Qu’on en juge :« Oui, il vaudrait la peine d’étudier cliniquement, dans le détail, les démarches de Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, que Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère,c’est par manque de logique, et qu’au fond ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique » (Discours sur le Colonialisme 1950). Eh oui, c’est cela, Césaire. L’œuvre du « chantre de la négritude » est aussi une poétique de l’insurrection.
Depuis, la nouvelle de sa mort a été infirmée, son état étant qualifié de « stable », mais aussi de « préoccupant » ce qui ne me rassure qu’à moitié. Je forme évidemment des vœux pour qu’Aimé Césaire se rétablisse et que son entrée au Panthéon, dont je maintiens fermement l’idée, ne soit qu’une perspective lointaine.
Mais je continue à penser que la journée de mémoire du 10 mai 2008 doit lui être consacrée. Un digne hommage serait en effet la moindre des choses pour honorer un homme qui a longtemps été voué aux gémonies avant d’être sacrifié à l’idolâtrie.
