Mais revenons à ce roman fleuve, Les absentes, qui fait suite, sans vraiment en poursuivre l’histoire, à Retour à Montechiarro, paru en 2001 dans une autre maison d’édition. Ce livre donc est découpé en trois parties successives, une première pour raconter la vie de Gioacchino Bruchola, une deuxième pour parler de Domenico Della Rocca et une troisième pour Baptiste Morgan. Qu’ont en commun ces trois personnages ?
Les deux premiers vivant à la même époque se croisent à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’un d’entre eux décide d’y mettre un terme définitif. Pour savoir comment il agit, il vous faudra lire cette histoire bien alambiquée. Tellement compliquée qu’on s’y perd parfois comme un étranger s’égarerait dans les ruelles de Venise.
Pourquoi en viens-je à parler de Venise ? Tout simplement parce que Vincent Engel ne cesse de la dépeindre tout au long du roman. D’ailleurs, Baptiste Morgan, le dernier personnage, va y séjourner plusieurs semaines. Baptiste Morgan qui est aussi un pseudonyme sous lequel a publié Vincent Engel.
Les absentes est en vérité un imbroglio dont l’intrigue n’existe pas ou si peu ou si rapidement qu’on finirait presque par croire qu’on a imaginé que ces personnages aient pu un jour aimer. Pourtant ils aiment. Rarement. Mal. Ou trop tard. Mais ils aiment. C’est bien là leur drame à tous ces hommes. Les femmes aimées partent aussi rapidement qu’elles sont apparues dans leur vie, fuyant une vie trop étriquée et surtout imposée. La clé du roman réside sans doute dans le manque qu’éprouvent ces hommes et qui contribuera à leur éducation sentimentale. Vincent Engel, à défaut d’être un nouveau Flaubert, réussit à rendre omniprésentes des fantômes. Et on se surprend à tourner les pages en enchaînant la lecture rapidement, tant on espère une fin rapide qui soulagerait tout le monde.
Les absentes, Vincent Engel, JC Lattès, 19 €

