Faut-il se battre pour la continuation d’Arrêt sur Images ?

Faut-il se battre pour la continuation d'Arrêt sur Images ?

L’avenir de "Arrêt sur images", l’émission culte de France 5, semble compromis. Daniel Schneidermann et son équipe viennent d’apprendre que leur émission ne sera pas rediffusée cet été comme c’était l’habitude depuis des années, et plusieurs indicateurs leur font penser que "ASI" risque de passer à la trappe à la rentrée 2007. Mauvaise ambiance affichée. Règlements de compte, aigreur et grand jeu de déclarations. Que faut-il en penser ?

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Il faut dire que climat de la critique télévisuelle dans le PAF est assez morose et tendu en ces temps d’élections nationales.

On a même pu assister à une série de guéguerres assez terribles ces derniers temps ; Jean-Marc Morandini - qui jouit d’une belle audience sur Europe1, réunit de nombreux invités sur Direct 8 et dont le Blog fait des cartons d’audience (+ de 100 000 visiteurs par jour) - est attaqué par ceux qui ont, eux aussi, choisi le créneau de commentateur de la télé dans les médias.

Morandini est trop libre, trop affranchi, trop "à droite" pour certains, il est aussi considéré comme trop léger par ses confrères. On lui reproche ses émissions passées où "tout était possible", alors qu’il n’était que l’animateur et non pas le producteur de ces programmes.
Sacré panier de crabes.

Ainsi, Ruquier, Fogiel (dont la société dirige "Plus clair", une émission qui décode elle aussi la télé, sur Canal +) et Schneidermann n’ont de cesse de contrer le succès de Morandini et de défendre leurs places, leurs sièges bien dorés au sein du Service public.

Pour avoir sorti un livre sur le thème de la censure à la télévision cette année, je dois bien avouer que celui qui a joué son rôle de journaliste, à mon avis, c’est Morandini. Ni Ruquier, ni Fogiel, ni Ardisson ou Scheidermann ou encore "Plus clair", n’ont daigné s’intéresser à mon ouvrage qui pourtant n’était agressif envers personne et qui méritait, malgré ses imperfections, de lancer le débat vis à vis de cette lucarne devenue si consensuelle, pleine d’autocensure et de copinage.

Sans vouloir régler ici aucun compte - car j’aime beaucoup l’écrivain David Abiker et que je n’ai aucun contentieux d’aucune sorte avec les autres (mes seuls ennemis étant un affreux barbu exilé au Canada et un réalisateur de film comique, écrivain parano, affabulateur, mythomane, dangereux et obsédé qui a de gros sourcils) - je crois pouvoir dire, ayant été un grand admirateur, fan et téléspectateur assidu d’ "Arrêt sur Images", que cette émission, aujourd’hui, a mal vieilli. Elle est devenue la tribune de son animateur qui en a fait une forteresse imprenable, et la télé, à l’heure de la TNT et du Net, mérite de mettre à l’antenne des forces vives, des jeunes qui manieront l’outil critique avec davantage de fraîcheur.

Pour ma part je ne brigue pas cette place je vous rassure, car j’ai décidé de me consacrer uniquement au Cinéma, mais je suis certain qu’il y a des prétendants qui méritent qu’on leur offre une visibilité et une place dorée comme celle qu’a Schneidermann depuis plus de 10 ans.

Il semble qu’un regard critique entre Morandini et Schneidermann est possible dans un endroit du PAF, c’est même souhaitable, alors avis aux amateurs !!

le 13/06/2007
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6 Messages

  • 13 juin 2007 23:35, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

    Il ne faut se battre que pour rester libre ! On veut nous faire taire, on nous menace continuellement de plaintes, de poursuites, de procès et d’enfermement en tous genres. On nous censure, on nous stérilise pour mieux nous aseptiser, on nous interdit de penser si ce n’est pas comme les autres... on nous dirige, on nous bride et on nous muselle comme des bêtes sauvages pour essayer de nous faire rentrer dans le rang... heureusement, il existe des gens comme toi, Mon Cher Frédéric, des personnes qui n’ont pas l’intention de se taire, des personnes qui bousculent et qui dérangent leurs semblables. Alors j’ai envie de te lire, de regarder tes films aux messages forts... et de dévorer les pages du "Canard Enchaîné" chaque semaine. Il y a ceux qui se couchent pour mieux ramper et ceux qui ont choisi de résister debout, même s’ils doivent tomber un jour au nom de la Liberté d’expression ! Comme quelques autres, je ne plierai pas l’échine et j’éviterai de tourner le dos pour ne pas me faire mettre.

    • Ne vous êtes-vous jamais demandé, Mr. Beaubaton, si "bousculer" ou "déranger" ne consistait pas aussi à "tourner le dos pour se faire mettre" ; si "résister" n’équivalait pas à se "faire museler" ? La demande en gens qui dérangent est forte, elle fait d’ailleurs consensus et "dupe" tout le monde (mais dans la mesure où tout le monde désire être dérangeant, il n’y a pas vraiment de duperie ; c’est une arnaque avec consentement). Ce que démontre cet article de Mr. Vignale, ce n’est pas la ridicule et archaïque menace de la censure ; c’est bien plutôt que le marché de la rébellion institutionnelle fait rage et se porte bien. Ou encore que pour se faire valoir aux yeux de la nomenklatura médiatique (ou aux yeux du plus grand nombre), l’impératif subversif est de mise, et procède d’une nouvelle morale angélique (en témoignent les Amuseur "dérangeants" qui pullulent dans les émissions de Ruquier, Fogiel, Ardisson, sus-citées dans l’article : on est d’accord avec eux, mais ils sont "dérangeants" : problème ? — d’autant qu’ils sont incritiquables : soit obèses, soit arabes, soit pédés, ils bénéficie de l’immunité totale). Votre vertueux et héroïque appel ("tomber un jour au nom de la liberté"), appel à l’oximorique Ordre Rebelle n’en est pas moins emprunt d’une mansuétude hélas inoffensive à l’égard de l’idéologie — mais : quid de la critique, pourquoi vous interdire de penser, là, hic et nunc (sauf à courtiser la soi-disant subversion et la vertu éclairée d’un Vignale, je vois pas ; pas de leçon de vertu à recevoir, donc) ? De fait, la Vertu est suspecte, elle engendre morale et répression : "qui veut faire l’ange fait la bête", a pu dire Pascal (et non les tristes défenseurs de la liberté).
      Alors, "faut-il se battre" ? La question ne se pose pas : on y est obligé ("il faut", en effet), moralement, par résignation, par interdiction de penser : lutter c’est se coucher ; se battre, c’est se conformer : à la révolte l’on doit adhèrer.
      PS : Si d’aventure un malentendu survenait, tout ceci est dit alors que je n’ai décelé aucune forme de distance (ironique ou antiphrastique) dans votre message, comme dans cet article. Ce qui est, par ailleurs, bien dommage.
  • 14 juin 2007 16:44, par bruno

    le concept d’arrêt sur images s’est usé avec le temps, rien à voir avec la politique et avec sarko faut pas être parano DS
    faut que ce type d’émissions soient à l’antenne mais dans cette équipe là
  • 16 juin 2007 14:49

    Vous êtes sacrément courageux, M. Vignale. Je me demande si votre blog va pouvoir continuer d’exister compte tenu de votre courage. Je note que vous ne défendez pas forcément le crypto-marxiste Schneidermann. J’espère que vous mesurez les risques encourus : ce blog risque la fermeture définitive dès que Marie Georges Buffet sera élue présidente de la république.
  • 19 juin 2007 15:00, par Albert

    Oui il faut se battre :
    Pétition en ligne pour le maintien de l’émission Arrêt sur Images
    http://arret-sur-images.heraut.eu/

    Voir en ligne : Pétition