Il réajuste ses lunettes, refait son lacet, enfonce sa casquette, bref, il s’emmerde Momo. Sa sœur, récemment plaquée par un goujat gominé, à monopolisé la télé pour regarder « Les feux de l’amour ». Il en a profité un moment pour nettoyer son scooter, mais maintenant il n’a plus rien à faire. Il attend. Et comme il ne sait pas trop ce qu’il attend, il roule un joint pour passer le temps.
C’est à ce moment de l’histoire qu’intervient Sarko. Alors que rien, par cette journée ensoleillée, ne le laissait prévoir, le ciel s’obscurcit tout à coup au-dessus de la casquette de ce pauvre Momo. Dans un sifflement ténébreux, la foudre s’abat sur notre héros. Tandis qu’il aspire à pleins poumons la fumée blanchâtre qui s’échappe du philtre en carton, Sarko fait son apparition.
Sarko (triomphant) - Hop Hop Hop, jeune délinquant, je vous prends la main dans le sac.
Momo (surpris) - Mais… ?
Sarko - Ecrasez-moi ce mégot immédiatement.
Momo (en écrasant l’objet du délit) - J’ai rien fait d’mal m’sieur, c’est juste que je m’emmerde un peu et que…
Sarko - Et l’école ?
Momo - C’est l’mois d’août m’sieur.
Sarko - Toujours une bonne excuse. Bon alors il est où ce scooter ?
Momo - Quoi ?
Sarko - Votre scooter, il est où ?
Momo (dubitatif, en pointant du doigt le scooter garé sur le côté) - Ben là, pourquoi ?
Sarko - Confisqué.
Momo - Comment ça confisqué ?
Sarko - C’est la nouvelle loi.
Momo - Mais m’sieur, c’est un truc de ouf (fou, pour ceux qui ne comprennent pas le verlan) ça, j’dois aller chercher ma pinco (copine) moi.
Sarko - Il fallait y penser avant.
Momo - Elle va m’plaquer c’te fois si j’y vais pas, soyez sympa, vous pouvez pas m’faire ça.
Sarko - Si.
Momo - Ouais, vaux mieux emmerder les tepu (putes) que les macs. C’est pareil là m’sieur Sarko ?
Sarko - C’est la même idée, en effet. Allez, donnez-moi les clefs.
C’est ainsi que cet été là, Momo s’enfonça dans l’héro. … pardon… le métro.
