Voilà ce que je reçois et qui me déplait. Monsieur Ribbe, je pense de même que Monsieur Michel Marie Sainte, et je ne me juge pas telle que vous l’écrivez dans votre lettre. Si le Mague cette fois accpete de poser mon témoignage !
. D’aucuns préféreraient que tout soit vite expédié, là-bas, loin de Paris, pour bien montrer que Césaire n’était qu’un auteur mineur, régional et communautariste, que, pour la France, cela n’a aucune importance. Enterrons-le vite en Martinique, et qu’on n’en parle plus ! D’autres préféreraient que Césaire soit à jamais séparé des « blancs ». Examinons un peu leurs arguments. Les uns disent qu’il ne le mérite pas et que ce serait un acte « communautariste » et démagogique. C’est à peu près la position de la frange raciste de l’extrême droite. Les autres soutiennent qu’il « faut » le laisser en Martinique, sans explication ou en parlant vaguement de « racines », ce qui revient exactement au même. C’est du Barrès, c’est du Maurras au petit pied ! C’est la position des Afro-fascistes et des Afro-racistes qui haïssent la République française et toutes ses institutions. C’est aussi la position de Dieudonné. C’est aussi la position de Dominique de Villepin. Je n’ai d’ailleurs pas compris à quel titre ce monsieur s’exprimait. En tant que poète comparable à Césaire ? En tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères qui envoya sa soeur, aux frais de la République, boycotter le bicentenaire d’Haïti et approuver un coup d’Etat qui fit vingt mille morts et dont les conséquences plongent aujourd’hui le pays dans la famine ? En tant qu’ancien Premier ministre qui refusa de commémorer le bicentenaire de la mort du général Dumas ? En tant qu’époux d’une « Béké » de la Martinique ? En tant qu’admirateur de Napoléon qui rétablit l’esclavage dans les colonies françaises et fit entrer au Panthéon Ambroise Régnier (qui y est encore) pour avoir signé en 1803 une circulaire interdisant les mariages mixtes sur le territoire métropolitain ? C’est malheureusement aussi la position de François Bayrou, qui, pour le coup, aurait mieux fait de se taire. Une pareille attitude n’étonnera personne quand on sait que Bayrou fit discrètement retirer, lorsqu’il était ministre de l’Education, à la demande d’Alain Griotteray, Le Discours sur le colonialisme des programmes scolaires...