette performance serait encore plus impressionnante du fait des surcoûts de l’EPR. Il est encore temps pour la France de sortir de l’impasse nucléaire…
    Mais au lieu de ça, les politiciens de droite et de gauche (PCF compris...) en redemandent. Pilotés par Antoine Rufenacht, maire UMP du Havre, ils militent pour la construction d’un EPR à Penly, près de Dieppe ! Au secours...