GROGNE CHEZ LES « COGNES »

GROGNE CHEZ LES « COGNES »

En hommage à mon collègue Jacques Lourties de la B.Mo de Maubert-Fontaine (écrasé volontairement).

Mon ami Frédéric Mortier du G.I.G.N. (tué par balle).

Morts en service commandé depuis le début de lannée 2007

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Gendarme, mon frère, réveille-toi car l´heure de la révolte vient de sonner pour toi.

Tu donnes tout à la France jusqu´au sacrifice suprême, en offrant ton corps sur l´autel de ses supplices, mais elle ne te rend rien et lorsque tu meurs on te gratifie d´éloges funèbres prononcées par des Ministres qui ont peur que tes collègues vivants se retournent contre leur incompétence et celle des pouvoirs publics, alors on te rend les honneurs militaires en posant un beau coussin vermeil plein de médailles sur le drapeau de la Patrie qui recouvre ton cercueil... et un mois plus tard on prie ta veuve et tes orphelins d´aller se faire voir ailleurs. Quelle belle reconnaissance pour ce soldat de l´ordre que tu étais.

Tu es le seul militaire, de ce pays, à être en guerre tous les jours contre la criminalité aux mille visages, dans le seul but de préserver la paix de tes concitoyens qui se foutent royalement de toi et méprisent ta noble mission.

Les gouvernements successifs se servent de toi et te manipulent depuis des décennies sans avoir un soupçon de considération pour toi, tu es juste le garant de leurs institutions mais dès qu´ils peuvent ils te critiquent, te crachent au visage ou t´entraînent dans des affaires sordides liées à la prétendue raison d´état, en te prenant pour l´exécuteur des basses oeuvres. Tu as été sali maintes fois, puis blessé dans ton honneur et ta dignité. Tu es employé à toutes les sauces, tu es mal payé et ton salaire ne correspond pas aux nombres d´heures prestées réellement, tu es logé dans des casernes dont le confort est souvent plus que rudimentaire et lorsque tu pars en déplacement, il t´arrive de dormir sur des lits de camp, dans un confort plus que spartiate et dans des endroits qu´on ne pourrait même pas offrir à mes amis de la rue.

Alors en voilà assez, Gendarme ! Que tu soies Officier ou Sous-Officier, femme ou homme, il faut que tu te rendes compte que tu vis au 21ème siècle et que ton institution date de Napoléon (ainsi que certains de tes Généraux). Prends ton glaive, comme ta sainte patronne, et vas venger tes frères d´armes. Il faut aussi te battre pour ton compagnon, ta compagne et tes enfants, contre les incivilités, pour le respect de ta personne et de la Gendarmerie. Ta hiérarchie ne connais pas tes problèmes ou les occulte volontairement. Convoque la presse locale, régionale ou nationale, refuse de partir en service, fais bloquer l´accès de ta caserne par ta femme et ses amies, n´hésite pas à livrer tes états d´âme aux retraités de la Gendarmerie qui remonteront les informations jusqu´à leur journal car il y a encore des gens qui t´aiment et qui veillent sur toi. N´obéis plus bêtement à des ordres non écrits et qui sont contraires à la Loi (tu es Gendarme et non barbouze !). Soies libre de tes opinions !

Moi aussi je me suis révolté en 1986, mais j´étais seul. Depuis tu as compris qu´il fallait défendre tes droits puisqu´il y a eu les mouvements de 1989 et 2001... et pourtant rien n´a vraiment changé car on continue à te mentir sans cesse. Ton Directeur, qui était un Haut Fonctionnaire civil, est à présent un militaire puisqu´il est Général, mais crois-tu qu´il sacrifiera sa carrière pour que la tienne s´embellisse ?! Ce Général est aux ordres des Ministres de la Défense et de l´Intérieur... et il ne finira Préfet qu´en la fermant !

Ton statut militaire t´empêche de te syndiquer... alors, après tout, laisse faire les « politiques » qui veulent vendre la Gendarmerie pour qu´elle fusionne avec la Police et créer ainsi une Police Fédérale (comme en Belgique ou ailleurs en Europe) et je t´assure que ce n´est pas plus mal.

Courage et surtout ne baisse pas les armes.

le 27/03/2007
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4 Messages

  • 28 mars 2007 02:04, par Molzer

    Etant ardennais j’ai été choqué par ce drame, il est affolant de voir dans le gendarme un ennemi, lui qui est pourtant là pour nous protéger, il en est de même pour les pompiers, d’ailleurs on doit être l’un des rares pays au monde où ils se font tiré dessus ou se prennent des caillasses ou autres appareils électroménager sur le coin de la tronche. il affolant de voir que rien n’est fait pour leur famille, quand on sait le nombre de fois où leurs enfants passeront noël sans leur père ou leur mère, sans compter les anniversaires, avoir la peur au ventre lorsqu’il part en intervention, ne sachant pas ce qui l’attend ni s’il va revenir, pense t’on seulement à ça ? Alors je vois d’ici les anti militarristes ou anti flics pour être plus précis les critiquer, voir les haïr, pourtant sans raison (ou si pour une question de permis ou parce que le voisin à décrété que c’était tous des pourris).
    Il est vrai qu’il y a parfois des abus de la part de certains d’entre eux, il y a des pourris partout, mais ils sont rares (heureusement). N’arrive t’on pas à voir ces hommes qui saccrifient leur vie de famille (quand c’est pas la vie tout court) pour la France.
    Nos politiques de gauches comme de droites n’arrivent il pas à cesser de joeur avec eux comme on jouerait avec de petits soldats de plombs ou comme un certain >Nicolas s’en servir comme larbin ?
    • GROGNE CHEZ LES « COGNES » 7 avril 2007 14:28, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

      Merci pour ta belle ouverture d’esprit et pour ton sens de l’analyse, Mon Cher Molzer. Cordialement.
  • 21 juillet 2007 19:05

    En réponse à Philippe, qui a certainement quitté notre institution depuis trop longtemps.
    Gendarme depuis dix ans, j’ai lu avec intérêt votre article.
    Toutefois, je me permettrais de vous dire que je ne vois pas bien le rapport entre les problèmes récurrents de notre institution et le sacrifice de deux de nos camarades, dont la noblesse ne doit pas être invoquée à tort et à travers. L’ayant connu personnellement, Frédéric était de ces militaires qui ont fait (et font) passer leur vie au second plan par fidélité aux idéaux qu’ils s’étaient choisis. Les aspirations (parfois légitimes) de certains gendarmes face à l’incompréhension croissante de la population ou de la hiérarchie ne peuvent pas et ne doivent pas être mises sur le même plan. Par respect pour lui, par respect pour ceux qui y croient encore. Cordialement.
    • GROGNE CHEZ LES « COGNES » 22 juillet 2007 09:40, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

      Ce journal "Le Mague" n’est pas un journal traditionnel et c’est pour cela que je m’y sens bien, vu qu’il y règne un état d’esprit très libre. Dans un journal normal, vous ne pourriez même pas interpeller le rédacteur d’un article et là on vous permet de le faire. Lisez, critiquez, mais n’interprêtez pas mes états d’âme... merci ! Je n’écris pas pour ménager les susceptibilités de chacun, sinon je me tairais. J’écris en toute liberté pour dénoncer des abus, défendre des gens, déranger, provoquer des réactions et aussi informer. Effectivement, l’ami, j’ai quitté la Gendarmerie en 1986 après dix ans de service... mais on n’oublie jamais totalement ce qu’on y a vécu, ainsi que les liens forts de camaraderie qui nous unissent. C’est la raison pour laquelle je suis dans l’association de Christian Prouteau et à l’UNPRG. Il n’y a aucun rapport entre les deux gendarmes morts en service commandé, cités dans mon article, et les problèmes de l’Institution... il s’agissait juste d’un préambule destiné au lecteur civil, afin qu’il comprenne la nature de l’engagement d’un Gendarme qui ira jusqu’au bout pour que force reste à la loi et pour qu’on puisse continuer à vivre libre, dans un état de droit. Amicalement.