Certaines phrases issues de "La Rue de la soif" pourraient directement intégrer des dictionnaires de citations de haute tenue.
"Mes impressions de couloir glissaient du côté des rêves".
Simple, dépouillée mais terriblement efficace, l’écriture de Damon est enthousiasmante, l’auteur est arrivé premier à l’école du "mot juste".
Du coup son histoire est un joyeux prétexte à la récréation d’un jeune auteur qui bouleverse les codes habituels du polar et réussit haut la main son entrée en Littérature.
Alors on suit Aube, l’héroïne en transit, celle qui va naître à elle-même durant ce roman d’apprentissage dans les rues de la vie et on va connaître des mondes parallèles par l’intermédiaire de cette fiction rondement menée.
En un roman, Grégoire Damon est devenu le garçon le plus prometteur de la littérature indépendante. Nous suivrons son ascension scrupuleusement.
A découvrir vite et bien.
La présentation de l’Editeur
« Sauver qui ? Changer quoi ? Avec mes quinze jours de premiers métros, je me fabriquais des vertiges à la pensée de ceux qui en avaient vingt ou trente ans dans les pattes. […]
La nuit se retirait comme un rideau de théâtre, crasseuse et déchirée. Les pauvres gars qui traînaient encore dans les escaliers du métro en oublièrent de me proposer leur came. La ville, du haut de son lit d’hôpital, s’appliquait à rebouger un membre. »
Aube, jeune fugueuse de 17 ans, est recueillie dans sa dérive par deux inséparables qui s’abîment nuit après nuit dans l’alcool pour chasser leurs fantômes : Stroheim, charmeur, poète, provocateur ; et Victor, pianiste mutique et manchot. L’énergie qu’elle va déployer pour les sauver d’un caïd de la pègre locale et sa soif de vivre agiront comme un révélateur sur les êtres qu’elle rencontre : chacun est renvoyé face à sa propre existence, à ses choix, entre rédemption et condamnation.
Dans son premier roman, La Rue de la soif, Grégoire Damon renouvelle les codes traditionnels du roman noir, où le réalisme le dispute à la poésie pour nous envoûter.
