MISDINGUETTE, LE BARTOS ET L’AUTRE

MISDINGUETTE, LE BARTOS ET L'AUTRE

C’est par un beau matin d’été bien pollué que moi, la bestiole agitée par le gîte de la grosse "tomo" de l’autre gitan de Bartos, je décidais de quitter ma ville fromagère pour aller respirer un peu de kérosène sur l’aéroport parisien où crèche "tonton fifi.

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Moi, "Misdinguette la Singette" je faisais ce choix de sortir le Bartos de ses odeurs et de ses relents fermiers, voire de ses effluves de lait caillé. Mais il me fallait faire le choix de placer une bonne boutanche de Bordeaux, un Château Bellevue Marchand 2006, dans mon sac à dos d’âne... parce que l’autre fainéant de Bartos ne voulait pas la tenir à la pogne, mais souhaitait bien la liquider avec son pote qui aime le bon vin.
Il faut vous dire que lorsque je vais gambader avec le Bartos, on ne sait jamais qui de nous deux a vraiment l’instinct animal et surtout qui a osé, un jour, se prendre pour le créateur de la créature de l’autre.

J’ai vu que "tonton fifi" s’est rendu compte que j’avais encore le regard de l’enfance et de l’innocence... il ne se trompe pas, car qui pourrait accepter l’idée de vivre aux côtés du Bartos qui m’entraîne chaque jour dans son monde cruel des adultes humains parfaitement inhumains. Le Bartos croit qu’il va me rendre heureuse avec une poignée de cacahuètes ou en mettant au régime des bananes... mais il se goure ! Moi "Misdinguette la Singette" je ne vis que de liberté, toute nue sous mes poils.

Le Bartos, qui est pourtant libertaire, ne comprend rien à ce que je veux lui dire avec mes yeux étonnés qui se demandent ce qu’il fait de moi et ce qu’il a encore bien pu trouver pour m’emmerder.

Il faut dire qu’en ce mardi 24 juin, la bestiole que je suis a beaucoup souffert de la chaleur et surtout de déshydratation pendant que le Bartos s’en donnait à coeur joie avec l’autre filou. Les deux complices me laissaient choir royalement en m’abandonnant à mon triste sort, qui ne vit même pas la queue d’une banane, et partirent s’enfiler bières, crudités, légumes chauds, fromages et gâteaux... en arrosant le tout d’un Saumur Champigny que le filou appelle vin de soif, pour faire référence à son poteau Jean Carmet, lequel était connu pour aimer les rouges de Loire qui se boivent frais. Pour se donner bonne conscience, à la fin du repas, ils décidèrent de se détoxiquer au thé vert, les deux compères... avant de boire encore un dernier verre.

Le Bartos et le filou, qui n’on rien de bon dans la panse (comme on dit dans ce beau pays d’Ardenne, que les deux affreux aiment secrètement au fond de leurs coeurs), avaient dans la tête d’aller digérer leur pantagruélique repas dans le jardin du filou qui n’a rien de public... et v’la ti pas que chemin faisant, l’autre faisan de filou nous entraîna jusqu’au manche d’un avion "Jaguar" armé jusqu’aux dents, juste pour faire gerber le Bartos et s’enfuir la Singette qui en jette. Le Bartos et moi sommes toujours patraques, lorsque de cruels individus évoquent tout ce qui touche à l’Armée et à ses crimes horribles. Je me rends compte que j’ai été la marionnette de "tonton fifi" qui est un vrai renégat... mais le pire, c’est la trahison du Bartos qui m’a pris en photo sur le siège du "zinc" qui a failli m’éjecter avec les deux abjectes.

Et comme ultime outrage, à ma sage personne singée par les deux cinglés complètement siphonnés, je me suis retrouvée à poser nue dans les bras de ce sacré obsédé de filou qui m’a fait vivre une véritable journée d’enfer bien pire que celles de la planète des singes... mais comme "tonton fifi" avait fait l’effort de ne pas bouffer de macchabée, en ce jour sacré de cette sacrée rencontre, le Bartos et moi avons pris la sage décision de fermer nos clapets pour entrer cinq secondes dans son putain d’avion de merde qui sème la mort en tuant des milliers de civils innocents... malgré la chaleur, nous avons eu froid dans le dos à cause de ce salaud !

Au final, c’était quand même chouette... comme disait ma copine des bois, même si nous n’apprécions guère ce félin félon de guerre qu’est ce putain de jaguar. Je crois même que le Bartos et moi sommes devenus les frangins du filou, poil au cou ! (heureusement qu’il ne s’appelle pas "p’tit lu" !).

le 25/06/2008
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