POLAR MARSEILLAIS, QUOI DE NEUF ?

POLAR MARSEILLAIS, QUOI DE NEUF ?

Le polar marseillais se porte bien, merci, peut-être
un peu loin des élégances littéraires des salons
parisiens, mais à qui la faute ? Les auteurs
marseillais en ont pris leur parti, qui mènent dans
leur coin une belle bataille pour que la littérature
vive, active et résistante, engagée sans être
moraliste, écrite comme l’on parle à Marseille, avec
humour et désespoir, poésie et volubilité !

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Des sorties de livres, il y en a toutes les semaines
à Marseille et bien au delà du seul roman noir, qui
parce qu’il a une grande gueule de poissonnier a su
plus que d’autres se faire entendre depuis les quais
du Vieux-Port... Car dans la cité phocéenne, bien sûr
on poétise, on théatralise, on historise, on
intellectualise, on francophonise, mais reconnaissons
au polar marseillais de faire tout celà à la fois et
d’être en éternelle ébullition !

Aussi, comme une
piqûre de rappel, j’ai choisi pour vous 3 titres
sortis ces jours-ci, histoire de vous donner envie
d’aller fourrer plus avant votre gros nez dans cette
corne d’abondance aux fruits de papier de toutes les
couleurs de la littérature.


Le spectre de la rue Saint-Jacques, par Jean Contrucci
aux éditions JC Lattès

Jean Contrucci, critique littéraire à La Provence et
auteur d’ouvrages variés, se montra d’abord réticent à
écrire du polar marseillais. Puis il s’y est mis,
peut-être pour faire plaisir aux copains, avec son
Enigme de La Blancarde, l’occasion de laisser libre
cours à sa passion de l’histoire et à son amour de
cette ville à part. Un beau succès de librairie et un
plaisir d’écriture qui lui fit me dire, il y a quelque
temps : "J’assure la trilogie... puis j’arrête. "
C’est pourtant aujourd’hui le cinquième volume de ses
Nouveaux mystères de Marseille, où l’on retrouve ses
héros Raoul Signoret, en chasse d’informations pour la
rubrique judiciaire du Petit Provençal, et son oncle
Eugène Baruteau, chef de la police. L’histoire nous
ramène en 1906, à l’ouverture de l’Exposition
Coloniale qui en son temps fit de Marseille la
capitale de cet Empire Français. Tout le charme de
l’époque, une critique politique acerbe et une analyse
historique sans faille, un crime et quelques spectres
alors très à la mode, l’élégance de plume de Contrucci
et son admiration amusée pour les feuilletonistes font
de ce nouveau volet une égale réussite... qui nous
fait déjà attendre impatiemment le sixième ! Au
boulot, Jean !

Déveine à Bonneveine, par André de Rocca
aux éditions Autres Temps

A Marseille, tous les chemins de traverse mènent à
la littérature. C’est après une carrière émérite de
journaliste sportif, qui a fait de lui une gloire
locale de la presse, radiophonique et télévisuelle,
que Dédé - comme chacun l’appelle - a pris sa plume
pour s’essayer au roman ! Mettant son franc parler au
service de la littérature, sans autre prétention que
d’être de bonne compagnie, et ses livres sont à son
image, teintés de gouaille et d’humour. Mais De Rocca
n’oublie pour autant jamais de brasser la merde, avec
en toile de fond toute l’actualité du moment !
Un journaliste, un auteur, un philosophe à la petite
semaine cohabitent avec bonheur en lui pour nous
délivrer ce troisième polar made in Marseille, très
divertissant comme chaque fois, où Dédé nous entraîne
dans un monde à part, le sien, entre satyre et
réalisme cru, désenchantement et grosse rigolade !

A l’instar de Jean Contrucci, André de Rocca aime à
travers ses récits nous faire visiter l’un ou l’autre
des quartiers de Marseille et les moeurs de
l’autochtone ; après Mauvaise mer sur la Corniche et
Goudes Bye, celui-ci devait s’intituler Mauvais sang à
Bonneveine, ce qui à mon humble avis aurait été un
meilleur titre, mais l’éditeur en a décidé
autrement... En tout cas, et c’est le principal, les
cadavres s’amoncellent autour du Stade Vélodrome, du
jeu de boules ou du Tour de France... et on ne
s’ennuie pas une seconde !

Label Flic, par Michel Jacquet
aux éditions Autres Temps

Mieux vaudra que vous croisiez Michel Jacquet dans
les rayons de votre librairie qu’en garde à vue, si
vous m’en croyez... Car ce fringant quinquagénaire
n’est pas qu’un auteur récent mais prolifique : il est
aussi un flic en exercice. C’est ainsi qu’il raconte
dans ses livres ce qu’il connaît le mieux, les
enquêtes policières ! Mais peut-être pour prendre
quelques distances avec la rigueur de son métier et
éviter les reproches éventuels d’esprits étroits de sa
corporation, Michel Jacquet a choisi que son héros
soit un flic... à la retraite. Ce qui le délivre de
bien des contingence et lui vaudrait de couler des
jours paisibles, si le Nervi, puisque c’est de lui
qu’il s’agit, n’attirait les emmerdements comme un
aiment !

Après La rouste et Le Nervi, c’est la
troisième fois que mon z’ami Michel donne vie à
Raymond Garcia, dit le Nervi, ours au grand coeur et
aux méthodes qui le regardent, et ce roman plus que
les deux premiers est dédié à l’amitié qui fait les
hommes ! Des personnages attachants, du rythme -
c’est la marque de l’auteur - et un irréprochable
sens de l’intrigue font du Jacquet nouveau une
réussite, préfacée, en toute amitié justement, par le
prince milanais du roman noir Andréa G.(pour
"génie")Pinketts.

le 22/10/2006
Impression

1 Message

  • 29 octobre 2006 17:24

    .merci ami d’avoir simplement employé le mot ami
    je me suis toujours battu pour ça même si mes manières heurtent quelquefois
    l’amitié est aussi un sentiment viril
    salut ami