Fort bien dit Philippe. Mais qui se soucie, réellement, des chômeurs ? Ce sont des loosers. Vive la France qui gagne ! Profitons-en pour rappeler quelques faits historiques à propos du temps de travail. Les afficionados de Monsieur Sarkozy, par oubli ou par ignorance, semblent en effet avoir sur ce plan (comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs...) quelques lacunes. Qu’ils se rassurent ! On sait qu’ils n’aiment pas trop faire fonctionner leurs hémisphères cérébraux. On n’ira donc pas très loin. On ne remontera même pas jusqu’aux tragiques événements de 1886 qui eurent lieu à Chicago - Ils sont pourtant à l’origine du premier mai.
En France, la journée de 10 heures fut votée en 1900... mais par paliers. Elle ne sera effective qu’en 1904 ! En théorie. En pratique, la journée de travail restera limitée à 10 heures pour les enfants âgés de moins de 16 ans (et à 11 heures pour les femmes âgées de 16 à 18 ans !) jusqu’en 1919. A l’époque, les gosses étaient trop crevés pour faire des bêtises. Au moins point n’était besoin de nettoyer les banlieues au Kärcher.
La loi sur le repos hebdomadaire du dimanche fut elle votée en 1906. Huit heures ! Quel bande d’inconscients !
Heureusement, le patronat sut ramener à la réalité les parlementaires. Cette loi sera donc retravaillée... jusqu’en 1926 ! Ouf !
En 1919, année faste donc pour les travailleurs, la France adopte le principe de la journée de huit heures. Mais avec de telles dérogations que celle-ci est inapplicable. La loi sur La semaine de quarante heures apparaît en 1936 (mais elle ne sera pas respectée par beaucoup d’employeurs. Ce n’est que grâce aux accords de Grenelle en juin 68 (Tiens, ça alors ! Il y aurait donc eu des choses positives grâce à mai/juin 68 ? Alors ça...) qu’il y aura - enfin !- de véritables avancées quant aux conditions et aux horaires de travail !
Le Front Populaire sera à peine passé que les décrets-lois Reynaud (fin 38)permettront aux employeurs de faire travailler, sans justification et sans possibilité de refus, leurs employés jusqu’à 50 heures (Pétain, évidemment, suivra de plus belle...). Pourquoi ? Mais... Pour remettre en selle "la valeur travail" bien évidemment.
Voilà. On en revient à cette année messianique 2007 avec sa liturgie du travail et sa grande messe des heures supplémentaires - choisies bien évidemment, qui pourrait sérieusement en douter ?
Et comme le travail c’est la santé (du moins quand on est riche car, comme le rappelait Fernand Raynaud, mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade) tous les ouvriers qui, selon l’INSERM (rapport de 2000), ont à l’âge de 35 ans une espérance de vie inférieure de près de 7 ans à celle d’un cadre (les manoeuvres ayant quant à eux trois fois plus de risques de mourir entre 35 et 65 ans qu’un ingénieur)auront le bonheur, relatif certes mais le bonheur quand même ; c’est important de savoir que l’on est utile !, d’apprendre qu’ils meurent en pleine forme
On peut voir par là que la "modernité" sarkozyenne s’accommode fort bien des plus saines traditions de notre beau pays.